‹ Le chemin le plus court (volume 2)Chapitre 21 sur 38 · XXXVI · texte numérisé non relu

XXXVI

Le logis de Léon et de Geneviève était d'une simplicité bien audessous des habitudes de leur enfance, quoique, cependant, la maison de Fontainebleau n'eût rien de somptueux ni de magnifique. 11 se composait de quatre petites pièces. — Les meubles, peu nombreux, étaient en noyer. Quand Geneviève était venue partager la bonne et la mauvaise fortune de son frère, Léon voulait la loger plus richement. Mais Geneviève, après un examen sérieux de ses affaires, s'aperçut que s'il gagnait suffisamment d'argent pendant l'hiver, il lui fallait presque entièrement chômer pendant l'été, parce que tous ses élèves étaient à la campagne; et un point sur lequel ils épient tous deux parfaitement d'accord, c'était que, pour rien au monde, ils n'auraient recours à M. Chaumier. Geneviève, avec le secours d'une vieille femme qui venait chaque jour pendant deux heures, tenait le petit ménage dans une propreté ravissante, et faisait ellemême la cuisine, cuisine d'autant moins compliquée, que Léon ne dinait presque jamais à la maison. Léon suppliait sa sœur de ne pas se fatiguer, et surtout de ne pas s'occuper de soins auxquels elle était restée étrangère toute sa vie; mais Geneviève prenait les prétextes les plus ingénieux pour ne pas changer de conduite. — Albert venait quelquefois les voir; mais, quoique Geneviève épiât tous ses regards, tous ses mouvements, il était difficile d'y trouver le moindre symptôme d'amour. 11 ne manquait jamais, en entrant, de baiser le front de sa cousine, et de lui parler d'un ton affectueux; mais elle finissait toujours par voir que le sujet de sa visite était une commission pour Léon, qu'il lui laissait en partant, quand il la trouvait seule; ou, quand Léon était à la maison, il ne faisait qu'entr'ouvrir la porte de la chambre de Geneviève, en entrant et en sortant, et lui disait bonjour, sans entrer ni s'arrêter un seul instant. Geneviève gardait toujours de ces visites un profond sentiment de tristesse ; cependant son seul désir était de les voir se renouveler, et son cœur battait de la plus douce émotion, lorsqu'elle reconnaissait la façon de sonner à la porte d'Albert— En vain Léon la pressait de lui dire la cause de son chagrin; elle niait avoir la moindre peine. Léon s'efforçait de lui procurer quelques distractions; il la conduisait au spectacle, et était le plus heureux des hommes quand il pouvait amener un sourire sur les lèvres de sa sœur. — Mais quelquefois, sans le savoir, il était la cause de la tristesse de Geneviève. Par l'habitude de ne lui rien cacher, il lui rapportait imprudemment ce qu'Albert venait lui dire sur ses amours bien passagères, qui avaient toujours un caractère d'exagération romanesque et

fantastique, qui amusait Léon, et le portait à en faire à sa sœur des récits qu'il croyait extrêmement propres à l'égayer. Geneviève cachait avec le plus grand soin ses impressions à son frère; tout ce qu'elle accordait au bonheur qu'elle ressentait à s'occuper d'Albert tout haut, c'était de parler beaucoup de Rose. En parlant de Rose, elle parlait naturellement de la maison de M. Chaumier, où il n'y avait pas un meuble dont le souvenir ne la fit tressaillir. — Souvent aussi ils s'entretenaient de Fontainebleau. Quelquefois, après de longs efforts et une cruelle hésitation, elle faisait à Léon une question sur Albert; mais elle avaitsoinde la faire d'un ton de légèreté et d'indifférence. — Comment vont les amours d'Albert? disait-elle

— et ces deux mots, Albert et amours, lui déchiraient le cœur et les lèvres. — Et Léon avait presque toujours quelque nouvelle bouffonnerie à lui raconter, et Geneviève souriait.

Un dimanche, il se trouva que tout allait mal. — Le lait monta le matin, et s'en alla par-dessus la casserole. — Léon raconta à sa sœur qu'Albert était amoureux d'une actrice, et que, pour le moment, il ne s'occupait pas d'autre chose. — Ils partirent vers trois heures pour se rendre chez M. Chaumier. — Modeste ouvrit et dit :

— 11 n'y a personne.

— Comment, personne? dit Léon.

— N'est-ce pas aujourd'hui dimanche? ajouta Geneviève.

— C'est dimanche, répondit Modeste, je n'ai pas l'intention de le nier. — Mais M. Albert n'a pas paru ici depuis dimanche dernier, et monsieur et mademoiselle dînent en ville et passent la soirée dehors.

La toilette exorbitante de Modeste accusait une intention de sortir et venait à l'appui de son témoignage. Le frère et la sœur se regardèrent interdits; l'espoir qui les avait soutenus toute la semaine était évanoui, et cette déception leur donnait déjà des doutes sur le dimanche suivant. Geneviève pouvait à peine se soutenir ; elle se dit fatiguée et entra pour s'asseoir un instant. Léon rôda dans la maison et s'arrêta dans la chambre de Rose; il y trouva les vêtements qu'elle avait quittés le matin et les couvrit de baisers. — Il y avait des épingles sur une pelote; il les ôta et les piqua de manière à former son nom, — Léon.

Cependant, Modeste donnait le dernier coup d'œil à sa parure; elle mettait son bonnet à i ubans effrénés rouges et jaunes. — Geneviève se leva la première, chercha Léon et lui dit— Veux-tu partir?

— Léon se leva, baisa encore la robe de sa cousine, et dit : Partons,

— et il restait. Geneviève le prit par la main et l'emmena. Modeste eut le plus grand soin de passer sous silence les regrets que Rose l'avait chargée d'exprimer à ses cousins. Léon et Geneviève s'en allèrent tristes et retournèrent chez eux sans se parler. — Geneviève ralluma le feu et servit sur la table un reste du dîner de la veille. Léon dit qu'il était triste, Geneviève qu'elle avait mal à la tète, tous deux qu'ils n'avaient pas faim, et ils ne mangèrent pas. Puis ils parlèrent de Rose. Geneviève lui trouva mille excuses et devina sans peine que probablement Modeste s'était acquittée de la commission de ses maîtres avec de certaines restrictions. — Elle parla à Léon de la méchanceté de Modeste et de tout ce qu'elle avait eu à en souffrir.— Pauvre petite sœur! dit Léon.

— Aussi, mon cher Léon, je suis bien heureuse de te devoir le bonheur de n'y être plus exposée.

—Ainsi, chère sœur, dit Léon, tu n'es pas trop malheureuse de la vie médiocre que tu partages avec moi?

— Moi, mon bon Léon, dit Geneviève, je t'en remercie tous les soirs en faisant ma prière, et je prie Dieu de t'en récompenser.

Ah! dit Léon, il n'en est pas moins vrai que tu es maintenant

privée des plaisirs du monde, des soirées et des bals; car, malgré l'accueil que l'on me fait dans les maisonsoù je vais, il ne peut ui'échapper que je conserve toujours l'infériorité de l'homme payé. C'est mon violon que l'on invite, et s'il ne fallait quelqu'un pour l'apporter et promener l'archet dessus, on ne penserait pas à moi. C'est là quelque chose que je me cache le plus possible à moi-même; et quand cela devient trop évident, je sors des maisons, en jurant de n'y plus retourner. Mais ce serait m'aliéuer mes écoliers, et la nécessité l'emporte. Et puis, quelquefois, je leur arrache des applaudissements de bonne foi, et j'oublie. —Aucun cependant ne songe à inviter ma sœur; je serais si heureux et si fier de te conduire avec moi !

Geneviève répondit qu'elle ne regrettait en rien ces plaisirs.

Geneviève mentait. Quand son frère partait le soir pour quelque fête, elle sentait son pauvre cœur se serrer, mais elle n'aurait voulu, pour rien au monde, chagriner Léon.

A ce moment ou frappa à la porte, et comme la clé y était restée, un homme entra qui demanda à so7i voisin la permission d'allumer sa bougie. —C'était M. Anselme, avec son même vieux chapeau et son même habit marron.

— Je pourrais, dit M. Anselme, paraître surpris de vous voir avec une dame, feindre de vouloir me retirer discrètement et vous faire

r.KM.vnv i

,hre nu.' mademoiselle est votre sœur. Mais je lai déjà vue e( je la

reconnais luo-t'aitiMiK-nt. — Il prit une chaise et se mit au coin de la

cheminée vis-à-vis de Geneviève. Léon était au milieu. — H fut iincliint' temps à r. -a nier silencieusement le frère et lawBt», puis il se décida a .lire : — Je suis aile, a mou retour, à nuire ancien logement, du m'a donné votre nouvelle adresse, que je vous remercie d'avoir pensé à la laisser pour mai. Je suis venu ici et je ne vous ai pas trouve-. Il j a un pi ut logement à louer dans la mai8on,aalessus de vous; je l'ai pris 1 1 s sommes encore voisins, ht comment se l'ail- il que VOUS SOjei ainsi réunis?

Léon éprouva quelque embarras» ré] dre .levant sa sieur a cette

question, qui lui faisait, à lui-même, voir pour la première fois à quel degré de confi lence il 9'était laisse entraîner par M Anselme. Mais Gen< vieve répondit : — Nous sommes bien plus heureux maintenant. .....

— Ma jolie demoiselle, dit M. Anselme, je vous remercie infiniment dem'avoir lait entendre votre voix nui est douce et veloutée. \e vous étonnez pas trop de mes questions. J'aime beaucoup votre Frère qui a un lion cœur et un beau talent ; et je vous aime aussi beaucoup, parce que vous êtes une belle, une bonne et noble bile, ,i par une l'unie d'autres raisons qu'il serait trop long de vous détailler. Toujours est-il que je suis enchanté «te vous voir avec lui.

Et M. Anselme ne se lassait pas de contempler Geneviève. Il voulait voir la couleur de ses cheveux — et la forme de sa main; puis, il la priait de parler, quand même elle n'aurait rien à dire, seulement pour entendre sa voix. Pendant ce. temps, Léon lui racontait un peu le pa.-se et le présent, et beaucoup l'avenir. 11 parlait de ses projets et de ses espérances-

— Et Rose'.' demanda M. Anselme.

— Vous connaissez Rose? dit Geneviève.

— Oui, certes, et je l'aime beaucoup, quoique je l'aime moins que vous.

— Rose! dit Léon, Rose m'oublie.

— Rose m t'oublie pas, interrompit Geneviève. Mais, voyez-vous, monsieur, ne nous parlez pas aujourd'hui de la maison de mon oncle ; nous serions injustes. Nous sommes tout tristes d'une sorte de quiproquo par lequel, aujourd'hui dimanche, jour consacré à la reunion de la braille, nous ne les avons pas vus.

El Geneviève s'arrêta tout-à-coup, et se sentit rougir d'une pensée qui venait de traverser son cœur : elle craignait que le vieillard, qui connaissait si bien tout le monde, ne s'avisât de parler â'Al- '.')■(

— En effet, dit M. Anselme, je trouve Léon morose et abattu.

11 prit la main de Léon et celle de Geneviève, et dit : — Mes bons amis, à peine au commencement de la vie, ne vous laissez pas décourager par les premières épreuves.

— Je sais un exemple de ce que peuvent la résignation et le courage. — Un de mes amis, déjà avancé dans son âge mur, a vu s'évanouir dans ses mains et s'échapper, comme de 1 eau à travers ses doigts, tout le Donheur qu'il avait laborieusement amassé et caché, comme un avare, pour le reste de sa vie. — 11 s'est trouvé un matin seul, et non-seulement sans affections, mais rempli de haine pour ce qui avait été les o^ets de ses affections.

— Il e=t parti, sans argent, sans but, sans espoir. — Eh bien! en quelques années, il était liche et considère, ministre et ami d'un souverain étranger, accablé d'honneurs et de dignités; et le ciel, non moins prodigue de biens qu'il l'avait été de maux, lui a rendu les objets de sa plus vive et de sa plus heureuse tendresse. — Mais vous êtes tristes ce soir; il faut vous distraire. J'ai par hasard, dans ma poche, des billets pour 1 Opéra.

M il chercha dans la poche de côté de son vieil habit.

— Une loge, ma loi ! Si vous voulez, nous allons y aller tous les trois.

Geneviève s'habilla ; elle était charmante. — Dans les soirées où elle était allée jusque-là avec Rose, son deuil s'était opposé à une toilette réelle.

Quand elle Eut prête, malgré la nuit, M. Anselme semblait fier de donner le bras à sa jolie voisine, h l'avertissait du moindre "bstac.e qui pouvait airèter ou choquer ses petits pieds ; il lui choisissait le meilleur chemin. Le soir, on se sépara sur le carré du logement qu'habitaient Léon et Geneviève, et M. Anselme monta au-dessus.

Le lendemain, on reçut une lettre de Rose ; elle était bien fâchée de I incident qui l' avait empêchée de voir ses cousins. Elle avait déplace les épingles, et avait forme, en les piquant autrement, les premières lettres de sou nom et du nom de Léon. Léon fut bien heureux de cet envoi ; — car c'est de semblables bagatelles que sont tonnes les puis grands bonheurs de la vie. Si quelqu'un eût pu voir le trésor de Geneviève, trésor caché plus soigneusement que celui d'au, un avare, — trésor qu'elle contemplait quand elle tait seule, — on y aurait vu:

Une rose sèche donnée par Albert;

Une branche du bouleau sur lequel il avait gravé un 0 dans la

Une lettre autographe dudit, lettre précieuse et contenant ces

mots ; « Ha I lu re coii-iue, env -moi, par le rustre poiteui .1. <•(

billet, mes Hauts que j'ai oublié! Je ne veux pas rentrer a la maison, p ' que mon père ni- me demande pas ou je vais. ..

1 il i nliaii donne par le inclue;

Une douzaine de Heurs égalerai ni sél lues, mais a . lia. UD<

qui n - la mémoire 'l'une femme, touj «ira si exacte pour les d

rattai hait UO jour, une heure, un souvenir ;

Les gants que portait Geneviève un jour qu'elle dansait av.. Albert.

Que la stupidité, —bon liieu ! — est donc une chose contagieuse ! J'en ai laissé échapper un des plus graves symptôm dans le chapitre précèdent, mais un symptôme .lune stupiditi toute particulière, — précisément de celle dont je me croyais le plus à l'abri.

En parlant des souvenirs et des mille circonstances d un a véritable, j'ai dit : « C'est de semblables bagatelles que sont i les plus grands bonheurs de la vie. »

Bagatelles !

Et où sont donc les choses sérieuses?

Et où sont donc les grandes choses ?

0 hommes sérieux ! voyons un peu ce que vous faites, voyons ce qui vous donne le droit de sourire en parlant d'un jeu m homme amoureux, et de dire avec un air d'incontestable supériorité : « Cela se passera. »

II. las ! ô hommes sérieux, ce qui ne se passera pas. c'est votre abrutissement, c'est votre -impuissance, ce sont les nombreuses infirmités que vous prenez pour autant de vertus !

O hommes sérieux, — vous sacrifiez votre vie, votre paresse, vos amours, — pour un jour avoir le droit d attacher d'un nœud, à la boutonnière de votre habit, un ruban d'un certain rouge. — Arrivés à ce succès, vous recommencez de nouveaux et dé plus grands efforts. Il ne faut pas s'arrêter en si beau chemin. Quel bonheur, en effet, si vous aviez le droit, dût-il vous en coûter un bras et une jambe, — ou dix amis ! — quelbonheur si vous pouviez faire une rosette à votre ruban ! On n'épargne pour cela m soins, ni travaux, ni sacrifices, et un jour vous obtenez cette récompense. — Uue rosette, grand Dieu ! quelle supériorité cela vous donne sur ceux qui n'ont qu'un nœud! — On se rappelle cependant avec quelque plaisir le moment où l'on n'avaitqu'un nœud, le moment où, si vous aviez eu l'audace de nouer votre cordon d'une rosette, la gendarmerie, la garde nationale, l'armée entière eus sent été occupées à punir votre forfait. Un se dit: — Et moi aussi cependant, il y a eu un temps où je n'avais qu'un nœud ! — Mais ce qui est encore plus loin de vous, ce que vous n'osez pas espérer, ce que vous placez au nombre des désirs ridicules, à l'égal

de l'envie qu'aurait une femme d'un bracelet d'étoiles, — c'est

je n ose le dire c'est ô comble de bonheur! ô gloire!

ô grandeur ! c'est de nouer le cordon autour du col. — Eh bien ! si vous êtes heureux, si les circonstances vous servent, si vous n'êtes pas trop scrupuleux sur certains points, un Jour, quand vous êtes vieux, quand vos cheveux sont blancs, il vous arrive, ce bonheur inespéré. Vos yeux laissent échapper des larmes de joie, et vous mourez en disant : — O mon Dieu ! peut-on penser qu'il y a des hommes assez aimés du ciel pour porter le ruban en bandoulière de droite a gauche!

Et cela, ô hommes graves et sérieux ! — tandis que les jeunes filles se couvrent à leur gré de rubans de toutes les couleurs, en nœuds, en rosettes, en ceintures. — Voilà des rubans sérieux, voilà une affaire véritablement grave, car cela les rend jolies.

0 hommes sérieux! il en est trois ou quatre qui m'ont dit parfois : — Quand ferez-vous quelque ebos.- .le sérieux '.' — Est-ce donc ce que vous laites qu'il me faut faire '.' Hélas ! si je ris un peu, si j'ai encore quelques accès de cette belle gaieté si tranche de la première jeunesse, si je me roule encore sur mon tapis dans des éclats de nie convulsifs, c'est à vous que je les dois, o hommes sérieux! objets de mon éternelle reconnaissance; c'est à vos graves soucis, à vos préoccupations, à vos actes, à votre importance, o hommes sérieux ! — ô les plus bouffons, les plus e.vhilarants des êtres crées! — vous qui possédez seuls le vraUcomique, ce comique si vainement cherche au théâtre, le comique froid, le comique sérieux !

Vraiment ! vous ne trouvez pas ma vie bien sérieuse? Et que trouvez-vous de plus sérieux et de plus important que ce que je fais ? — Je vois tous les jours se lever et se coucher le soleil ; — je regarde mes fleurs; je vais voir si cette rose que j'ai baptisée, à laquelle j'ai donne le nom de C, S..., a ouvert ses pétales d'un si beau jauue; je respire le parfum de mes résédas; — je trouve et j« mets à mort le ver qui rongeait mou dahlia, le dahlia violet auquel les jardiniers de Paris ont donné mon nom; — je dis bonjour à chacune de mes fleurs ; — je joue avec mon chien; — je vais errer sur la rivière eu Ire des rives vertes, sous des saules; je laisse aller mon imagination aux poétiques rêveries du soir, quand, sur le ciel orangé, au déclin du jour les peupliers découpent leur feuil-

LES VEILLÉES LITTÉRAIRES ILLUSTRÉES

lage ooir; — ou l'hiver, — avec un ami, au coin de mon l'eu, I is tous deux sur des coussins, fumant de longues pipes de cerisier, — nous parlons du passé, — nous égraioons nos souvenirs comme un beau collier de perles,— nous parlons de notre pauvreté et .1 • nos toiles joies, et non- rions comme personne ne rit ; — je lui parle J l'une pensée qui a rempli ma vie, — etje lui raconte uo mot, au regard ,

et mon visage reprend le l'eu et la jeunesse de ce temps-là.

l' i, dans mon canot, je glisse sur la mer, et j'oublie les heures.

Û messieurs les graves, messieurs les habiles, messieurs les forts ! — que savez- VOUS de plus sérieux que tout cela ? — Laquelle

Ils durent céder au soin que prenait Modeste, chaque matin, de verser sur eux de l'eau bouillante.

de ces occupations supposez-vous que je consentirais à remplacer par quelqu'une des vôtres ?

Hommes sérieux, — gardez vos polichinelles, vos toupies et vos soldats de plomb, — et ne méprisez pas les soldats de plomb, les toupies et les polichinelles des enfants, qui veulent bien ne pas mépriser les vôtres, — peut-être parce qu'ils ne les connaissent pas.

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