ACTE III, SCÈNE V1IL
DE REUILLE*
Répondez, j'attends.
ANDRÉ, avec effort.
Non, non, je l'ai mérité.
DE REUILLE.
Je m'attendais à votre retour, André... Je savais par vos amis qu'il aurait lieu à peu près vers cette époque. J'ai pris en conséquence toutes mes mesures pour que mon notaire vous rende compte de votre fortune.
ANDRÉ
C'est une séparation que vous m'imposez, mon père?
Je l'ai crue nécessaire , et j'espérais qu'elle vous paraîtrait indispensable.
ANDRÉ
En effet.
DE REUILLE.
Quand partez-vous?
ANDRÉ
Aujourd'hui, dans une heure, dans cinq minutes.
DE REUILLE, lui serrant la main.
Ken, André!... vous retournez en France?
ANDRÉ
Non, je voyagerai, j'irai bien loin, là-bas! là-bas! où l'on oublie.
- DE REUILLE.
11 y a six mois, il vous eût été facile d'oublier; une conversion si prompte peut-elle être sérieuse? Qui aurait prévu que ce qui vous était si indifférent vous affecterait un jour, et que vous abjureriez si complètement votre scepticisme et vos principes.
ANDRÉ, se levant avec agitation.
Et qui vous dit que je les ai abjurés?
DE REUILLE.
Vous-même, tout à l'heure, ici...
Je vous trompais.
DE REUILLE.
Ainsi, "vos beaux sentiments?
ANDRÉ
Mensonge...
BB RECILLE.
Votre repentir?
Hypocrisie...
ANDRÉ
DB RBtJILLB.
Vos discours de tantôt?...