CHAPITRE XI
LES ENFANTS d'ÉCURIE , LES CHEFS GROOMS ET LES JOCKEYS.
Section 1^. — Les garçons d'écurie.
126. — Pour diriger ces petits bipèdes , il faut presque autant d'expérience que pour l'animal dont je viens de décrire si longuement l'éducation. Il faut aussi un certain discernement pour les choisir ; car, s'il y a des enfants que la nature a formés pour cette carrière, il y en a tout autant qui n'apprendront jamais assez leur métier pour diriger leur cheval dans un galop ordinaire. Les points principaux qu'il faut exiger sont d'abord une charpente régulière et compacte avec une petite tête , des os légers et une taille bien au-dessous de la moyenne des enfants du même âge ; puis, en second lieu, une certaine dose d'intelligence, mais de cette espèce solide à l'ancienne mode que l'on rencontre aujourd'hui si rarement, et qui concentre sur un seul objet les forces du corps et de l'esprit. En d'autres termes, il faut trouver une vieille tête sur de jeunes épaules. Il est imposable d'avoir l'œil ouvert sur tous les mauvais tours , et , en dépit de toutes
les précautions, un enfant complètement méchant est à même de gâter le cheval qu'on lui a confié, et, ce qu'il y a de pis, c'est que son exemple peut corrompre ses camarades. Il faut donc une grande prudence dans le choix , et c'est pour cela que Von prend les fils de gens du métier, profondément attachés à leur état et pénétrés de son importance. Sans ce dernier sentiment, le garçon ne prendra jamais goût au métier ; mais s'il l'éprouve sérieusement, il aura bientôt appris à se rendre utile. L'âge où ces enfants ont le plus de chances d'être utiles est de onze à quatorze ans. Plus tôt, ils sont rarement assez hardis ou assez forts pour remplir les devoirs véritablement rudes de garçon d'écurie ou de promenade. Il est vrai qu'on peut les employer à frotter les jambes et autres petits services d'écurie à un âge plus tendre ; mais ces premières leçons se donnent mieux dans l'écurie du hack ou toute autre que celle du cheval de course, pans' presque tous les cas, les garçons de cet âge élevés avec les chevaux sont tout à fait adroits avec eux , montent assez bien et font tous les travaux d'écurie de la façon ordinaire. Quand on sait qu'il en est ainsi, que le garçon est de la taille convenable, intelligent, actif, industrieux et capable de monter un cheval ordinaire , on fera bien de l'envoyer sans tarder à son entraîneur. Il faudra maintenant lui enseigner toutes les pratiques de l'écurie d'entraînement, le frottement à la main, le pansage minutieux et soigné, etc. Puis on le met sur un cheval facile, et on lui enseigne graduellement et soigneusesement la manière de le tenir sans le faire tirer, etc., etc. On devrait le mettre au milieu d'une file de chevaux , lui montrer à tenir sa place dans le galop et à ne jamais avancer vers son chef de file plus près qu'en partant. L'entraîneur ou le chef groom entreprendra cette tâche et veillera à ce que le garçon se tienne bien en seUe, avec les étrivières de la longueur voulue, les pieds bien enfoncés, les genoux bien tournés et suffi samment avancés sur les quartiers de la selle. Il aura à l'avertir de tenir les mains basses > car, par instinct , tous les commençants sont portés à les lever, tandis que le terrain d'entraînement est celui où il faut les tenir les plus basses, avec une rêne de chaque main, de chaque côté du garrot. Il faut , en outre, que la rêne de droite soit tenue dans la main gauche , afin de les ajuster toutes les deux en passant sur le garrot. Il faudra aussi lui montrer à se servir de ses genoux , agents essentiels pour resteif en selle, lui recommander les pieds en dedans et les
talons bas. Il lui explique^ra ensuite qu'il ne doit pa^ chercher à trop retenir son cheval en tirant invariablement oomine un poids mort, mais qu'il doit rendre quelque chose à kt bouche et n'employer que juste ce qu'il faut de force pour tenir son cheval à sa place dans la file. Ceci s'obtient beaucoup mieux en lui cédant un peu et retenant par occasion, qu'en se pendant aux rênes , ce qui irrite la plupart des chevaux et les porte beaucoup plus à tirer sur la main qu'à céder. Il faut donc éviter cette tenue lourde et fixe des rênes, rendre un peu et arrêter ensuite, de façon que la bouche ne s'égare pas , et que l'enfant léger et débile puisse rester maître de son puissant coursier. Après quelque temps, quand le gamin est tout à fait à son aise avec son cheval tranquille et facile, on peut le lui changer pour un autre plus vif, et s'il a appris tous les soins et détails d'écurie avec le cheval fait, on peut lui désigner un poulain en permanence, tant à l'écurie que dehors. Avec le temps, l'enfant apprendra à suivre les ordres avec précision et saura monter son cheval de façon à le développer sur la distance exacte et juste au degré recommandé. Tout cela est l'œuvre du temps et provient de l'imitation transmise de génération en génération, ou plutôt d'un âge à l'autre, les enfants les plus âgés instruisant leurs cadets par l'exemple. Il se passe ordinairement quelque temps avant que le petit garçon soit en état de conduire une reprise de galop, et jusque-là, on ne lui demande que de garder la distance de son chef de file et d'éviter d'être désarçonné par les gambades ou les résistances du jeune animal. Mais avec le temps, l'enfant apprendra à conduire la reprise et à courir une épreuve. Comme il y a des gamins qui apprennent plus vite que les autres, le chef groom ou l'entraîneur les emploie en conséquence et les met sur des animaux dont ils puissent rester maîtres. Outre leurs occupations au dehors , ces garçons ont à remplir tous les devoirs de pansage, frottement à la main, etc., que nous allons décrire en détail, comme faisant partie de leurs devoirs.
127. — Le pansage du cheval de course ne diffère pas en principe du pansage ordinaire de tout autre cheval de race, mais on le pousse plus loin et plus longtemps que pour tout autre cheval, excepté pour le hunter de premier ordre. Le premier pansage imparfait, avant l'exercice du matin, mérite à peine d'être mentionné et consiste seulement à débarrasser le cheval de la crotte ou de l'humidité provenant de la litière où il est* couché, et
14Ô LE C&EVAL AKGLAÏS.
qu'ir a inévitablement souillée pendant la nuit. Il faut ensuite unir toute la robe avec un bouchon de foin et puis avec les sortes de gants appelés rubbers. Mais après la promenade la tâche est longue et fastidieuse, afin de parvenir à un double but, le premier est de se débarrasser de toute crasse provenant de l'extérieur ou de la suée séchée sur le poil et obstruant les pores de la peau ; le second objet en vue est d'augmenter par la friction l'activité de la circulation, de sorte qu'elle ne soit pas arrêtée pendant l'exercice violent auquel on soumet ce genre de cheval. Rentrant donc de la promenade, l'enfant arrive à cheval dans l'écurie, tourne le dos de son cheval à lamangeoire. Puis il met pied à terre, ôte les guêtres, le camail, la bride, etc, par le fait tout, excepté la couverture de croupe et la selle. Celle-ci ne doit pas être enlevée de quelque tempb, mais seulement soulevée pour un moment et remise en place. La couverture de poitrail et le devant de celle de croupe sont rejetés sur la selle, découvrant ainsi toute l'avant-main qui doit être bien pansée. A cet ejffet, l'on commence par bien brosser la tête, puis bouchonner avec une poignée de foin tressée à cet effet, et enfin on la sèche avec le rubber. Mais, avant de terminer ainsi, il faut que le cou et l'avant-main soient successivement brossés et bouchonnés. L'on peigne ensuite la crinière et le toupet et on les rabat avec une brosse humide. Quand tout cela est fait, l'on retourne le cheval vers sa mangeoire, on lui met le licol, on l'attache au râtelier et on lui met la muselière par précaution. Presque tous ces animaux à peau fine aiment à mordre, même sans être vicieux, quand on leur brosse les flancs ou même quand on les bouchonne. L'on passe ensuite aux pieds, qu'il faut nettoyer et laver ainsi que les jambes. A cet effet, le garçon prend son seau et sa brosse, épluche l'intérieur des pieds, les brosse, puis lave les jambes en se tenant pendant toute cette besogne sur le côté du cheval. Puis il met une bande de flanelle à chaque jambe et la laisse pendant tout le pansage pour empêcher l'animal d'avoir froid et pour amortir les coups que le cheval se donnera en ruant et résistant, ce qu'il fait constamment et vigoureusement pendant cette partie dé l'opération. Quand cela est fini, l'on ôte la selle. Puis le dos, les flancs, la croupe sont d'abord brossés, puis bien bouchonnés et enfin bien unis avec le rubber. La brosse ne doit jamais s'employer pendant que le poil d'hiver tombe, et l'étrille rarement ou jamais avec les chevaux de pur sang. Le poil gros et
épais pour lequel sert cet instrument ne se voit à peu près jamais chez les chevaux de course, et si Ton en trouve par hasard on le rase bien vite avec les ciseaux ou avec la lampe à esprit de vin. Puis Ton remet la pièce de poitrail et la couverture de devant, en prenant soin de toujours les bien jeter par-dessus le garrot et puis de tirer la couverture doucement sur les reins, de façon à coucher le poil qui, sans cette précaution, se hérisserait dans tous les sens. Puis Ton met le surfaix en doublant la partie longue sur celle qui est rembourrée, et puis quand celle-ci est sur le dos, on jette doucement Textrémité par dessus, de manière à éviter de faire un pli. Puis, on le boucle bien serré et Ton étend le camail sur les reins pour éviter le froid après le travail, mais on ne le laisse pas quand on ferme les écuries. Ensuite Ton peigne la queue. Ton retire les bandes une à une, car elles doivent rester en place jusqu'à ce que le garçon soit prêt à frotter à son tour la jambe encore couverte. Pour cette partie du pansage, le gamin s'agenouille sous le cheval qui dans cette circonstance ne fait jamais de difficulté. L'enfant sèche avec un linge la jambe du cheval avec le plus grand soin, puis il commence à la frotter avec les deux mains, descendant chacune de son côté en passant les doigts dans les creux compris entre le ligament et le tendon. Dès que cette jambe est parfaitement sèche, l'on en dépouille une autre pour la frotter de la même façon jusqu'à ce qu'elles soient arrangées toutes les quatre. Alors le pansage est fini, on remue la litière et on l'égalise avec la fourché, puis l'on donne à manger et l'on ferme l'écurie quant à présent. Il y a des chevaux qui résistent beaucoup au pansage et sont dangereux, si le gamin n'est pas très prudent et très alerte. Mais s'il est doux et ferme, ne montre ni peur ni impatience, mais attend tranquillement que le cheval le laisse faire, presque toujours il se tire d'embarras et le cheval lui permet de terminer sa besogne. Mais quand une fois le cheval a été rendu vicieux par la peur ou la méchanceté du gamin, il devient fort embarrassant, et peu d'enfants peuvent manier un tel animal, s'il est réellement méchant. Alors le clief groom doit se tenir à côté, soit pour le panser lui-même ou pour le tenir en respect pendant l'opération. Mais quelquefois même un homme fait ne peut réussir à faire tout ce qu'il voudrait de l'arrièremain de quelques chevaux irrités par les mauvais traitements. Dans la plupart des cas encore, ces animaux laisseront leur petit surveillant faire plus que tout autre, et l'on a des preuves
iSÔ LE CHEVAL ANGLAIS.
fondées du mérite de Tenfant, si l'on trouve qu'il peut manier sans difficulté un cheval à la peau délicate et au naturel irritable. Quand il est à hauteur de cette tâche et peut monter son cheval suivant les instructions donnés, c'est une bonne acquisition pour n'importe quelle écurie d'entraînement, surtout s'il a bouche close et se trouve disposé à garder pour lui les secrets qu 'il devinera bientôt .
Section II. — Le Chef Groom.
128. — L'ambition du gamin d'écurie est généralement de devenir chef groom , puis peut-être entraîneur à son propre compte, ou bien, d'un autre côté, jockey de profession. Si ces adolescents sont habiles et industrieux et que les bonnes chances se présentent, ils peuvent arriver à n'importe laquelle de ces positions, et quelquefois successivement à toutes les trois. Les garçons qui deviennent promptement lourds et osseux, se trouvent impropres à tout autre emploi que celui de chef groom. Mais, comme il n'y a ordinairement qu'un ou deux hommes employés de la sorte dans chaque établissement d'entrînement, et qu'il y a autant de jeunes garçons que de chevaux , le surplus est obligé de chercher des places ordinaires de groom quand ils ne peuvent plus monter à un poids convenable, qui doit rarement dépasser 6 stones ou 6 st. 7 Ib (1). Toutefois, si le garçon a une bonne tête , s'il se montre toujours digne de la confiance de son maître , il a la chance d'être nommé chef groom de l'établissement, et il a la surveillance de toutes les écuries, aussi bien que la direction des galops et des suées en l'absence de l'entraîneur ou sous ses ordres immédiats. Il ouvre le coffre à avoine, ordinairement donne lui-même à manger à chaque cheval, fait distribuer le foin, . ordinairement en le pesant ou l'estimant à vue pour chaque ration que les gamins auront à porter au râtelier. Outre ces devoirs, il a, dans un grand établissement, plein les mains d'autres occupations, préparant et distribuant les barbotages, les boules médicinales, lesbreuvar ^es, etc., mettant les compresses et ligatures aux jambes, les caustiques (2), les lotions et autres choses continuellement en réquisition. Il doit surveiller le ferrage quand l'entraîneur ne voit pas lui-même une partie si essentielle et qui entraîne
(1) 6 slones = 38k.079. «■
6 Btones 71b. =s41k.252.
(2) Blisters, nous les appelons feux anglais.
LE CHEVAL ANGLAIS. ISl
tant de responsabilité. Dans les très grands établissements, ces devoirs se répartissent entre deux ou trois individus ; dans plusieurs, il y a un commis constamment employé à inscrire chaque galop, chaque suée, chaque sortie de Técurie, chaque ferrage. C'est ce commis qui distribue les médecines et tient note exacte de chaque dose. Sans toutes ces précautions, il régnerait une confusion sans fin dans des établissements où Ton entraîne à la fois trente ou quarante chevaux de différents âges. Car, lorsqu'on s'aperçoit qu'une dose de trois drachines d'aloès ne suffit pas, il faut l'augmenter la fois suivante, et quelquefois la porter à cinq ou six drachmes. Or, si cette forte dose arrivait par méprise à un animal de tempérament délicat, la purgation pourrait entraîner des conséquences fatales ou pour le moins déranger pour longtemps la santé du cheval. Il faut aussi que le chef groom soit un cavalier habile, vigoureux, résolu, et, si son poids est passablement léger, il doit entreprendre le dressage des chevaux qui deviennent trop difficiles à monter pour les gamins. Dans les petits établissements, on lui confie aussi le dressage , mais dans les grands, il y a ordinairement un homme dont la seule occupation est le dressage des poulains et pouliches. Il en a toujours trois ou quatre entre les, mains, ce nombre suffit pour prendre tout lé temps dont un homme peut disposer, si l'on passe d'ùbe fitçon complète et efficace partons les degrés de leur éducation.
Section UI. — Les Jockeys,
La gradation des rangs est très-variée dans cette classe, dans laquelle onirouve des hommes qui ont une fortune considérable, et d'autres sont des gamins d'écurie temporairement promus aux fonctions de jockey. Mille livres, le double et même le triple de cette somme sont assez fréquemment promis fet donnés pour avoir réussi dans l'accomplissement dés ordres donnés sur l'hippodrome d'Epson ou celui de Doncaster. Cependant le prix réglementaire est de trois livres pour un vainqueur. Ces prix sont d'ailleurs réglés pour un jockey trouvé sans emploi sur les lieux. Mais, qiland on le prend régulièrement et à l'avance, l'on fait généralement un arrangement spécial dont les termes varient selon le rang que le jockey occupe datis l'opinion publique. Au premier coup-d'œil, il semble que les sommes que nous venons de citer sont une rénumération trêsàmple pour un travail de quelques minutes, et eUes ôufflsérit,
en effet, quand le jockey est souvent employé et que seshabîtudes le portent à Téconomie. Mais trop souvent c'est Tinverse quia lieu, et le gamin qui tout récemment était nourri de pain et de fromage avec un bon repas de bœuf aux pommes de terre, exige maintenant du vin de Champagne et des plats à la française, dépensant des miUiers de livres aussi vite qu'il les gagne. Les exemples de fortunes amassées dans cette profession ne sont pas nombreux, mais on en a vu, et souvent les possesseurs ont pu fonder des établissements d'entraînement demandant une mise de fonds considérable. Tout bien considéré, et en tenant compte des tentations auxquelles sont exposés les hommes de cette classe , il ne faut pas se hâter de les trouver trop payés, d'autant que ce n'est que dans des cas particuliers, qu'ils peuvent espérer de fortes récompenses.
Il faut d'ailleurs eonger aux dangers de leur profession, dans laquelle on peut à tout moment perdre un membre ou la vie. Les exemples n'en sont que trop nombreux, et, d'ailleurs, le temps pendant lequel ils trouvent à s'employer n'est généralement pas grand. L'énergie nécessaire pour courir à cheval dure rarement longtemps, et la mode ou le caractère inconstant du maître les fait mettre à l'écart peut-être plus tôt qu'ils ne le méritent. En les prenant en corps, les jockeys sont au-dessus de la moyenne des affiliés du turf, car ils sont plus honnêtes que beaucoup de leurs maîtres et il est rare d'apprendre qu'ils aient accepté les pots de vin que l'on s'empresse de leur oflMr.dès qu'ils y consentent. Leurs motifs ne sont peut-être pas d'une grande élévation, puisque leur emploi dépend de leur réputation d'honnêteté et qu'ils n'osent se laisser corrompre; mais en corps ils sont au-dessus du soupçon. Malheureusement, depuis quelques années les ordres de rester en arrière sont devenus si fréquents, qu'il est difficile à un jockey de s'y refuser, et, presque toujours, on s'attend à les voir recevoir les ordres tels qu'on veut les donner, mais il y en a encore qui refuseraient de monter autrement que pour chercher franchement à gagner la course. Dans des courses importantes comme les deux mille guinées, les mille guinées, le Derby, les Oaks, etc.,le jockey monte le cheval pendant plusieurs galops avant la course, mais le plus souvent il n'a jamais enfourché l'animal avant que la cloche de l'hippodrome n'ait sonné pour faire seller. Il est extraordinaire en conséquence qu'ils puissent s'en acquitter comme on le voit dans les courses , mais l'eRtraîneur leur
donne avis des dispositions particulières du coursier, de la meilleure manière de faire valoir ses moyens, de sorte que le coureur n'arrive pas les yeux fermés, et généralement montera en perfection dès la première occasion, s'il est artiste accompli dans sa partie. Mais pour un jeune cheval, il y a toujours avantage à l'avoir eu déjà sous soi, et l'on devrait rarement le donner au jockey sans prendre cette précaution. Dans les courses importantes que nous venons de citer, il n'y a qu'un motif qui puisse la faire négliger, c'est quand on veut laisser le public dans l'incertitude sur le choix du jockey auquel * animal sera confié. Dans tous les cas, en engageant un jockey on le prévient du poids qu'il aura à porter, et l'on est en droit d'attehdre qu'il se présentera au pesage avec ce poids exact, apportant sa selle, mais la bride est ordinairement celle à laquelle le cheval est accoutumé. La tolérance pour un bridon avec une seule paire de rênes est d'une livre, deux pour les brides avec le filet, et pour filet avec doubles rênes et martingale, mais sans mors de bride, ordinairement une livre et demie. Si le jockey dépasse le poids voulu, il doit le déclarer au pesage, d'après les règles du jockey-club. La manière de faire suer et de nourrir les gens de cette profession est presque la même que pour former un pedestrian. L'on trouvera dans un chapitre ad hoc toutes les règles à appliquer pour cet entraînement. 130. — Donner te pied, — Les jockeys, dans tous les cas, et tous ceux qui montent les purs sangs en entraînement, se font aider par une seconde personne qui prend le cavalier par la jambe gauche pliée et le porte en selle. Le jockey ou le gamin se met en face de la selle, prend le pommeau de la main gauche, plie le genou gauche, se donne un élan du jarret droit et se trouve enlevé en selle par la main de l'assistant. Le premier motif de cet usage est d'éviter de déranger la selle qui, petite et légère, ne supporterait pas d'être tirée de côté un peu fortement. Le second motif est d'éviter les coups de pied que le cheval peut donner à ceux qui montent par l'étrier. Avec de grands chevaux et de petits cavaliers le montoîr est difficile et les jambes 4e derrière du cheval ris<j[uent fort de blesser le jockey.