‹ Le chemin des saisonsChapitre 80 sur 100 · LES MALHEUREUX · texte numérisé non relu

LES MALHEUREUX

Le sol est gelé , le vent souffle!

Avant de sortir , le marchand Met à chaque main une moufflle , Et dans son manteau s'emmitoujfle.

Puis s'en va tout en se mouchant ,• Le sol est gelé, le vent souffle.

Les toits blancs ont des pendeloques ; Aux carrefours, le coude au corps.

Les pauvres diables , tout en loques.

Tremblent, bleuis, sous leurs défroques.

Plies en deux, à demi-morts; Les toits blancs ont des pendeloques.

Hiver. 2o3

Rassemblés en petits colloques ,

Ils se disent leurs déconforts :

« Point de travail à ces époques ;

Le froid, la faim , dans leurs bicoques ;

Il fait encor moins dur deJiors .' »

Les toits blancs ont des pendeloques.

Et le gros marchand, qui s'essouffle Et revient en se dépéchant Fers son poêle et vers sa pantoufle , Grogne : « / 'oilà plus d'un ynaroîifle Qui ferait mieux d'être à son champ ^ ! Le sol est gelé, le vent souffle !

Page 1