‹ Le chemin le plus long: comédie en trois actes, en proseChapitre 6 sur 58 · Acte i, scène iV · texte numérisé non relu

Acte i, scène iV

MADAME DE LORMOY

Oh ! oh ! savez-vous que vous faites-là un singulier portrait de. M. André?

DE REUILLE.

Oh ! mon Dieu! ce n'est pas le sien plutôt qu'un autre; ils se ressemblent tous; qui en a* vu un en a vu mille... Dans notre époque de vapeur, d'électricité, de télégraphie, où tous les hommes semblent avoir hâte d'arriver à un même but, on dirait que le siècle a été pressé comme les hommes et les a jetés tous dans le même moule...

MADAME DE LORMOY, lui prenant le bras.

Mon cher monsieur de Reuille, voulez-vous que je vous dise pourquoi les vingt ans d'aujourd'hui nous paraissent si peu ressembler aux vingt ans d'autrefois?... C'est qu'en veillissant, nous nous éloignons des uns comme des autres , et qu'en les regardant de trop loin nous ne les reconnaissons plus. (Bruit

dans, la toulisse.)

PLUSIEURS VOIX, du dehors.

Par ici... par ici!

DE REUILLE.

Quel est ce bruit?... On vient de ce côté, ce me semble.

MADAME DE LORMOY

Oui, des promeneurs, comme il y en a tant autour du lac... Oh! croyez-moi, nous vieillissons, cher ami. (Madame de Lor-

0007 s'éloigne au bras de M. de Reuille, et tout en causant ils rentrent dans 1* parc, ferment la grille et disparaissent.)

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