‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 5 sur 62 · KEMABQUES GENERALES SUR LES COURSES DE CHEVAUX · texte numérisé non relu

KEMABQUES GENERALES SUR LES COURSES DE CHEVAUX

L — En Angleterre, de Taveu général, le seul objet ipour lequel les courses de chevaux furent établies dans le principe et patronées par les puissants du siècle , c'est comme encouragement à la production cheva^e.

Sous aucun autte point de vue les courses ne pourraient se maintenir sur le terrain des plaisirs nationaux en raison des ficheuses conséquences qu'elles entraînent aux yeux de ceux qui veulent moraliser le peuple ; mais tant, que les guerres res-teront inévitables dans ce bas monde, une cavalerie bien mon» tée sera essentielle à notre existence comme nation.

Or, à moins que Ton n'accorde de grands encouragements à nos éleveurs, nous perdrons bientôt cette prééminence en qua« lité de chevaux, qui nous a toujours distingués.

Tant que l'exportation des chevaux sera permise, il est certain que d'autres nations participeront à notre avantage ; mais cependant, dans le cas d'une lutte avec une puissance voisine, cette source de remontes pourrait lui être fermée. Il est facile de démontrer qu'une race de chevaux supérieure est nécessaire pour la défense nationale, et les courses seules maintiennent les chevaux de race en nombre et dans leur pureté primitive ; il faut donc, jusqu'à ce qu'on ait trouvé quelque autre expédient, que tout Anglais patriote aide à la prospérité des courses, ou évite au moins de leur faire opposition. Il n'en est pas de même des actes frauduleux et des vol^ manifestes qui ^çnt trop corn-»»

muns sur le turf, parce qu'il ne peut exister de raison acceptable pour que l'habitude de faire courir des chevaux soit accompagnée de plus de fraudes et de déceptions que tout autre sorte de concours. La cause des maux présents est assez connue, et il appartient au public de les encourager ou de les supprimer. Ceci néanmoins est un sujet qu'il sera plus opportun d'étudier quand nous viendrons à examiner les détails du système. Il est seulement nécessaire, pour le moment, de se bien persuader que l'existence de notre race supérieure de chevaux dépend de la conservation du plaisir des courses. Pour entrer pleinement dans cette question, il faut faire deux observations préliminaires. D'abord, c'est que le cheval de pur sang est comparativement inutile pour tout autre usage que les courses ou la procréation du demi-sang, et que cette race se restreindrait promptement à des nombres fort Bmités si l'on supprimait le véhicule actuel. Secondement, la vitesse et la vigueur ne peuvent s'éprouver que par une lutte qui doit prendre sous une forme quelconque l'aspect d'une course, car, sans cette épreuve, l'éleveur ne pourrait se faire aucune opinion sur la bonté des étalons dont il doit faire choix. Tous les producteurs savent que la forme extérieure ne suffit pas, et qu'avec ce seul guide ils seraient constamment exposés à produire des animaux de bel aspect, mais sans vigueur. Si ces deux points peuvent être démontrés, il s'en suit qu'il faut maintenir les courses sous une forme quelconque pour guider l'éleveur dans le choix de son haras, et qu'elles doivent être encouragées par les prix royaux, etc., afin de donner aux riches et aux nobles du pays la tentation de saisir les occasions de produire cette race au plus haut degré de pureté et de perfection.

Page 1