ACTE I, SCÈNE VI
ANDRÉ
Cinq minutes. Cela va plus vite que le daguerréotype, et c'est encore plus laid.
JOSEPH
Ma foi, comme c'est un pâté et de la galantine, pour cinq minutes de plus ou de moins, cela ne refroidira point.
COTTELET.
r Quelle logique! monsieur Joseph.
ANDRÉ
Alors, ne perdons pas de temps, mettex-vous en position, les bras croisés.
JOSEPH
Ah! mais... mon panier.
ANDRÉ
Bachu, débarrasse Monsieur de son panier.
Avec plaisir ! (a part.) grand homme * ! ...
JOSEPH
Y sommes-nous?
ANDRÉ
Oui, et VOUS? (A ses amis.)
d'athis.
Tout le monde y est.
ANDRÉ
La tête un peu plus par là!... (il lui fait tourner la tète dû côté opposé au panier.) Souriez...
JOSEPH
Est-ce bien?...
ANDRÉ
Oui, seulement, d'Àthis, éloigne encore un peu le panier de monsieur Joseph, ça le fait loucher.
d'athis.
NOUS allons le lui cacher tout à fait (D'Athii porte le panier derrière un accident de terrain et Cottelet l'occupe à remplacer les proTisions par des pierres.)
ANDRÉ
Ce sera prudent.
JOSEPH
Et Je serai ressemblant, vrai?.*.
zz le cqpiqg j,e plu^ LpNG. •
La ressemblance est garantie. (Le panier esj 4é>a)jst>)
BACHU , revenant les mains derrière le dos.
Belle tète! r
ANDRÉ
N'est-ce pas î
D'ATHIS, revenant , tandis que Cottelet met des pierres dans le panier.
Tu fais la bouche un peu grande. M. Joseph g la )x>uche
très-petite. (Joseph rapetisse sa bouche.) ANDRÉ.
Ne bougez plus.
D'ATHIS, revenant à son tour.
Les yeux sont trop petits... M. Joseph a les yeux très-gr&pds.
BACHU.
Oculos hahent et non videbunt.
JOSEPH
Que dit votre ami ?..
ANDRÉ
11 dit que cela vient, et qu'il espère que madame Joseph sera contente.
JOSEPH
Vous me ferez la cravate, n'est-ce pas, Monsieur? c'est elle qui l'a brodée. f
d'athis.
La cravate aussi, n'oublie pas ce détail.
COTTELET.
C'est fait.
JOSEPH
Ah! c'est fait?..
TOUS
Oui, oui...
ANDRÉ, montrant à Joseph.
Voilà, qu'en dites-vous!..
JOSEPH
le trouve cela vilain , mais cela me ressemble.
COTTELET.
C'est frappant.
JOSEPH
Mais je suis mieux que cela; allons. , je suis mieux que cela. N'importe, madame Joseph va être fameusement contente de me posséder.
COTTELET.
Ne négligez pas de le faire encadrer.
JOSEPH
Pardine !(il plie le portrait en quatre, et le met dans sa poche, prend le panier, le soulève, et le laisse retomber.) Manette ! il me semble Oue
mon panier pèse le double. *' ' " *
COTTELET.
Voilà ce que c'est que de se reposer.
Quand je pense que je suis venu d'Enghien avec cela sur la tête.
BACHU.
Vous êtes fort.
JOSEPH, gracieusement.
Messieurs, en vous remerciant de vos obligeances.
TOUS
Au revoir, monsieur Joseph. (Joseph sonne à la grille.)
ANDRK.
Vous n'avei rien laissé dans le panier.?
COTTELET.
Si, nous avons laissé deux louis.
LE DOMESTIQUE, le même qui a déjà paru.
Ah ! vous voilà ! par ma foi, il est temps. On ne comptait plus sur vous au château.
JOSEPH
' Dam ! ce n'est pas nia faute, j'ai toujours pouru ! (Tous les
deux disparaissent.)
SCÈttE VH.
ANDRÉ, BACHU, COTTELET, D'ATHIS.
ANDRÉ
Le tour est foit.
Et bien fait.
COTTELET.
A table ! à table !
BACHU.
Je sonne pour que Ton serve. Drelin, dreliu.
COTTELET, allant chercher le pAté.
Monsieur n'attendra pas.
•A CMC ET ANDRÉ.
A table. (Lit JMMi pm tfpirll kt pmkfaai et In
COTTBLET, à d'Attila qpi tpfwrte la plurtte.
Prends garde de tacher la nappe, et apporte-moi le pain.
racmu.
Pas de pain, Messieurs, c'est le repas d'Agésilas.
ANDRÉ
Hélas !..•
RACMU, It RtNR* pleat*.
Drelin, drelin, drelin î... Garçon ! du Champagne ! quand il ne serait pas glacé, cela ne fait rien !
ANDRÉ
Allons, d'Athis!
d'atmis.
Je ne sais pas où est la care.
Je le sais, moi. (n te lève.) Ne touches à rien. Je suis ici dans cinq minutes.
BACHU.
André, je te donne la préférence sur le premier marchand de coco qui pourrait passer ï... Oui, va nous chercher les Tins d'Espagne.
COTTELET.
Comptes dessus, et ne huvez pas d'eau en attendant.