Entraînement pour les courses d'amateurs
A l'égard des jockeys de profession, je crois qu'ils ont peu besoin de conseils, et qu'il y a peu de chances de leur en donner d'utiles, puisque l'entraînement fait partie du métier auquel ils consacrent leur vie, et non -seulement ils connaissent les règles ordinaires de leur confrérie, mais l'expérience leiu* montre bientôt ce qui convient le mieux à leur tempérament particulier. Néanmoins, il y a des gentlemen-jockeys qui , par occasion, ont du poids à retirer, et pour ces messieurs, quelques mots à ce sujet peuvent n'être pas déplacés. Il faut se souvenir que, dans ce cas, le poids ne (Jçit être réduit que pour un seul
jQUTj ce qui est bien différent de la carrière du chasseur au renard. En conséquence , dans un terme aussi court, Ton peut accumuler sur un homme tous les moyens d'exténuation , sans à jamais ruiner sa constitution. C'est un fait fort connu qu'un homme est plus affaibli par l'application d'une sangsue par jour pendant seize jours que par seize sangsues appliquées une seule fois. Le même principe est encore plus vrai, quand il s'agit de purgations et de suées. Revenons à notre sujet, c'est-à-dire à une diminution' de deux stones en dix jours. C'est là le superflu que l'on a souvent à faire disparaître. Plus affaiblirait trop, bien que naturellement tout cela dépende de l'état de l'individu. Il est tout d'abord évident qu'il est plus aisé de retirer 2 stones à un homme de 16 stones qu'à un homme de 7 ou 8 stones. Dans le premier cas il s'agit d'un huitième de la personne, dans le second il s'agit d'un quart. Mais en supposant que nous ayons affaire à un homme qui veut monter à cheval à douze stones, ce qui est le poids ordinaire pour les courses d'amateurs, et que dix jours avant la course il pèse de sa personne 13 stones 7 livres, en tenant compte de sept autres livres pour la selle , voilà deux stones à enlever, ce qui fait près de trois livres par jour, pendant dix jours. Je lui conseille de commencer par s'assurer de la façon dont se comporte son foie, car si ce viscère ne fonctionne pas bien, ou est sûr de s'enrhumer si l'on est obligé de prendre des purgatifk mercuriels pendant la préparation. Sans ce remède, il est cer* tain qu'on bouleversera son estomac et perdra ses forces avec un foie en état de torpeur. Mais supposons le foie en bon état et la santé bonne; on n'a qu'à mettre ses vêtements de suée, savoir: caleçon de flanelle, deux pantalons, un Jersey en flanelle, un œmforter bien épais, un bonnet chaud et deux habits. Ainsi accoutré, que le sportsman fasse une bonne promenade de quatre à six milles et qu'au retour il se mette sous un lit de plume et sue au moins pendant une heure. Puis qu'il se lève, s'éponge à l'eau froide , s'habille promptement et un peu plus chaudemenf qu'àl'ordinaire, puis qu'il prenne un déjeûner frugal composé ainsi que nous l'avons indiqué dans le chapitre précédent. Après ce repas, il peut prendre pour s'amuser tout exercice peu violent ou bien se promener jusqu'à l'heure du dîner vers les quatre ou cinq heures. Ce repos doit être aussi du genre précédemment décrit. Le lendemain matin, il lui faudra avaler une potion de 4, 6 ou 8 drachmes de sel d'Epsom mêlés à une
quantité de Jalap variant de 5 à 12 grains, une cuillerée à thé de teinture de séné, une autre d'esiSTOce douce de séné, le tout dissous dans un peu d'eau chaude. Cela le purgera bien et lui enlèvera presqu'autant que les suées, et en usant alternativement $8 ces deux moyens, les trois livres par jour diaparaîtrouti rtt gulièrement. Il va sans dire qu'il se pèsera journellement et se guidera d'après le poids perdu pour' la quantité de nourriture à prendre, ainsi que pour la longueur des suées et la quantité de vêtements, et aussi pour la force du purgatif. En suivant ces indications, le poids peut et doit se réduire la veille de la course h deux livres au-dessous du poids voulu ; car le jour même il faut éviter, si cela est possible, la suée ou la purgation afin de pouvoir conserver lors de la course la force et surtout l'énergie nécessaires. L'on trouvera que tout en jeûnant, autant que cela est praticable, si Ton s'abstient de suée ou de purgation, Ton gagnera environ deux livres entre la dernière suée et le moment de la «ourse, période d'environs 30 heures, et il ftiut se régler en consé- |uence. Il faut aussi savoir que le vin pris le matin de la ceumsi ou du thé ou du café un peu forts, augmentent le poids àwi une proportion supérieure à celui des liquides avalés. Des hommes expérimentés m'ont ainsi assuré qu'un seul vprre de TiH, qui ne peut peser plus d'une once et demie, avalé après Iç pe» sage, ajoutera un quart de livre au poids d'un homme qui a été sévèrement entraîné. Cela paraît au premier abord im paradoxe, mais je ne mets pas le fait en doute, tant j'ai de forts témoignagfcs en faveur de cette opinion. Je conclus donc que c'est l'effet ittmulant du vin sur le système qui permet à l'estomae de pûiiser au contact de l'atmosphère, la différence de poids eatre le )im quide censenmié et l'augmentation du corp^ du epnsemmateur.