‹ Le chemin le plus long: comédie en trois actes, en proseChapitre 15 sur 58 · ACTE 1, SCÈNE VHL · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VHL

JOSEPH

Ah ! vous trouvez ça drôle, tous !

COTTELBT.

Veux-tu bien te tirer de là, toi !...

JOSEPH

Jamais ! (ou le bouscule.) A l'aide ! au secours ! à la garde !

DE REUILLE.

Pardon, Messieurs...

bachu.

Ah! c'est autre chose... (Tousse ièrent.) Monsieur!...

COTTELET.

Comprenez-vous cet imbécile, qui vient se jeter à pile ou face sur notre déjeuner?...

d'athis.

Un homme qu'on a fait poser... Ingrat !...

DE REUILLE.

le suis vraiment désolé, Messieurs, que l'on ait interrompu votre champêtre festin, mais puisque l'irrévérence a été commise, je serais bien aise de profiter de l'occasion pour Caire connaissance avec des convives aussi facétieux que vous paraissez l'être.

COTTELET, gouaiUaat.

Monsieur aime la plaisanterie?

DE REUILLE.

Infiniment, quand elle est de bon goût ; beaucoup moins, quand elle est d'un goût... contestable.

d'athis.

Comme celle-ci, apparemment. Je crois que c'est cela que Monsieur veut dire.

Allons, je vois que j'ai affaire à des gens d'esprit, qui comprennent à demi mot.

BACHU.

Cela se gâte ! (il reste sérieux.)

DE REUIULE.

Ces Messieurs sont clercs d'huissier, commis-voyageurs?

JOSEPH*

Ces Messieurs sont artistes !...

* J. B. De R. C. D.

DE REUILLE.

Pardon. Je ne m'étonne plus... charge d'atelier... fafce de rapins.

bachu.

Permettez, Monsieur, je suis, à mon tour, désolé de tous interrompre, mais je désirerais savoir en quelle qualité vous nous faites l'honneur d'intervenir dans cette question.

DE REUILLE, à Cottelet et à d'Athis.

Monsieur est de votre société ?

d'athis et cottelet.

Certainement.

DE REUILLE.

Je le crois, puisque vous me le dites et que Monsieur ne s'en défend pas... (Allant à Bachu, qu'il salue.) À titre d'invité, Monsieur.

COTTELET.

Pas par nous, je suppose.

DE REUILLE.

Non, en tout cas, j'eusse refusé, mais par les personnes à qui le déjeuner appartient.

d'athis.

Et pourquoi les personnes à qui le déjeuner appartient ne le défendent-elles pas elles-mêmes?

f DE REUILLE.

Parce que ce sont des femmes, Monsieur, (a Bachu.) Maintenant, mon droit d'intervention vous parait-il suffisant, Monsieur?

BACHU.

Incontestable !... et vous êtes venu, Monsieur, dans l'intention ?.

DE REUILLE.

Pe me charger de vos excuses pour madame de ^orraoy et sa nièce.

COTTELET.

La tournure est extrêmement délicate. Mais elle implique à la fois, pour nous, une invitation à faire des excuses, dont vous voulez bien vous charger, e*t une prétention , en votre qualité d'invité, toujours, à prendre votre paît de ces excuses.

DE REUILLE.

Vous vous trompez, Monsieur, je m'efface complètement; je suis au régime.

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