SCÈNE IX
ANDRÉ, BACHU.
ANDRÉ reste un moment immobile, puii il se jette tur une chaise, la tète appuyée dans ses main*.
Ah! mon Dieu! mon Dieu!
BACHU, entrant par le fond.
Je n'osais pas entrer, cher ami, je te croyais encore avec M. de Reuille... Eh bien?
ANDRÉ
Eh bien quoi! il m'a dit ce que tu n'avais pas eu le courage de me dire, toi... ce que je n'aurais jamais cru, ce dont je doute encore.
BACHU.
Ainsi va la vie! après les éclats de rire bruyants, les larmes silencieuses... Tu as fermé le livre de l'avenir que Dieu t'ouvrait à la plus belle page!... Tu as préféré les chemins de traverse et les romans à quatre sons... Tous les goûts sont dan 8 la nature!
ANDRÉ
Je te dispense de ta réthorique. . . Je sais ce qu'elle vaut maintenant.
BACHU.
Oh! elle n'a jamais valu grand'chose !
ANDRÉ
Tu la faisais sonner pourtant bien haut, ton amitié.
BACHU.
Comme certaines gens font sonner leurs gros sous pour faire croire qu'ils ont des pièces d'or... Mais ce n'est pas toi qu'on trompe.
ANDRÉ
Oui... je niais l'amour... aujourd'hui je nie l'amitié!
Franchement, tu n'es pas fort... Les vrais amis sont rares..*
ANDRÉ
Ce n'était pas Berthe... n'est-ce pas?,..
BACHU.
Dam! mon ami... il y a tant de passagers dans un hôtel.
ANDRÉ, Ui atrrantU Atte.
Oh! si tu lavait ce que j'éprouve!
b\chu.
Ce n'est rien... rien... du courage!
ANDRÉ
Je vais partir... je l'ai promis à M. de ReuiUe.
BACHU.
C'est ça!
ANDRÉ
Mais avant... je voudrais... Oh! rien qu'un instant... revoir Berthe.
BACHU.
11 faut toujours éviter les rechutes... comme médecin je te le défends... et comme ami je te le défends encore!
ANDRÉ
Oh! rien qu'un instant?
Pourquoi faire? que veux-tu lui dire maintenant? tout n'estil pas impossible?
ANDRÉ
C'est elle... je l'entends...
BACHU.
Pour toi-même... je t'en supplie..', va-t'en.
ANDRÉ
Non... non. Je veux...
BACHU.
Quoi?...
ANDRÉ
Laisse-moi... laisse-moi, te dis-je.
BACHU,
Jamais!
ANDRÉ
Je te l'ordonne !
BACHU.
Si tu le prends comme cela... arrange-toi! (a wrt.)