‹ Le chemin des saisonsChapitre 87 sur 100 · LA MORT ET L'AMOUR · texte numérisé non relu

LA MORT ET L'AMOUR

à Amédée Pigeon.

Si l'épouvante de la Mort N'était pas mêlée à l'A?nou}\ Aurait-il toute sa tendresse ?

Comme se repose et s'endort, Sur le long chemin qu'il parcourt , Le voyageur que rien ne presse,

L'Amour chérirait sans effort, Certain d'un éternel séjour ; Et je ne sais quelle paresse Changerait son puissant accord En un murmure calme et sourd Au fond d'une habitude épaisse.

2l8 LE CHEMIN DES SAISONS.

Mais parce qu'il connaît le sort, Que la vie est une eau qui court.

Dans ses bras frémissants il presse Son trembla)! t et frêle trésor.

Dont, avant la chute du jour, Mourra la grâce enchanteresse.

Plus il se sait durable et fort.

Plus il se sent fragile et comi , Plus déchirante est sa détresse.

Plus son baiser éperdu mord L'être adoré qu'un noir vautour Doit arracher à sa caresse /

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