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Le chercheur de tares

Outre que, au point de vue des récits, leur intérêt n'(isl sans doute pas excessif, et que, en ce qui concerne le style, leur valeur me paraît médiocre, pourra même, à beaucoup de gens, sembler totalement nulle, l'homme quia noirci les Sept Cahiers d'une menue écriture, très serrée, aux lignes deux à deux se rejoignant, celle-là qui se précipite, celle-ci qui se hausse, au bord extrême de la page, comme

deux rails sur le point de n'en former qu'un,

— écriture rapide, pointue, incisive, agressive, agriffeuse, dévoratrice — m'a laissé le souvenir d'un fort déplaisant personnage.

Il fut malheureux à cause de sa propre vilenie. Nuire à soi-même n'excuse pas d'avoir nui aux autres; le suicide, suivant le meurtre, dérobe à l'échafaud, non à la responsabilité; l'empoisonneur qui boit, après sa victime, au verre mortel, est un double empoisonneur.

Et l'on ne pourrait pas objecter en sa faveur qu'il fut dément, ou démoniaque. Sa folie, en tout cas, n'était qu'intermittente, car, entre ses hallucinations, ses rages, ses humeurs noires, — sortes de crises d'hépatite bilieuse,

— ou ses amnésies fréquentes mais peu durables, il faisait preuve d'un atroce bon sens, d'une méchanceté extraordinai rement lucide ; la cacositie morale est un indice de perversité, non de déraison. Pour ce qui est de la hantise diabolique, s'il y croyait, s'il la jugeait visible et tangible à ses heures d'accès, je pense que, en l'état de santé, il n'y ajoutait foi que pour se disculper, à ses propres yeux peut-être, de ses malignités. De même que Socrate avait pour démon son génie, et Napo-

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