‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 47 sur 62 · THBOBIE DE LA GENERATION ET PRINCIPES GENERAUX · texte numérisé non relu

THBOBIE DE LA GENERATION ET PRINCIPES GENERAUX

DE l'élevage.

Section r^ — Théorie de la génération,

242. — Avant d'arriver aux arrangements pratiques du haras, il est bon de fisdre connaître ce que l'on sait des lois sur la génération des animaux supérieurs. Voici ces lois :

P Dans tous les animaux supérieurs l'union des sexes est nécessaire pour la reproduction, le mâle et la femelle prenant leur part respective.

2^ Le rôle du mâle est de sécréter le semen dans les testes et de rémettre dans Tutérus de la femelle où il vient en contact avec l'ovum de la femelle, qui sans cela serait demeurée stérile.

3® La femelle forme Tovum dans l'ovaire et à des époques régulières qui varient selon les animaux différents, il descend dans l'utérus, pour y fructifier en recevant le contact et le stimulant de la cellule spermatique du semen.

4® Le semen consiste en deux portions, les spermatozoa qui ont une faculté automatique de se mouvoir d'un endroit à un autre, qualité à laquelle on attribue la pénétration du semen dans l'ovum, et les cellules spermatiques, dont le rôle est de coopérer avec la cellule germinale de l'ovum à former l'embryon.

5® L'ovum consiste dans la cellule germinale destinée à faire partie de l'embryon et du jaune qui le nourrit jusqu'à ce que les vaisseaux de la mère prennent cette tâche, ou dans les oiseaux ovipares, jusqu'à ce que l'éclosion commence et que l'on puisse obtenir la nourriture extérieure. L'ovum descend çl^ps

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Tutéruâ par ]a contractilîtê des trompes de fallope, et par suite n'a pas besoin comme le semen de particules en mouvement automatique.

6** L'embrj'on ou jeune animal est le résultat du contact du zemen avec Xovum^ immédiatement après lequel la cellule spermatique du premier est absorbée dans la cellule germinale du second. Là dessus une tendance à l'augmentation ou à la croissance s'établit et s'entretient au moyen de la nourriture, contenue dans le jaune de Vovum, jusqu'à ce que l'embryon se soit attaché aux murailles de l'utérus d'où il absorbera dorénavant la nourriture au moyen du placenta.

7° Comme le mâle et la femelle fournissent chacun leur contingent à la formation de l'embryon, il est raisonnable de présumer que l'un et l'autre seront représentés en lui, ainsi que la nature nous le fait voir; mais comme la nourriture de l'embryon dépend entièrement de la mère, l'on peut s'attendre à voir la santé du produit et sa force de constitution plus en accordance avec l'état de la mère qu'avec celui du père. Cependant, puisque le père fournit une moitié du germe primitif, il n'est pas étonnant qu'à l'extérieur et dans l'ensemble on retrouve jusqu'à un certain point son foc simile.

8® L'ovum des mammifères diflfère de celui des oiseaux en ce que chez ces derniers, le jaune est beaucoup plus gros, par la raison qu'il doit fournir à la croissance de l'embryon depuis l'époque de l'entière formation de l'œuf jusqu'à l'éclosion. D'un autre côté, chez les mammifères, le placenta apporte à l'embryon sa nourriture en la tirant de la surface interne de l'utérus, pendant tout le temps qui s'écoule entre la conception et la naissance, et que l'on appelle gestation utérine.

9^ Chez tous les mammifères, il y a une chaleur périodique indiquée chez la femelle par certaines évacuations et quelquefois par d'autres symptômes remarquables chez le mâle. Chez toutes les femelles en santé, il est suivi par la descente de un ou plusieurs ovum dans l'utérus. Dans les deux sexes il y a un violent désir d'accouplement qui chez ces animaux n'a jamais heu qu'à cette époque.

10® Le semeh conserve pendant plusieurs jours sa qualité prolifique, s'il est renfermé dans les parois de l'utérus ou du vagin, mais dans tout autre récipient il cesse bientôt de pouvoir produire. Par conséquent, bien que le dernier temps du rut soit le meilleur pour l'union des sexes, à cause de la des-

centé de fovuniy cependant encore, si le eemen pénètre le pr«tiiîèr dans Tutérus, il peut encore féconder, parce qu*îl s'y conserve jusqu'à la descente de Vovum.

IP L'Influence du mâle sur Tembryon dépend en partie du fait de la substance qu'il fournit dans la forme de la cellule spermatique, mais aussi en grande partie de l'effet exercé par lui sur le système nerveux de la mère. Il s'en suit que la prépondérance de l'un ou l'autre des parents dépendra en

ftaride partie du plus ou moins de force du système nerveux e chacun. On ne connaît aucune loi générale pour mesurer cette force, et Ion ne sait rien de celles qui régleront le tempérament, la force physique et morale, la robe, ou la conformation du produit à venir.

12® Les qualités acquises se transmettent^ qu'elles proviennent du père ou de la mère, au physique comme au moral.

Comme les mauvaises qualités se transmettent aussi facilement que les bonnes, si ce n'est plus, il est nécessaire poui* améliorer les races de choisir des mâles exempts de défauts et pourvus de bonnes qualités^ Il est connu par expérience que les bonfies ou mauvaises particularités des pères et mères de l'étalon et de 1^ jument doivent probablement reparaître dans les produits de ceux-ci, tout aussi bien que celles des parents immédiats, chez lesquels ces quaUtés se trouvent à l'état latent; de là vient, pour les éleveurs, la règle que le semblable produit son semblable ou la ressemblance de quelque au^ cêtre.

13** Plus le sang est pur, c'est-à-dire moins mélangé, plus il a de chances pour être transmis sans altération à la progéniture. Il s'en suit que les produits rappelleront généralement le plus celui de leurs parents dont le sang est le plus pur. Mais comme le mâle est ordinairement mieux choisi et de sang plus puf que la femelle, il s'en suit que le plus souvent il exerce plus d'influence qu'elle. L'inverse arrive quand le sang de la jument est plus pur que celui de l'étalon.

14* LeÉ craisemenls en dedans (1) sont nuisibles à l'homme et ont toujours été défendus par la loi divine, aussi bien quepaf prtMque tous les législateurs de l'univers. D'iin autre côté ces etoÎBements sont très-fréquents dans l'état de nature, parmi les ttiiimitUx qui vivent en troupeaux. Chez eux le mâle le plus

;l) Alliances in eslucuscs ou très-rapprochécs.

LB cheval AN0LAJ8. 355

fort garde ses filles et ses petites-filles jusqu*à ce qu'il soit privé de son harem par des rivaux plus jeunes et plus forts. L'on peut en conclure que chez ceux de nos animaux domestiques qui par nature sont portés à vivre en troupe, il est raisonnable de penser que les unions en dedans ne sont pas préjudiciables^ En effet elles sont conformes à leurs instincts naturels, si on ne les pousse pas artificiellement plus loin que la nature n'eu donne l'exemple. Maintenant, nous trouvons que dans la nature ces unions s'étendent ordinairement à deux croisements consé** cutife du même sang, la vie de l'animal servant de limite. C'est un fait remarquable, que l'on est arrivé par la pratique à une conclusion qui coïncide exactement avec ces lois naturelles. La règle posée par M. Smith, dans son livre sur l'élève des che* vaux de course, est « une fois en dedans et une fois en dehors; * mais l'on verra plus loin que deux fois en dedans est plus d'ac* cord avec la pratique de ceux de nos éleveurs qui ont le plus de succès.

15^ L'influence de la première fécondation semble s'éten* dre aux suivantes, cela a été prouvé par plusieurs expériences et se remarque spécialement dans l'espèce chevaline. Dans la série de modèles conservés au musée de l'Ecole de chirurgie, les marques du Quagga mâle uni avec une jument ordinaire se sont continuées pendant trois générations, au-delà de celle où le Quagga avait servi de père, et elles sont assez apparentes pour ne pas laisser sur cette question l'ombre d'un doute.

16** Quand quelques uns des éléments, dont se compose un étalon, sont en concordance avec quelques autres faisant partie de ceux de la jument, ils se combinent d'une façon tellement sympathique , que cela s'appelle une rencontre (1). Quand, au contraire, ces éléments sont trop disparates, l'ani-* mal qui en résulte se trouve impropre à la besogne que Ton attendait de lui.

Section II. — Unions en dedans.

243. — En examinant soigneusement les généalogies de nos chevaux les plus remarquables dont j'ai donné la table à la page 21 et aux suivantes, Ton verra que dans chaque cas particulier, il y a toujours quelque alliance en dedans, et, chez la plupart des plus illustres, ce mode a été considérablement

(1) En anglais bit, tin coup, un choc.

256 LE CfîEVAL AKGLAIS.

pratiqué. Il est difficile de dire quelles sont les généalo^es qtà en sont exemptes et où commence Tunion en dedans ; car dans presque tous les cas, il y a plus ou moins de parenté entre k père et la mère de chaque cheval de pur sang ; du moins je n'ai pu trouver une seule exception. — Ainsi, par exemple, en voyant la table de Harkaway, à la page 26, qui résulte de Tun des croisements les plus éloignés qu'il y ait au Stud-Book, nous trouverons que son père et sa mère descendaient l'im et l'autre d'Eclipsé et d'Hérode par trois ou quatre courants de chaque côté, comme on peut le voir à la colonne de droite. La même observation s'applique à Alarm, qui est aussi le résultai d'un croisement très-direct, et en fait, quelque généalogie que vous analysiez, le résultat sera qu'au cinquième ou sixième degré la masse des producteurs se composera d'Eclipsé, Hérode, Matchem ou Regulus. Un cheval ne remonte pas à ce8 ancêtres par une seule ligne, mais par six ou sept et quelquefois par presque tous ses aïeux, d'où l'on peut conclure que tous les chevaux modernes sont plus ou moins proches parents; mais lorsque nous parlons d'unions en dedans, nous entendons une parenté bien plus rapprochée, comme cousins au premier degré et au plus au deuxième et troisième. Je crois que l'on trouvera que ce degré de parenté est désirable, si on n'en abuse pas, et qu'un grand nombre de nos meilleurs chevaux modernes ont été ainsi obtenus.

244. — Exemples de succès par cette méthode. Les premiers chevaux de course, au commencement du XVIIP siècle , provenaient notoirement de croisements en dedans, et M. Smith, dans son livre sur l'élève du cheval de course, nous en donne plusieurs exemples décisifs : les deux Childers, Eclipse, fianthos, Wiskey, Anvil, Boudrow, et par le fait presque tous les chevaux de cette époque étaient le produit d'aillances en dedans, et quelquefois, comme dans le cas de la mère de Leedes, jusqu'à l'inceste. A la page 47 de ce traité, on conseille à l'éleveur de croiser une fois en dedans, et je vois que l'on n'a jamais donné un meilleur avis, seulement, je trouve qu'il n'a encore que la moitié des» portée. Mais en raison des effets nuisibles des unions en dedans au sein des familles humaines, il s'est élevé des préjugés contre ce système, et leur résultat a été très-fâcheux en rejetant les éleveurs dans le système opposé. J'ai déjà montré que dans la nature, les alliances en dedans prévalaient dans les animaux vivant en troupe, comme les chevaux et les chiens, et je vais

essayer maintenant de renforcer Targument de M. Smith par des exemples modernes. L'on doit se rappeler qu'il cite le sang d'Hérode et celui d'Éclipsé comme ayant rencontré^ dans un grand nombre de chevaux, comme Whiskey , Waxy , Coriander, Precipitate, Calomel, Overton, Gohanna et Beninbrough qui étaient issus de juments filles d'Hérode, [et d'étalons fils d'Éclipsé. Mais il faut savoir aussi qu'ÉcUpse et Hérode descendent tous les deux de l'Arabe de Darley , l'un du côté de son père, l'autre par sa mère; et, dans ces circonstances, il n'est pas étonnant qu'il y ait eu rencontre, s'il est vrai qu'il y a avantage à unir en dedans. Ce système d'aillances doit être considéré sous deux points de vue savoir : Pour produire des vainqueurs dans lès courses, puis pour avoir de bons étalons et de bonnes poulinières ; mais bien que par cette méthode on arrive aux deux résultats, c'est surtout pour le second objet que |l'on doit le recommander.

245. — Parmi les chevaux de notre siècle, les exemples suivants démontreront cette proposition, on pourrait y ajouter un grand nombre d'autres noms moins illustres.

1®"" Exemple. En 1827Mathilda gagna le Saint-Léger avec une grande supériorité, et prouva qu'elle était une jument àt premier ordre en battant un champ nombreux de bons chevaux. Elle était fille de Juliana, produit de Gohanna (fils de Mercury et d'une jument d'Hérode) et de Platina (fille de Mercury et d'une autre jument d'Hérode). L'on voit donc que la mère de Mathilda était le produit du frère et de la sœur,

2® Exemple. Cotherstone (vainqueur du Derby) et Mowerina (mère de West Australian) sont le produit de cousins au premier degré. (Voyez table 28).

3® Exemple. Touchstone et Verbena, père et mère d'Ithurîel, étaient cousins au deuxième degré^ partant de Selim et de sa sœur. (Voir table 67) (1).

4® Exemple. Priam est un exemple de succès par l'union en dedans après une série de non valeurs, par le croisement au dehors. Sa mère Cressîda fut donnée successivement à Walton, Haphazard, Orville, Wildfire, Woful, Phantom, Seud, Partisan, Little John et Waterloo sans obtenir un produit remarquable. A la fin, servie par son cousin Emilius, elle pro-

(1) Priam fut renda aux Américains pour une somme énorme.

{NoH du tradueuuTt)

'268 LB CHBTAL ANOLAIS.

duisit'Priam. Emilius était fils à*Orville^ qui n'avait rien fidt de bon avec la même poulinière, parce qu'il n'était point parent. Priam et Plenipotentiary étaient, l'un et l'autre, fils d'Emiliua, mais ce dernier était le produit d'un croisement complétem ent en dehors, mais Priam, au contraire, était le produit d'une alliance en dedans sur Whiskey, qui était père de sa mère Cressida et arrière-grand'père de son père Emilius. Eh bien , ces deux chevaux furent l'un et l'autre des coureurs extraordinaires, mais Plenipotentiary est à peine arrivé à la moyenne comme étalon, tandis que dans le peu de temps qu'il est resté en Angleterre, Priam s'est acquis comme père une renommée impérissable. (Voir tables 17 et 26).

5® Exemple. Stockwell et Rataplan sont tout aussi remaiv quables par leur descendance au même degré de Whalebone, Whisker et Web, juste les mêmes frère et sœur que dans le cas d'Andover, avec une infusion du sang de Selim, par Glencoe, père de Pocahontas. (Voir Table 29.)

Exemple 7. Orlando a encore une plus grande infusion du sang de Selim, sa mère se trouvant petite-fille de ce cheval et arrière petite-fille de Castrel (frère de Selim), tandis que son père Touchstone est un arrière petit-fils du même cheval. Ici les alliances en dedans ont été portées à tout leur développement, Vulture ayant été le produit de cousins au premier degré et ayant été saillie par un cousin au deuxième degré^ venant de la même souche, et le résultat a été, comme chacun sait, l'étalon le plus remarquable de son époque. (Voir table 24.)

8^ Exemple. Comme exemple de la valeur comparative de deux étalons, l'un d'alliances plus en dedans que l'autre, voyex Van Tromp et Flying Dutchman, tous les deux fils de Barbelle. Ces deux chevaux sont parents par Buzzard, mais Plying Dutchman descend aussi de Selim, et cela par son père et sa mère, Selim étant bisaïeul de Barbelle et grand-père de Bay Middleton. Eh bien, l'on ne peut mettre en doute que Van Tromp ne soit comparativement un insuccès, et que Flying Dutchain ne soit jusqu'à présent très heureux comme producteur, comme on devait s'y attendre, parce que sa mère unit le sang plein de fonds de Catton etOrville avec celui de Selim, et c'est ce courant énergique qui, rencontrant encore le même Selim, donne Bay Middleton.

9® Exemple, Weathergage présente encore un succès de ce mode d'élevage, son père et sa mère prennent également du

LB CHEVAL ANaLAIflé 869

sang* de Muley et de Tramp, et Miss Letty^ sa grand-mèrê, étant fille de Priam, petit-fils d'Orville, le père de Muley, et issue également d'une fille de ce même étalon (jument par conséquent produite très en dedans). Weatherbit,'père de Weathergage, réunit aussi le sang des deux sœurs Eleanor et Cresiiida. (Voir la table 26.)

10® Exemple. J'ai déjà cité quelques exemples du succès des unions entre le sang de Whalebone et celui de Selim ; Ton peut encore remarquer à ce sujet le cas de Pyrrhus P'. Ce cheval est fils d'Epirus, petit-fils de Selim , sa mère est Fortress, arrière petite-fille de Rubens, frère de Selim. Pyrrhus se trouve encore produit en dedans, relativement à Whalebone, sa mère est fille de Defence. Cet étalon était fils de Jewess, petite -fille du même Whalebone (Voir table 74.)

11® Exemple. Safeguard est produit exactement de la même feçon, mais cependant il y a encore un degré de parenté plus rapproché entre son père et sa mère. Il est fils de Defence (fils de Défiance par Rubens), et d'une jument par Selim, frère de Rubens. Cette jument descend en outre de Tarabe gris de Wellesley. Le plus grand succès que je connaisse, provenant des alliances très en dedans^ c'est le clieval de steeple-chase Vainhope. Il est fils de Safeguard (petit-fils de Selim) et arrière petit-fils de Rubens, par sa mère, elle-même fille de Strephon, fils de Rubens ; son fonds et la netteté de ses membres, sa santé en général sont trop connus pour exiger des commentaires, et il peut servir de forte preuve en faveur de Talliance en dedans pour la seconde fois.

12^ Exemple. Un cas presque aussi remarquable est celui de Knight bf St-George, par Birdcatcher, fils de Sir Hercules; sa mère est petite-fille de ce dernier étalon, et dans sagrand'mère il y a encore une plus grande infusion du sang de Waxy. Ces deux derniers exemples sont les cas les plus remarquables que je connaisse dans les chevaux modernes d'unions très en dedans^ mais comme ni Tun ni l'autre ne sont tout-à-fait de première classe, ils ne viennent pas tant à l'appui de cette doctrine que quelques-uns des chevaux cités avant eux. Néanmoins, ces pro* duits de proches parents prouvent au moins que cette pratique peut produire de bons chevaux.

13^ Exemple. Le Saddler, qui est remarquable par le fonds, sinon par la vitesse de ses produits, a été le résultat de Talliaûce

260 Lis CHEVAL AiïQLAIâ.

de cousins au deuxième degré, il descend des deux côtés de Tétalon Waxy.

14® Exemple. Chatham, qui est un bon cheval, si jamais il J en a eu, est fils de Colonel, petit-fils de Whisker. Sa mère esl Hester, par Camel, fils de Whalebone, frère de Whisker; il esl donc le produit de cousins au premier degré. Ces deux chevaux faisant les exemples 13 et 14, unissent le sang de Waxy el celui de Buzzard.

15® Exemple. Sweetmeat a de la valeur comme étalon, non-* seulement parce qu'il descend de Waxy par unions en dedans^ mais parce qu'il possède beaucoup du sang de Prunella, dont il descend par trois branches, savoir Parasol, Moses et Waxy Pope.

16® Exemple. Grâce Darling (mère de The Heropar Ches^i terfield) provenait de cousins au second degré, son père et s* mère descendant tous les deux de Waxy. Il n'est pas étonnant qu'elle ait produit un cheval aussi vigoureux que The Hero, puisqu'elle combinait le sang de Waxy, Priam , Octavian e^ Rubens. Son père et sa mère étaient aussi cousins au troisième degré par Cœlia.

17® Exemple. Wild Dayrell, vite comme il l'est, peut attribuer ses moyens extraordinaires à une réunion du sang de Vélocipède qui existe dans les veines de son père et de sa mère, et aussi à la descendance de SeUm et de Rubens, qui étaienfn frères et qui sont ses bisaïeux paternels et maternels.

18® Exemple. Cowl, par Bay Middleton et Crucifix, est le produit de cousins au deuxième degré. Le père descend de JuHa, la mère de Cressida, toutes les deux sœurs de cette célèbre Eleanor, qui a gagné le Derby et les Oaks. Il y a encore un courant du sang de Whiskey par Emilius, de sorte que Cowl provient de Whiskey par deux croisements en dedans. Ce serait une curieuse expérience que de faire saillir quelque descendance de Muley, comme Alice Hawthorn ou Virginia, et d'infuser ainsi les trois sœurs en un seul animal. L'on introduirait ainsi un troisième courant du même sang, après avoir croisé en dehorSy de temps en temps. Il faut aussi se souvenir que Young Giantess , ancêtre de toutes ces juments ainsi que de Sorcerer, provenait de cousins au deuxième degré, et que chacun de ces cousins au deuxième degré était le résultat d'une alliance de même nature, ayant Godolphin pour grand père maternel et paternel.

246. — Les poulinières dont les noms suivent peuvent être examinées avec attention, et Ton peut comparer leurs produits par leurs proches parents avec ceux qui n*ont qu'un lien éloigné. Cette parenté éloignée commence, ainsi que jeTai démontré, à tous les chevaux modernes. L'on trouve ici une meilleure preuve en faveur des alliances en dedans que les succès de quelques coureurs isolés.

1®*" Exemple. Une des poulinières qui a le mieux réussi, dans les années qui viennent de s'écouler, c'est Decoy, qui a donné une longue suite de coursiers provenant de Touchstone et de Pantalon. Le premier de ces étalons produisait généralement de meilleurs chevaux de course que le second, et cependant il se trouve lui être inférieur dans le cas présent, comme on le prouve en comparant Drone, Sleight of Hand, Van Amburg et Legerdemain avec Phryne, Thaïs, Falstaff et Flat«atcher. Quelle peut en être la cause? C'est simplement parce que Touchstone était parent plus éloigné, et que, chez chacun d'eux, il n'y avait qu'une branche qui fût identique, celle du bisaïeul Waxy ; mais dans le cas de Pantalon et de Decoy, il y avait une parenté de deuxième degré, puisqu'ils avaient Peruvian pour grand -père commun. Ce n'était pas tout, Decoy ellemême était alliée en dedans à sir Peter, qui était aïeul de son aïeul et de sa mère; de sorte que Sleight of Hand, son frère et sa mère, étaient doublement des produits en dedans. Maintenant, comme le sang de Decoy et celui de Pantalon rencon^ traient et que leur produits avaient non-seulement de la vitesse mais du fonds, il y avait de bonnes raisons pour revenir à Pantalon, après le croisement en dehors avec Touchstone, qui avait produit Phryne; cette dernière jument, saillie par Pantalon, devint successivement mère d'Elthiron, Windhound, Miserrima, Hobbie Noble, the Reiver et Rambling Katie. Voilà une preuve de plus de la valeur des alliances en dedans, surtout après un croisement au dehors.

2® Exemple. Cyprien est un exemple de production de chevaux de seconde classe par ses alliances avec diflFérents pères, sans lien de parenté avec elle, tels que Jereed, Vélocipède, Voltaire et le Hetman Platoff ; mais quand elle fut saillie par Birdcatcher, fils d'un arrière-petit-fils de Prunella, comme elle se trouvait elle-même petite-fille de cette célèbre jument, elle mit bas une bête supérieure, qui s'appelle Songstress.

y Exemple. Virginia (voyez page 312) donna une série de che-

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ymx de moyenne qualité, par Voltaire, Hetman Platoff, Emi lius et Birdcatcher, avec lesquels elle n'avait qu'un seul lien de parenté et pour tous fort éloigné. D'ailleurs ils n'appartenaient h aucun courant de sang de premier ordre, excepté celui d'Orvilleç mais cette même Virginia, saillie par Pyrrhus P*", produisit Virago, qui, tant qu'elle resta en santé, fut de beau-coup la meilleure bête de son année. En examinant les généa* logies du père et de la mère, l'on verra que Selim et Rubens (frères) paraisseut une fois de chaque côté, et Whalebone, dont le nom se voit deux fois dans la table de Pyrrhus P"", est représenté dans celle de Virginia par Woful son frère, sans oompter que Young Giantess parait dans chacune des tables généalogiques. Ce sont des relations de parenté plus rappro* ohées et supérieures à celle avec Hambletonian> qui, dans c© cas, estéau même degré que dans le croisement avec Voltaire et Hetman Platoff.

4^ Exemple. Dans le courant de cette année, après un« série d'insuccès, Alice Hawthorn a donné au Turf un vrai cheval de course, sous la forme de Oulston. Eh bien, si Ton examine les généalogies de ses père et mère, l'on verra que Melbourne le père est un petit-fils de Cervantes, tandis qu'A* Uce Hawthorn est arrière-petite-fille du même cheval. Cervantes est un petit-fils d'Eclipsé et de Herod duquel il a d'ailleurs reçu deux autres infusions, Alice, de son côté, defr cend d'Eclipsé, par Orville, Dick Andrews, Mandane et Tramp. Un cas semblable d'aUiances en dedans avec les mêmes couvrants se présente dans sir Tatton Sykes, produit d'une j.ument arrière-petite-fille de Comus, et aussi arrière-petite-fille da Cervantes. Elle fut saillie par Melbourne, petit-fils de chacun de ces chevaux, et produisit ce cheval extraordinaire que je présente comme un modèle de succès dans ce mode d'élevage. Il faut analyser avec soin la généalogie de la mère de sir Tatton Sykes, car elle présente une curieuse réunion de courantu de sang. D'abord Muley est produit par alliance en dedans entre descendants de Whiskey, puis il est croisé avec une jument, fille d'Election, ce qui produit Margrave. La mère de Muley est Eleanor, fille de Young Giantess. Puis Margrave, provenant de croisement en dehors, vient saillir Patty PrimroaB qui contient dans sa généalogie deux infusions de Young Gian* tess par Sorcerer et une de Cervantes, puis enfin la juçient de Margrave, résultat d'une alliance en dedans et d'un croifie-

fsnt au dehors, tant du côté de son père que de sa mère, est idllie par Melbourne, qui est un composé du sang des troi^, pisqu'il descend de Sorcerer, fils de Young Giantess et aussi p Cervantes.

247. — Si Ton examine attentivement toutes les généalogie» wquelles je viens de faire allusion, un éleveur ne peut hésite^^ (Conclure queTalliance en dedans, pratiquée une fois etmémQ [aux, loin d'être un mauvais système, a au contraire des cbaU' es pour produire de bons résultats. Qu'il demande quels sont p chevaux qui depuis peu ont été les plus remarquablesi pmme étalons, et à p«u d'exceptions près, il trouvera qu'ila ffovenaient de beaucoup d'aUiances en dedans. L'on a remaiv pé que le sang de Touchstone et Defence rencontre presque ûujours avec celui de Selim, mais il ne faut pas oublier quo .un a déjà de la parenté avec ce cheval, et l'autre avec soi; rère Ruhens. D'un autre côté, le sang de Whisker dans le Co' ûnel n'a pas réussi aussi bien, parce qu'il est composé d'élé^ ^ents plus croisés et de parenté moins proche. Voilà pourquoi

ue rencontre pas avec le sang de Selim et de Castrel, com^l® 1^ cousins Touchstone et Defence. Il a cependant réussi ea partie, quand on l'a croisé en dedans au sang de Waxy et d^ fugleman qui contiennent ces trois courants. Le même casig^

uve dans Coronation qui unit le sang de Whalebone daoïgr ir Hercules avec celui de Rubens dans Ruby, mais comme

axy et Buzzard, ancêtres de tous ces chevaux, étaient deus petits-fils de Herode et arrière-petit-fils de Snap, cela vient m* rfOre à l'appui de la théorie des alliances en dedans. Cette con-* fusion est d'accord avec le 14® et le 15® axiomes, qui résumenl; |os connaissances actuelles sur la théorie de la génération, et ^ on les médite, l'on verra qu'ils s'appliquent au sujet qui nouer occupe et impliquent la mise en pratique des alliances m de» Sans jusqu'au degré qui a si bien réussi dans les exemples qu^ [e viens de citer, Il faut donc doublement veiUer à ce que le sang soit de bonne qualité, car s'il est mauvais, il perpétuera 1^^ défauts tout comme se produit le mérite et peut-être encore plus.

Section ///.-^ Croisement au dehors.

248. — Par croisement de sang nous entendons le choi:!^ d*un père composé d'un sang tout à fait différent de celui de la mère ou aussi différent qu'on puisse l'obtenir dang la qualité vpulue

f6A « LB CHEVAL ANGLAIS.

par réleveur. Ainsi dans l'élève des chevaux de course Ton trouve qu'en continuant le même courant, au delà de deux alliances, on détériore la constitution, on diminue la charpente osseuse et Ton abaisse la taille. Pour éviter ce mal, il faut choisir un sang étranger qui puisse donner des résultats aussi heiu'eux que ceux qui existent dans les alliances en dedans. Cela s'appelle croiser au dehors, ou tout simplement croiser. La grande difficulté est d'arriver à ce but sans détruire cette harmonie de proportions et ces rapports entre chacune des parties qui sont si nécessaires pour produire un cheval de course, et sans lesquels il est rare qu'il arrive à une grande vitesse. Presque chaque race particulière a des signes caractéristiques, et tant que le père et la mère en sont pourvus, ils reparaîtront dans les produits, mais si une jument qui les possède est saillie par un étalon d'une nature différente, souvent le résultat n'est pas un produit formant moyenne entre les deux, mais un animal qui a le devant comme sa mère et l'arrière comme son père ou vice-versà ; l'on ne saurait obtenir un résultat plus désastreux. Ainsi, nous supposerons qu'une jument de course très lég-ère soit sailUepar un cheval très fort et très musclé, au lieu d'avoir un produit modérément fort dans toutes ses parties, il sera souvent gros et fort dans l'arrière-main et léger et faible par devant. Il s'en suivra que ses membres postérieurs fatigueront ceux de devant en leur donnant une besogne au-dessus de leurs forces. C'est ce que l'on remarque bien dans Crucifix qui était très- vigoureuse et très- vite, mais légère, avec une avant-main à peine en état de travailler avec l'arrière-main. Maintenant, on l'a souvent fait saillir par Touchstone (étalon qui donne de mauvaises épaules, mais des jarrets superbes); aussi, à l'exception de SurpUce, ses produits ont été tous manques. Surplice était défectueux sous les mêmes rapports, cependant il trouva moyen d'aller dans un style fort gauche, il est vrai, mais d'une façon ou d'autre avec une grande vitesse. D'im autre côté, Cowl était un meilleur galopeur, parce qu'il avait plus d'harmonie dans son ensemble, mais il manquait un peu du fonds que Touchstone devait fournir. Je crois cependant qu'il fera un meilleur étalon que Surplice, parce que sa conformation est meilleure, et que, par conséquent, il a plus de chance de produire des animaux réguliers comme luimême.

249 r — Exemples de croisements au dehors, L'pn a déjà

dté Harkaway , comme un exemple ifrappant de croisement au dehors, son père et sa mère n'étant point proches parents, quoique remontant à Hérode ou Eclipse, dans presque toutes ses lignes généalogiques. L'on peut néanmoins le compter comme un résultat remarquable du croisement, et il était incontestablement un cheval de course très-supérieur. Jusqu'à présent, toutefois, il n'a pas fait grand' chose comme père, ses produits manquent de cette qualité si essentielle, la vitesse ; quoiqu'ils aient un fonds qui en fait de bons hunters et chevaux de steeple-chase. Peut-être son meilleur fils fut Idle-Boy, pour lequel le sang de Waxy, existant dans le père, rencontra le même courant dans lole, la mère, qui était une fille de sir Hercules (voir table 83).

2® Exemple. L'un des cas les plus remarquables de succès dans le croisement, quand il est poussé fort loin, se trouve dajos Beeswing et ses fils Newminster, Nunnykirk et Old-Port. Dans la jument elle-même, toutes les lignes généalogiques étaient distinctes, et dans son croisement avec Touchstone, elles le sont pour trois générations. A cette distance, il y a un bisaïeul de Touchstone, Alexander, qui se trouve frère de Xantippe, mère de l'arrière grand'mère de Beeswing, de sorte que cette dernière et Touchstone étaient cousins en troisième degré. Que cette parenté éloignée ait suffi pour produire des résultats aussi heureux que Newminster et Nunnykirk, c'est une question que l'on ne peut trancher, mais l'on ne peut mettre en doute que Touchstone n'ait réussi avec elle, tandis qu'il y eut un insuccès avec sir Hercules, qui lui était encore moins apparenté, puisqu'il n'était cousin qu'au quatrième degré, par Volunteer et Mercury , qui étaient propres frères. QueenofTrumps a été souvent présentée comme un cas de succès dans les croisements au dehors, mais, bien que ses bisaïeux et ses bisaïeules n'aient jamais été identiques, cependant au delà de ce degré Ton trouve une infusion extraordinaire du sang à! Hérode, par Highflyer, Woodpecker, Lavender, Florizel et Calash, tous fils ou filles de cet étalon. Tout le monde conviendra qu'il est fort remarquable de trouver une telle infusion du sang d'un ancêtre remarquable, dans un produit aussi extraordinaire que Queen of Trumps. L'on ne peut dire non plus qu'elle est composée de matériaux hétérogènes, mais en même temps, d'après l'acception ordinaire du mot, il est juste de la regarder comme le produit d'un croisement bien distinct. Son exemple est aussi fort

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instructifi car il montre que le succès peut g'obieiur quelquefois en réunissant, après un intervalle de plusieurs générationfli une série de bons courants. Que sa supériorité dépende de cette réunion ou bien du croisement, c'est ce que Von ne pourra déi cider qu'à force de comparer des cas différents, afin de recon* naître de quel côté se trouvera la plus grande masse de preuves.

3® Exemple. West Australian est un exemple très-précieux de l'avantage d'un bon croisement au dehors, après des allianJ ces en dedans, et la parenté de ses père et mère était plus reJ culée que dans les cas ordinaires. '

4* Exemple. Teddîngton, au contraire, si souvent cité comme étant dans une position analogue, n'en présente pas moins une ligne de parenté qui contredit cette assertion. J'ai présenté son père Orlando comme un exemple du succès des alliancei en dedans, dans les deux cas de Selim et de Castrel. Certainei ment, ce courant ne se perpétue pas dans la mère de Tedding^^ ton ; mais un peu plus haut on trouve, de chaque côté de la table généalogique, les noms de Prunella et de sa sœur Peppermint, de sorte que le père et la mère étaient cousins au cinquième deg^é. L'on ne peut donc comparer ce cas avec celui de West Australian, dans lequel le croisement est bien plus décidé. Mais dans les deux cas, le père et la mère étaient chacun pour leur compte le produit d'alliances très en dedans, et îl faut toujours tenir compte de cette circonstance.

5® Exemple. L'une des généalogies les plus croisées de l'ér poque est celle de Kingston, et il a été assez bon cheval pour peser en faveur de ce mode de production ; mais, comme je l'ai déjà fait observer, c'est bien plus pour avoir des pères que des coureurs que Ton doit s'attacher au système d'alUances eh dedans, et Kingston n'a pas encore eu le temps de faire voir ses quaHtés, comme producteur. Quand on veut un croisement en dehors pour un sang comme celui de Touchstone, qui aura été pmployé deux fois dans une fiUation, je ne conçois rien de mieux que ce brave Kingston, qui, d'après cette théorie, produirait le bon effet attendu d'un croisement, sans altérer la forme de^ juments de Touchstone. D'un autre côté, quand il faut une seconde alUance en dedans à des juments de Venison ou Partisan, il est probable qu'il remplira les vues des amateurs de ce sang, parce que toutes ses lignes sont bonnes.

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6® Exemple. Voltigeur est encore Un succès obtenu à l'aide d'un croisement bien décidé.

7® Exemple. Queen of Trumps peut être cité comme un an animal extraordinaire résultant d'une généalogie trèscroisée.

8® Exemple. Oossack pourrait également, être considéré comme le fruit du croisement, bien que la parenté de son père et de sa mère fût des cousins au quatrième degré, mais il n'y % pas de doute que Ton peut citer plusieurs coursiers qui ont pu du succès, bien que leurs pères et mères ne fusent cousins |u'au cinquième ou sixième degré.

Section IF, — Comparaison entre tes étalons provenant d'alliances en dedans ou de croisements au dehors,

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