‹ Le chemin le plus long: comédie en trois actes, en proseChapitre 42 sur 58 · ACTE Ut, SCENE 111. g · texte numérisé non relu

ACTE Ut, SCENE 111. g

SGÈNEItï.

ANDRÉ, puis LA MAITRESSE D'AUBERGE.

ANDRÉ, se précipitant en scène.

Berthè! c'était bien elle! elle était là à cette croisée... je l'ai vue! Berthe, mais c'est impossible... c'est...

LA MAITRESSE D'àUBERGE.

Pardon de m'être laissée prévenir, mais Monsieur est monté si vite... Je vais montrer à Monsieur la chambre dont je puis disposer pour hii, c'est à l'étage au-dessus.

ANDRÉ

Avant tout, Madame, veuillez me répondre : il y avait là, tout à l'heure, quelqu'un à cette croisée?

LA MAITRESSE D'AUBERGE

A celle-ci, Monsieur, c'est possible, cette salle est aine pièce commune.

ANDRÉ

Il y avait quelqu'un... une femme.

LA MAITRESSE D'AUBERGE

Je vous le répète, Monsieur, c'est possible.

ANDRÉ

Une jeune personne, une Française, qui doit être ici avec sa tante ?

LA MAITRESSE D'AUBEttGE.

Une jeune personne avec sa tante ? Je ne sais de qui Monsieur voudrait parier.

ANDRÉ

Mais de celle que j'ai vue là, tout à l'heure, que j'ai reconnue; c'était bien elle.

LA MAITRESSE D'AUBERGE

Monsieur, nous n'avons ici qu'une jeune dame; elle est Française, en effet.

Brune?

LA MAITRESSE d'aÙBERGE.

Oui, Monsieur.

ANDRÉ

Et jolie?

* La M. A.-

# LA MAITRESSE D'AUBERGE

Oh ! oui , Monsieur, autant qu'elle est aimable et bonne.

ANDRÉ

Mais tous Toyes bien, vous voyez bien.

LA MAITRESSE D'AUBERGE

Mais cette dame, Monsieur, n'a pas de tante, elle a un mari.

ANDRÉ

Un mari?

LA MAITRESSE d'aL'RERGE.

Oui , Monsieur, un mari qui parait même l'aimer beaucoup , car il est sans cesse occupé de ce qui peut lui plaire. Voici son appartement, en (ace de celui de Madame , et néanmoins séparé de lui par cette salle; Monsieur a préféré cette disposition à celle des pièces continues que je lui offrais; chacun a ses idées...

ANDRÉ

Et le nom de cette dame ?

LA MAITRESSE D'AUBERGE

Madame de... 'je ne me souviens pas bien de ce nom, je sais qu'il finit en ae.

ANDRÉ, à lui-même avec un soupir.

Allons, ce n'est pas elle, je me suis trompé.

LA MAITRESSE D* AU BERGE

Monsieur veut-il voir la chambre que je veux lui donner ?

ANDRÉ, allant s'asseoir.

Oh ! peu m'importe, Madame, mettez-moi où vous voudrez, je ne suis ici que pour très-peu de temps, et me trouverai

bien partout. (La. maîtresse d'auberge sort, faisant signe au garçon de l*bôtel qui était au fond avec une valise, de la suivre à l'étage supérieur.)

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