‹ Le Chèque certifiéChapitre 8 sur 32 · SAND ON ER · texte numérisé non relu

SAND ON ER

sommes déposées qu’un intérêt en quelque sorte dérisoire en présence de celui qu'offrent aux capitaux les autres placements. En ce qui concerne le chèque, tout le monde n’a pas la notoriété d'un Rothschild; il peut se faire que, si l’on offre un chèque en payement, on se le voie refuser et qu'on soit obligé de remplacer le carnet de chèques par une bourse bien garnie. Le remède à cette situation n'a pas coûté beaucoup de frais d'imagination à ses auteurs. Il est emprunté aux procédés des anciennes banques de dépôts. C’est le chèque soumis à un visa préalable. »

La savant rapporteur combat cette forme de chèque par toute une série d'arguments qui ont été repris et amplifiés par les adversaires de la proposition Guy de Montjou-A.-Achille Fould.

Albert Darimon s'efforce d’abord d'établir la filiaton du chèque certifié. « Les premières banques de dépôts, telles qu’elles furent établies à Gênes, à Venise, à Amsterdam et à Hambourg, ne faisaient point usage des chèques: établies au seul profit des négociants, elles exécutaient leurs virements de comptes au moyen d'un autre instrument. En échange des sommes déposées chez elles en monnaie métallique de toute provenance, elles remettaient des certificats dans lesquels les sommes étaient exprimées en monnaie idéale, qu'on appelait à cause de cela monnaie de banque. Ges certificats passaient de main en main, exactement comme les warrants de marchandises

déposées de nos jours dans les Magasins généraux:

ils étaient préférés à l'argent et le plus souvent faisaient prime. Quant à la Banque, son rôle se bornait à recevoir des dépôts, à émettre des certificats et à opérer le virement des sommes déposées du compte d'un négociant au compte d'un autre négociant. Le chèque soumis à l'acceptation préalable et comme on l'a appelé récemment de son véritable nom, le chèque certifié, n’est pas autre chose que l'instrument connu autrefois sous le nom de certificat de dépôt. »

IL y à une différence de forme entre les anciens certificats de dépôts et les chèques certifiés, les certificats de dépôts étaient émis par les Banques: les chèques certifiés le sont par les clients: il est vrai qu'avant de les émettre, ceux-ci devraient se rendre à la Banque pour les faire viser, c'est-à-dire pour faire reconnaître que la somme énoncée au chèque existe réellement, si bien que la différence est, en réalité, plus apparente qu'effective. Les cashiers chèques sont plus près des certificats de dépôt que les chèques certifiés, et personne ne le leur reproche.

Le chèque ordinaire, lui-même n'est qu’un dérivé des certificats de dépôts. Dans un article sur le chèque barré paru dans le Bulletin de la Chambre de Commerce anglo-belge (Bruxelles 1908), il est dit que « maints de nos usages commerciaux, disons même de nos institutions commerciales nous viennent des Hollandais et Malynes, un auteur du milieu du XVII: siècle, disait que les marchands hollandais, désirant transférer à leurs clients une partie des fonds déposés

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