Le chemin le plus court
Hugues était fils d'un cultivateur médiocrement riche des environs du Havre. Quelnues dispositions pour l'élude, qu'il avait montrées de bonne heure, avaient engagé sou père à le mettre au collège à Rouen ; plus lard il l'avait envoyé à Paris pour y étudier le droit.
Les idées qtii, eu nombre a | eu près égal a celles de la plupart des autres hommes, meublaient la tète de l'étudiant étaient produites, d'abord par les romans de tontes sortes dont il avait rempli sa mémoire, puis par la fréquentation d'autres étudiants qui lui avaient inculqué quelques parcelles de la philosophie incrédule du dix -huitième siècle.
est facile de comprendre que, de deux éléments ainsi opposés, il devait naître une foule d'inconséquences et d'idées contradictoires, et. que Hugues, tout en affichant l'incrédulité verbeuse et assez
ridicule dont ses camarades se taisaient gloire, ne laissait pas d'avoir en même temps les croyances au moins aussi ridicules que lui avaient
VVillieliu diez Kreisherer. — pagk 6.
vivre au milieu des vertus paisibles des pagne; c'est sous la ealmnr du pauvre
données ses lectures. L'apprentissage de la vie devait être dur pour lui: chacun de ses pas était une lourde chute.
Très-jeune encore, enthousiasmé de la lecture de llolmison, et redoutant une correction paternelle, il avait passé deux muis à la campagne, espérant trouver une caverne commode, des fruits cl des œufs d'oiseaux. Au bout de ■e temps, il était revenu maigre, pale, affamé, exténué.
■aie, en lambeaux, et souffrant d'un rhumatisme qu'il garda toute sa vie. Plus lard, timide comme l'est tout jeune lonuoe fier et élevé, il prit on embarras, dans un salon, pour un philosophique éloignement du monde ; sa gaucherie auprès des femmes pour un sage mépris de leur frivolité; sa maladresse à la danse pour une juste horreur d'un amusement ridicule et insignifiant.
Celte bienveillance pour tout le monde que l'on a à dix-huit ans cl que Ion n'qse manifester par crainte de ne la pas voir assez accueillie.
retombait sursoit coeur ei lui causait ce génie d'irritation que l'on n'éprouve jamais que contre les gens qu'on aime ou qu'on se seul disposé à aimer: il se crut misanthrope , s'éloigna de la ville pour aller aux rhamps laborieux habitants de la camà l'ombre des i»;is m ii-, mr
- entaillées, que devaient se trouver la vertu, la gaieté, la
lise, la bonhomie, l'égalité; il ue rêvait que la iuit\ •■ pudeur îles
- uamps, si' miraut <l ins le cristal des ftin s, .1 la danse si
.aie. • u son do la mu elto; à la paix, au bon ai cord,
qui J yuer entre ces bous paysans. Il partit;
me il approchait d'un villagoi II vit de loin, »vec line sen ation
ruible, i|iii- les thaumiim étaient couvertes de Utiles et d'ardi
1 lus près, il in avait d'autres prairies que des champs de betteraves oj
de uavels, d'autres ruotaioes que des mares infectes, d'autres vierges
que de - < -- - Sitlcs lilles à la voix rauque, aux discours grossiers ; la
ml il m- conuaissail que le nom, se montra alors une peau
1 ■ •: ' • I, sous t.-- lèvres avinées d'un palan I, des sons aig
insupportables. Des voiluriers, conduisait! dan-, la boue une charrette
ment chargée, accrocbèreul la voilure légère sur laquelle étail
-. i-i faillirent la renverser, il s'ensuivit Une querelle entre le voilu-
Hugues it lr> paysans -. dans la rixe, Hugues reçut sur le nei un