‹ Le chemin le plus long: comédie en trois actes, en proseChapitre 40 sur 58 · ACTE III, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE I

BACHU, se levant et allant à elle.

Reposez-vous; reposez-vous, alors. Les souvenirs, c'est parfois un terrain bien fatigant, car on marche avec son cœur. Je croyais votre convalescence plus avancée, ma chère Berthe.

BERTHE

Elle est miraculeuse ! Oh! sans vos soins, sans vous!...

BACHU.

Plus bas, plus bas! si Ton vous entendait.

BERTHE

Eh bien?

BACHU.

Avec un diplôme, j'aurais eu le droit de vous tuer; mais sans diplôme, je n'avais pas le droit de vous guérir, comprenez bien cela. Je ne suis pas médecin, moi, je n'ai pas de cravate blanche: mes études je les ai faites un peu sur tous les quais, en bouquinant, pour tuer le temps et non mes concitoyens. Mes clients sont des amis comme vous, que je soigne avec un peu de science et beaucoup d'amitié : libre à vous de me croire un grand homme, un génie même, je vous le permets; mais lorsque vous le direz, dites-le bien bas, bien bas, pour qu'on ne mette pas votre demi-dieu à l'amende,

BERTHE

Mais je dirai tout haut ma reconnaissance et la place qui vous est faite dans mon cœur, que vous vous appeliez ami ou médecin.

Votre reconnaissance, merci bien ! je ne fais pas payer mes visites avec cette monnaie-là. Votre amitié, donnez, j'ai de

quoi VOUS rendre, (il lui serre la main et s'assied près d'elle.) BERTHE.

Ah! monsieur Bachu, vous êtes bien le plus singulier homme que l'on puisse rencontrer; on vous doit toujours quelque chose à vous. Aujourd'hui c'est de l'amitié, demain ce sera du dévouement, pour votre dévouement sans bornes et votre amitié sans égale. La science m'avait abandonnée, alorsvous êtes venu. Pendant neuf jours on a pleuré à mon chevet, vous, vous n'avez pleuré qu'un jour, le neuvième; ce jour-là j'étais sauvée !

BACHU, se levant.

Bastî bast!

BEBTBB, m tarant aussi.

Oh! ingrat! qui ne veut pas qu'on lui doive la vie.

BACHU.

Encore une fois vous ne me devei rien, c'est Dieu qui a tout fait; c'est l'Italie, ou plutôt c'est le soleil, qui vous a rendu la santé. Le soleil, voyex-vous, c'est le médecin des pauvres, et il en vaut bien un autre. Décidément vous refuses de vous embarquer avec moi?

BBBTBE, riant.

Décidément vous tenez à me reprendre ce que vous m'avez donné?

BACHU.

Vous refusez?

BEBTHE.

le ne sais pas nager.

BACHU.

Raison de plus. En deux promenades je suis sûr que je vous aurai rendue très-forte. Enfin je n'insiste pas. A tantôt, (n loi

terra la main et tort par le fond.)

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