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provision sont assez inefficaces. Néanmoins, à titre préventif, elles ont une utilité que nous ne saurions méconnaitre, Au regard du bénéficiaire, là personne vraiment intéressante dans le chèque, la certification est infiniment préférable; elle lui donne tout apaisement; elle est pour lui la protection idéale car elle ne lui impose aucune gêne ni aucun ennui, C'est justice car, après tout, il pourrait exiger d’être payé en monnaies légales. S'il veut bien accepter un chèque, que du moins il ait la certitude que ce chèque est bon. Sans doute, on peut dire que le bénéficiaire à un certain intérêt à être réglé par chèques au lieu de l'être en monnaies, mais cela n’est vrai qu’à une condition: que le chèque puisse toujours se convertir en monnaies. Or le chèque certifié seul procure cette certitude. Les avantages du bénéficiaire ne sont donc que conditionnels, tandis que ceux du tireur et du tiré tiennent au système même des chèques. Pour le tireur, les intérêts sont multiples et ont été souvent indiqués. Comme l’écrivait déjà A. Darimon dans son rapport: « En se dispensant de garder sur soi ce que l’on possède en numéraire ou en billets de banque, on se débarrasse des dangers de vol, (1) d’incendie, de perte dans le transport ou d'erreurs dans les comptes et de plus des ennuis de compter sans
(1) Pas absolument, car le carnet de chèques peut être volé, mais il est nécèssaire de faire des faux pour que ce vol profite. Et ces faux ne sont pas très faciles sauf pour les familiers du tireur.
cesse, de passer des écritures, de surveiller des commis et des garçons de recettes. En chargeant un banquier d'effectuer le payement des traites échues (ou des chèques), on s’épargne des frais de caisse et de caissier et on est dispensé de tenir une comptabilité plus ou moins compliquée... Il faut encore ajouter que le tireur touche un certain intérêt pour les sommes qu'il a en dépôt. »
On voit qu'il retire de grands avantages du système de payement par chèques. Est-ce trop lui demander, en compensation, que de s'imposer certaines démarches qui donnent au preneur l'assurance absolue que le chèque est bon? Il nous paraît naturel et juste qu'il paie les commodités qu'il se procure de quelques formalités, d’ailleurs assez simples pour lui. — De quoi s'agit-il, en effet ? S'il est dans une grande ville, d'aller à sa banque qui souvent se trouve presque à sa porte; s’il est dans un hameau ou dans une petite ville, il devra faire l’envoi de son chèque par poste, mais s’il le barre, les risques sont supprimés pour lui. Il n'a même pas besoin de recommander sa lettre. Tel est du moins l'avis d’un spécialiste de ces questions, le Président de la Chambre de Compensation des Banquiers de Paris, M. Charles-Georges Picot: « Le chèque barré donne au tireur une sécurité complète. Alors qu'un chèque ordinaire peut être encaissé par le voleur, sans que la responsabilité du banquier payeur soit engagée, le chèque barré doit être encaissé par un banquier
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qui est supposé cautionner l'identité de son client et dont la responsabilité pourrait être engagée au cas de détournement. Un voleur aurait quelque peine à trouver un banquier qui encaissât son chèque. Le banquier auquel il s’adresserait lui demanderait vraisemblablement des justifications qu'il ne pourrait fournir. Aussi a-t-on bien raison de dire qu'un chèque barré peut être envoyé sans danger par la poste sous pli ordinaire. » (Revue Politique et Parlementaire, 10 juin 1916).
Les charges imposées au tireur dans la procédure de certification sont donc assez minces et il nous semblent qu'elles constituent une contre-partie équitable des avantages qui résultent pour lui de l’emploi du chèque. Du reste, il lui est loisible de recourir ou non à la certification: mais, s’il n’y recourt pas, il s'expose à ce que le porteur lui dise: donnez-moi des monnaies légales et non pas un chèque. Par conséquent la situation du tireur dans le système de la certification ne peut raisonnablement être le prétexte à l’ombre d’un apitoiement. Reste à examiner celle du tiré, c’est-à-dire du banquier certificateur.
Celui-ci ne peut pas refuser la certification d’un chèque, s’il y a provision. C’est donc une charge dont il ne peut pas s’exonérer sauf à supprimer son service de chèques. Mais cette charge est-elle donc si lourde? Il s’agit de mettre sur le chèque la formule qui se met tous les jours, à tout instant, sur les lettres de change par les tirés, de débiter en même
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temps le compte du client, quitte à le recréditer de même somme dans des hypothèses exceptionnelles. Il n'y a rien là de difficile, comme nous l'avons déjà établi.
Il faut ajouter que cette charge est pleinement équitable et justifiée, car la banque retire d’immenses avantages du système du payement par chèques. Ce point de vue a été déjà et souvent développé, notamment par M. Pierre Feschotte dans une thèse récente: « Les banques retirent des bénéfices indirects de l’organisation du règlement par chèques. En effet, elles ne remettent, c’est l'évidence même, des carnets de chèque qu'aux personnes qui ont un compte de dépôt. Or, ces comptes sont l’occasion de courtages de toute sorte. Tout d’abord les banques connaissent ainsi, mieux que quiconque, l’état des disponibilités de leur clientèle et, par suite, elles s'offrent à diriger les placements; dans quelle voie? Assez souvent ce ne sont pas les meilleurs titres qu'elles recommandent, mais ceux sur le placement desquels elles ont les plus fortes ristournes. Dans les journaux, notamment dans le Temps, à la rubrique financière, l’on peut lire quelquefois des faits |de ce genre : des directeurs de succursales dénigrent les titres de l'Etat pour pousser vers les valeurs industrielles même les plus aléatoires et leur argumentation ne laisse pas d'être assez impressionnante. Pendant la guerre, et depuis, la baisse a surtout atteint les Hilres dits de père de famille, particulièrement les