‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 39 sur 62 · LOIS POUR LES COURSKS · texte numérisé non relu

LOIS POUR LES COURSKS

Depms le 19 avril 1858 de nouvelles lois adoptées par !e Jockey -Glub sont en vigueur pour les courses. Il a paru mutila de traduire les sections I et IF de ce chapitre XIII, contenant les anciennes lois et la description des hippodromes.

{JSote du traducteur.)

Section II J. — Principes pour les paris.

135. ■ — Les paris sont certainement une sorte de jeu de hasard et sont poussés à Texcès par toutes les classes de la société. »Nous sommes donc obligés de faire mention ici des principes |8ur lesquels repose ce jeu dont il serait inutile de voulqir ignorer l'existence. H y a deux manières d'engager son argent dans des courses. Sans la première, l'individu base son jeu sur

[ son opinion ou sur les renseignements qu'il ei, obtenus d'autru^. La seconde manière ne demande aucune connaissance des che-

, vaux et se fonde sur des calculs qui ^ la longue mèneraient à un bénéfice certain, si les paris gagnés sur le papier, et argent payé étaient des termes synonymes. Mais aujourd'hui que des gens disparaissent continuellement en faisant faillite, et que d'autres, finalement solvables, font attendre pour le paiement, ce système met souvent les plus habiles d^ns l'embarras.

136. — En principe, il est assez simple ^e parier pour tels chevaux, mais en pratique, il faut que le parieur connaisse les secrets de l'écurie, et constamment on réussit à le tromper. Quand on se fie aux amis, on vous en fait croire de belles, et si on s^en plaint, ils vous répondront peut être « qu'aujourd'hui » il ne faut pas espérer mettre dedans ses ennemis, et qu'il faut » bien que ce soient les amis qui pâtissent. » En conséquence, à moins qu'un parieur ne soit en rapport avec une écurie influente ou qu'il ne possède quelque moyen particulier d'infor-

; matîon, à la longue, il est sûr d'être victime. Voilà pourquoi il y en a si peu qui continuent longtemps cette spéculation, à moins de se trouver dans les catégories précitées. L'on peut

, faire quelques bons coups et peut-être empocher quelques mille gainées et un Derby ou à un Saint-Léger particulier, mais cet

or retourne bientôt à son point de départ, et souvent avec gn intérêt.

137. — L'art de faire un livre. « Parier à la ronde ou fai^ des paris de proportion sont des termes à peu près synonyme bien qu'il n'arrive pas toujours que celui qui fait des paris i proportions, fasse aussi un livre. Quelquefois il arrive qu'l joueur établisse des proportions contre un animal que Ton ij veut pas faire courir, ou contre un autre atteint d'un je incurable, ou tout à, fait mort, et pourtant si les conditions de^ course sont « courir ou payer ^ » il recevra le prix de son pai La nouvelle règle citée, page 7 , a pour but d'obvier à cet état <{ choses. Le principe pour /iaire un livre est de parier une sonm fixée contre tous les chevaux engagés dans la course, ou t moins contre autant de chevaux que possible, et si le pariée peut faire le tour de la position (1), c'est-à-dire parier contre à sez de chevaux pour couvrir avec surplus les proportions ofifez tes contre chacun en particulier, il est sûr de gagner (sur^ papier). Dans ce mode de pari, le grand point à désirer, c'e qu'un cheval peu connu remporte la victoire. Au moment c Von fait le livre^ le favori est le cheval le plus désavantagent cependant, s'il ne vient que d'acquérir ce titre, il peut être À des plus profitables. Ainsi, en supposant que le parieur fad ce que l'on appelle un livre de cent livres sterling, c'est-à-dîl qu'il parie cent livres sterling contre chaque cheval au taux d jour, il aura soin de n'offrir contre aucun cheval une propoi tion excédant la moitié des animaux engagés, ou en supposai vingt coureurs inscrits, dix contre un. La raison en est qu'il a rarement plus de la moitié des chevaux pour lesquels l'c parie, et en conséquence le parieur ne pourra faire le tour i toute la liste, mais en prenant la moitié comme la proportio probable, il sera assez en sûreté, et s'il peut arrivera un nom bre excédant la moitié cela n'en sera que meilleur pour lui. 1 table suivante montre les cotes des paris dans la semaine qui précédé le dernier Derby, qui d'ailleurs pour différentes raisoï ne fut pas l'objet de beaucoup de paris. — Nous écrivons e nombres ronds.

(1) Parier à la ronde, faire le tour etc., métaphore usitée pour ce geni de pari, parce que Toa cherclie à parcourir toute la liste do cbevau Inscrits,

17 mai.

Paris, pour le

Dd Dayrell. . .

t Clare

rd of the Isles.

|leman

llterer

pgstown ....

listonc

I Hubert ....

flstone

mnie Morn. . .

jacculus £. . . .

!ood

mhams

tion Coït. . .

eram

Derby.

5 contre 1

ir

Inscrits sur nn livre de £1000.

£1.000 contre £200

lit

'on verra ici qu'à la date où. fut établie la table ci- dessus, ait impossible à un entrant de faire un livre certain, parce , d'après les proportions courantes, les recettes du livre le élevé ne pouvaient monter qu'à 1,090 Uv. 15 sch., d'où il it fellu encore déduire la mise d'un cheval et encore 00 liv. Le parieur supposé avoir fait ce livre a donc perdu liv. 5 sch. Mais comme il est probable que, dans le courant l'année, il a dû parier contre vingt autres chevaux, dans la (oportion de 50 contre 1 ou 1,000 liv. contre 20 liv., il lui iendra 400 liv., moins 109 liv. 5 sch. Si vous en défalquez ore les chances de trouver de mauvais payeurs, etc., vous uverez une faible compensation pour la perte de temps et «frais de déplacement. Cependant, même avec une mauvaise pée comme la présente, ce livre donne sur le papier un gain |rtain, et un homme soigneux ne peut perdre à ce jeu que |B-à-vis de débiteurs de mauvaise foi. La colonne de gauche pt voir qu'il est désavantageux de mettre la même somme •fies différentes proportions, puisque, dans ce système, le pa- Kurpeut avoir à payer 100 liv., et n'en recevoir que 16. «ns l'année actuelle, il aurait risqué de perdre la somme pré- «te, et en fait aurait gagné 11 liv., différence entre 5 hv. à l*jer en raison du triomphe de Will "Dayrell, et 16 liv. à ré- «mer aux seize chevaux perdants, sans compter, bien en-

158 LE OHfiYAL AKOLAIfi.

tendu, les sommes reçues pour d'autres chevaux contre M quels le joueur a dû parier dans le courant de Tannée. Si doni le parieur se contente de te petit jeu, il doit toujours néai moins avoii* sôiti d'établit son livre âui* le même principe qil le livre de 1,000 liv. donné ci-dessus, c'est-à-dirè qu'il d^ toujours parier Ja môme sommé dan3 les. grandes proporticMi et feire varier les petites. Tel est le principe sur lequel on a( preild à faire les Uvrei ; il ne demande audune connaissance à chfevaux, mais seulement une certaine rapidité de calcul. I pratique, on y met de la variété. Les uns qui aiment le jl sùf, se contentent d^en^ager 1,000 livres contre chaqji chôval, lorsqu'il commence à être coté, tandis que d'autil remplissent leur livre, et immédiatement en recommencent i autre, et comme ils sont sûrs d'avoir de l'argent comptant, 1 l'engagent en pariant deux fois contre les chevaux auxqufl ils ne croient aucune chance. Toutefois y le principe est toï jours lé même, savoir de ne jamais engager son argent sal avoir la certitude de i*ecetoir des chevaux perdants, plus qil' ne faudra payer au vainqueur.

138. — Mais en outre de ce simple principe pour l'établisS ment d'un livre, il y en a un autre qui s'appelle Hedging f border j se protéger^ se fermer, etc.). Il résulte des renseig» ments certains que l'on a pu prendre sur une écurie. Ainsi, parieur qui sait que le cheval A est en bonne voie de progH accepte 1^000 contre 20 pendant l'automme, et quelquefois < fait autant avec deux autres chevaux, par suite d'information positives. Avec le temps et peu avant le moment des coursd l'un d*eux est rayé du livre, par suite d'un accident, ce ql s'inscrit comme perte de 20 liv. contre A ; B est à 5 contre \ tandis que C est à 2 contre 1 . Maintenant voici la position i cette transaction :

Sur A, il est sûr d'une perte de 20 liv.

Si B gagne, il recevra 1,000 Uv. et en paiera 500, — b lance dé 500 liv. en sa faveur.

Si B. perd, il recevra 50 liv. et n'aura que 20 liv. à'pay« balance favorable de 30 liv.

Si C gagne, il recevra 1,000 liv. et paiera 500 liv., — bi lance favorable de 500 liv.

Si C perd, il recevra 250 Uv. et aura 20 liv. à payer, balance favorable de 230 liv. t)e sorte, qu'en somme, ses bé néfices seront très-considérables*, pourvu que ses renseigne

LE CâËVÀL ANGLAIS. 159

mente Ife mènent à de bcins résultats deux fois sur troiâ, ce ^ue Ton peut fort bien supposer.

Dé nos jours, il n'y a que la mort avant là course du propriétaire qui a présenté le cheval, qui annule le premier dfe ces calculs, ou bien la mort ou Taccident grave arrivé au poulain avant le hedging, mais si les projets de changement dans la loi viennent à être adttiis, c'est-à-dire qu'il n'y aura de plari que quand un cheval courra pour votre argent, alors ces livres devront être refaits sur un autre modèle. Personne ne pourta faire un livre certain, parce qu'il ne saura jamais quels seront les paris qui tiendront et ceux qui seront annulés quand des chevaux ne se présenteront pas au départ. D'un autre côté, cela mettra un terme à l'extrême démoralisation qui rend indispensable ce nouvel état de choses.

[ Section V, — Manière de monter dans les courses.

151. — Jockeys de profession. — En examinant le livre déjà t cité, intitulé Guide de Ruff^ l'on verra qu'il y a cette année* i209 jockeys engagés pour les courses ou attendant de l'empld. ,fl y en a beaucoup qui ne montent que pour une seule écurie, (OÙ ils sont employés comme petits palefreniers d'un rang supérieur, savoir, à coxu-ir des épreirs^es, conduire des pistes de igalop ou administrer des suées. L'on ne peut obtenir leurs ser- ^vices qu'avec l'agrément des maîtres qui les ont engagés. D'ati- , ^j fort recherchés des amateurs, ont au moins neuf oti dix i engagements à la fois, ayant un premier, second, troisième et , quatrième maître autorisés à réclamer leurs services à leur itoar. Nous avons déjà parlé plus haut de l'éducation et des émoluments du jockey de profession.

162. — La définition « Gentlemen Jockeys » est très-vague et ! insuffisante. Quelquefois elle va plus loin en limitant les choix aux membres de certains clubs, aux officiers de l'armée ou de , la marine, etc. Tout individu qui a monté pour une sonmie supérieure à ce qu'il faut pour couvrir ses dépenses, est considéré comme homme du métier et se trouve être soumis aui surcharges qui concernent cette classe.

153. — Pour courir sur l'hippodrome, amateurs ou jockeys devraient se diriger d'après la même doctrine, dont voici les points essentiels. — II faut d'abord une bonne et solide assiette,

secondement des mains habiles, troisièmement im sentiment parfait de Tallure, et enfin de la tête pour tirer parti de ces éléments de succès. L'assiette du jockey est toute particulière et il se tient différemment de tous les autres cavaliers. Son but est en effet uniquement de mettre son cheval très à Taise et de le laisser galoper en le gênant le moins possible par son poids, n ne fait sentir Faction du mors que juste assez pour tenir son cheval assez rassemblé pour éviter ce style à tire d'ailes qui détruit tout de suite les chances d'un cheval. Mais ceci n'est que l'A, B, C de l'art, et quoique cela comporte des degrés sans nombre, cependant presque tous les jockeys ont une assez bonne assiette pour faire ce que nous venons de décrire. Les mains ne laissent également guères à désirer, l'éducation d'enfance et la longue pratique de chacun l'a rendu maître de la bouche de son cheval, et encore sur ce point y a-t-il bien des nuances. En somme le mérite d'un jockey réside dans sa tête, qui doit combiner le plan de campagne à suivre, et cela sans perdre une seconde, après les événements qui motiveront décision. Il est vrai que le plus souvent le jockey a d'avance Tordre d'attendre ou de prendre les devants, mais cet ordre est conditionnel ou devrait toujours l'être, quand le jockey est un artiste expérimenté. En fin de compte, même quand des ordres positifs ont été signifiés, il survient de petits accidents sans nombre qui font appel au courage, au talent et à la présence d'esprit du jockey. Tout d'abord, au départ il doit être toujours prêt à saisir le mot sacramentel, sans toutefois éprouver d'excitation qui se communiquerait au cheval et l'inquiéterait. D'un œil il doit voir le commissaire et les chevaux engagés, de l'autre son propre coursier, il attend le mot et alors part rapidement si ses instructions le lui prescrivent, ou bien reste troisième ou quatrième, toujours selon son jxigement ou ses instructions. Bien des choses dépendent encore du caractère du cheval qu'il a sous lui, car en dépit des ordres contraires, s'il slaperçoit qu'il perd ses chances en le maintenant second, il doit le laisser courir en tête jusqu'à ce qu'il puisse le calmer et TétabUr à la place prescrite. C'est ici que l'homme qui a de la tête se distingue plutôt par son audace à braver les ordres reçus, que par une observation servile qui mènerait à la destruction de ses chances de victoire. Il est encore fort essentiel d'éviter ae perdrez du terrain, mais cependant cela dépend encore plus des mains que de la tête, excepté quand le jugement doit

rous mettre à même de dépasser un groupe de chevaux, ^ors il faut décider si Ton passera en dedans, en dehors [iu au travers, et souvent le destin de la course dépend du parti que Ton prendra. Quelquefois il est impossible de passer RU travers, et toute tentative en ce genre devient fatale ; d*aules fois , rhomme expérimenté découvre que tous ou presque tous les chevaux du groupe sont épuisés et ne peuvent fitire ftchouer le projet. Ils ne resteront pas tous en arrière à la fois, et, l'un après Tautre , laisseront une place dont il s'emparera aisément. Enfin, arrivé au premier rang, le jockey doit déployer Bon talent en finissant au bon moment et de la bonne manière. A cette période de la course , son cheval peut être le plus frais et le plus courageux de la bande , cependant avec un léger manque de vitesse; alors il commence à rouler en temps opportun et gagne en faisant valoir le fonds de son coursier, et peutêtre enfin avec un large emploi du fouet et de l'éperon. Ou bien le cheval est le plus vite pour une courte lutte, mais ne convient évidemment pas pour une longue course. Alors le jockey doit chercher à se tenir à une courte distance en arrière jusqu'au dernier moment, s'il peut espérer que les chevaux de tête s'épuiseront à son profit en luttant depuis le départ les uns contre les autres. S'il peut seulement voir commettre cette faute à ses adversaires, sa chance n'est pas encore perdue, il sent la bouche de son cheval, le rassemble et le tient prêt à lutter contre les chevaux de tête ; puis , quand il croit qu'il peut les rejoindre au poteau, il communique un élan auquel son pauvre coursier fiitigué, quoique vite, peut à peine suffire, il arrache la victoire, mais est dépassé souvent à une longueur de cheval du poteau d'arrivée. D'un autre côté, le jockey maladroit, comme le gentleman ignorant du métier, commence par planter les éperons dans le ventre de son cheval, de peur de perdre du terrain au début, ce qui étourdit le cheval et le fait changer de pied, il se trouve mal à l'aise dès le principe. Malgré cela, le coursier intrépide se remet et répond à l'appel de son cavalier pour gagner la tête^ il y arrive après une lutte vigoureuse; alors le jockey se souvient que ses instructions lui prescrivent de rester second ou troisième ; le voilà à retenir son cheval et peut être à le faire encore changer de pied. Derrière lui, un rival expérimenté découvre tout cela et se porte à sa hauteur. Tout alarmé, le voilà en lutte et forçant contre cet adversaire. Celui-ci, qui ne veut pas excéder son cheval , s'empresse de céder et a

182 > LB CHmrÂL anglais;

rempli eon but. On ne laisse pad longtemps tranquille un â pauTre coureur, un autre adversaire voit qu'il peut lui jeuer le même tour et ne manque pas de le faire, jusqu'à ce qu'enfin avec le meilleur des chevaux engagés, h cent yards du but, il ne peut plus garder sa place, et au lieu de gagner facilement sans fouet ni éperon, il ne peut plus faire répondre son cheval aux attaques les plus terribles qu'il essaye avec ces moyens de ri gueur. Il finit par arriver, fouaillant et éperonnant, les rênes lâches, son cheval développé au dernier degré et lui-même mortifié et épuisé. Quand on a constamjnent des scènes pareilles sous les yeux dans les hippodromes où se montrent les gentlemen jockeys, il ne faut pas s'étonner si ces courses ne sont pas du goût du public, et si l'on finit par trouver qu'une surcharge de sept livres pour le jockey de profession ne met pas le gentleman à son niveau. Il y a toutefois dans cette classe des gens qui peuvent gouverner un cheval d'une main ferme et avec sang-froid, mais ils sont rares, surtout parmi les poids légers. Aussi les courses d'amateurs sont presqu'une lettre morte , et l'hippodrome est dévolu aux gens du métier.

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