‹ Le Chèque certifiéChapitre 26 sur 32 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Depuis 1864, jusqu’à l’heure actuelle, les rapports parlementaires relatifs au chèque célèbrent à l’envi ses bienfaits. Voici quelques extraits: « L'intérêt qui s'attache à l'émission et à la transmission des chèques s'explique de lui-même; il a d’ailleurs été mis parfaitement en relief l’année dernière dans la délibération du Corps législatif: les dépôts de fonds en compte-courants dans des caisses ouvertes et organisées à cet effet, groupent une foule de petits capitaux et leur donnent ainsi une puissance productive qu'ils n'auraient pas s’ils restaient disséminés dans les caisses des particuliers. Le chèque est l’instrument de service des comptes-courants, et par l’action combinée des comptes-courants et des chèques, on obtient ce triple résultat: de servir aux déposants un intérêt de leurs fonds, tout en les leur maintenant disponibles ; d'effectuer une quantité considérable de payements sans déplacement ni emploi matériel de numéraire; et enfin d'utiliser pour les besoins de

l'industrie et du commerce des capitaux qui, sans ce moyen, et alors même qu'ils ne seraient pas livrés à une stérile thésaurisation, ne serviraient qu'aux échanges journaliers, et qui se trouvent ainsi concourir au mouvement de la production et du commerce, sans cesser de servir à l'échange. » (Exposé des motifs par Victor de Lavenay, Montieur du 17 février 1865).

On retrouve les mêmes idées dans le rapport Ratier, relatif à l'institution du chèque barré: il y était dit que le chèque barré épargnerait une circulation de monnaie beaucoup plus considérable que par le passé, puisqu'il faisait intervenir non seulement le banquier du déposant, mais le banquier auquel le varrement confère le privilège de le présenter en payement, et que les différentes banques étant toutes en compte, le payement se ferait toujours par un jeu d’écritures.

Ces espérances ne se sont pas jusqu'ici réalisées: la guerre a aggravé les pratiques de thésaurisation et de payement en numéraire.

* Les rapporteurs parlementaires ont redoublé d’efforts pour faire jouer au chèque le rôle qui lui est propre, essentiel et qui consiste dans une économie de monnaie. Mais leurs efforts n’ont pas été couronnés d’un entier succès: « Pourquoi, écrit M. Bokanowski dans un rapport du 9 févrer 1917, pourquoi un commerçant hésite-t-il à payer son, fournisseur au moyen d’un chèque? 1° Parce qu'il n’est pas tou-

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