‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 51 sur 62 · Lawrence, baî brun Surplice, bai Swôetmeat, bai · texte numérisé non relu

Lawrence, baî brun Surplice, bai Swôetmeat, bai

Tadmor, bai brun Tearaway, bai brun Teddington, alezan Theon, bai Tûucb&toaef bai bran Vatican, bai

Voltig0ar« bal bruii et Vortax, bai brun

Hgly Boek, bai WeathefgagSk bai

Weatherbit> bai bnut West Australian, bai Windfall, bai

Windhounâ, bai Woolwieb, aleian Wooâ|âgeon

Skylark ou LapwiDg Helen, par Blacklock

Touchstone Crucifix, par Priam

Qladiator

Lolly Pop, par Voltaire

Ion

Palmyra, par Sultan

Voltaire

TagIioni« par Whi»ker

Orlando

Miss Twickenham» par Ro.ckingliain

Emilius

Maria, par Whîsker

Camel

Banter, par Madter Henry

Venîson

Vat, par Langwr

Voltaire

Martha Lynn, par Mulatto

VenisoA

Monstrosity, par Plenipotentiary

Weatherbit Taurîna, par Taums

Sheet Anchor

Miss Letty, par Priam

Melbourne

Mowerina, par Tou^bstone

Fitz Orville Vat, par Lsmgar

PantalooQ

Phyrne, par Touchstone

Ghatham

Clemeatîne, par Action

Vélocipède Amina, par Sultan

SecHwi IX. — Efabms propreê à produire des chevmioe deecmriê.

274. Après avoir donné la liste des divers cbevanx de pfinr sang employés cosnme pères, les uns ne produisant qae des eJbeTaux de course, les autres des animaux fK>ur tous les servioc^ je vais d'abord mettre è pari ceux qui paroduisent prindpalefmral pour le turf. Plusieurs d'entr'eux sont apqpUeables au doable prqj^et d'élever des ehevaux de course et de faire des hunters, des

292 L« CHfiVAt ANOLAÏS.

hacks et des carrossiers de ceux qui ne réussissent pas sur Thippodrome.

P Les Wdxts presque purs produits en dedans , ayant naturellement des alliances avec d'autres familles, mais dans tous les cas issus principalement du sang de Waxy. Ce sont Cotherstone, The Baron, Chanticleer Chatham, Chabron et Idle Boy. Ce courant s'adapte parfaitement à la formation d'un haras général parce que les produits ont beaucoup de chances pour faire des hunters ou des hacks, s'ils n'ont pas de succès comme coureurs.

Ô® L'union du sang de Waxy avec celui d'Orville qui se voit dans Retriever, Drayton, Ambrose, Hobert de Gorham, The Horot, Mathematician et Theon. Ces étalons sont à peu près aussi bons que ceux du n** 1 pour produire des chevaux propres i à tout, mais je crois qu'ils donneront moins de chevaux de | course de premier ordre,

3® Le sang de Buzzard, non sans mélange, mais comparali * i vement tel, se trouve dans Epirus, Bay Middleton et The Flying \ Dutchman, et a plus de chances pour donner des coureurs de j premier ordre que des chevaux d'un service général. 5

4® Le sang de Waxy, Orville et Buzzard réuni dans les célè- ] bres étalons suivants. — Touchstone, Orlando, Surplice, Windfall, Longbow, The Libel, Hobbie Noble, Windhound, Assault et Storm. Ici nous trouvons le meilleur sang pour les courses qui existent au monde, avec des variétés de mérite, mais toujours plus ou moins bon.

5® Les familles de Orville et Buzzard réunies comme dans ' Pompey, Cowl et Glentilt. C'est un bon sang pour les courses, ( mais il ne vaut pas les n^^ 3 et 4. • '

6^ Le sang de Waxy et Buzzard tel qu'on le trouve réuni i dans Coronation, Pyrrhus I, Stockwell, Safeguard, New-< court, Pitsford et Bessus. Très bon sang donnant du fonds et de la vitesse, mais il faut une infusion d'Orville pour le mettre à hauteur du n® 4, et, par cette raison, il convient pour saillir les juments de cette origine.

T Les Blacklocks représentés par Hetman Platoff, Tearàway, Neasham et Rathan. Cette famille était récemment tout-à-fait passée de mode, mais le succès extraordinaire de Wild Dayrell, descendant de Blacklock des deux côtés de sa généalogie^ peut fort bien lui faire reprendre son ancienne faveur.

8° Le sang de Tramp, que Von ne trouve guère sans mélange

LE CHEVAL ÂNBLAIS. 2^3

le dans Weatherbit, Lanercostet Collingwood, est d'une uti* té douteuse.

9^ Les Pariisan et les Filho da Puta, que Ton trouve dans Ve- ÎBon et ses fils Alarm, Kingston et Vatican, et aussi dans weetmeat, Colwich et Giovanni. Pour les particularités re* itives à ce courant, voyez paragraphe 271 .

10^ Le sang de Sorcerer^ qui consiste principaletnent en Mellurne (maintenant presque usé), et ses fils West- Australian, it Tatton Sykes et Oulston. Le premier de trois est plus Waxy le Sorcerer ; le second est mêlé d^Orville et de Cervantes, et rtroisiéme est à peu près de cette dernière combinaison. Au taragpraphe 272, on trouvera un commentaire complet sur ee$ Mons.

Section X. — Etalons propres à produire des huniers et des

steeple-chasers.

275. — En dehox'B de cette liste d'étalons modei'nes, qui en Kison de la pureté de leur origine conviennent plus ou moins pair remplir les intentions de Véleveur, il y a bon nombre d'é- (Ions qui proviennent de beaucoup de mélanges et de croise^ kmts, mais qui par cela même, à mon avis, ne promettent pas B donner d'aussi bons chevaux de course, et cependant ont laucoup de chances pour bien produire le hunter ou le cheval Ijservice. Pour ce genre de produits, rien ne remplit mieux ►but que d'allier lesang de Waxy, Orville et Sorcerer, ou seu* Iment celui des deux premiers, avec quelques-uns des descen- IMits de Sir Peter ou de Woodpecker ; mais,, dans tous les cas, ^ut s'assurer de laquaUté de leurs épaules et les choisir bncs de tares. Ainsi Drayton a été remarquable en ce gem"»', mi que Windfall, et Retrie ver qui donne les mêmes espéran • 9s. De tous les courants de sang, celui de Waxy semble le lus efficace pour avoir des produits dignes de faire, des hun- »s, et, quand on le trouve réuni à une taille suffisante, dans n animal suffisamment osseux et développé, l'on est à peu rès sur d'avoir un hunter. Le caractère, la constitution, Tacion et le cœur, sont toujours bons dans cette famille , il ne fBte qu'à trouver les conditions de taille et de charpente. Demee est le père d'un grand nombre de bons hunters , tant par I ligne directe que par Safeguard et Bath, ses fils. Chatham, fotherstone, Annandale, Weathergage, Newminster, John 'Oaunty Theon, The Hero, Chanticleer, Harkaway, Cou-

89i LB CHEVAL AHOLiUS.

naugrht Banger^ FootBtool, Fugleman, Idle Boj, Nevcooil Ravensbone et Runborough sont du meilleur sang pour a^dl des bunierSy amc la chance de trouver de iempt en temps para euœ un vérilahk cheval de course, en les accouplant avec M fortes juments de pur sang d'une espèce ordinairement tit osseuse et d'une bonne taille. Il ne faut pas songer à emploj^ dans cette circonstance des chevaux qui ont peu de çharpenti et c'est ce qui doit foire rejeter la race d'Ëpirus, qui a les^l encore plus petits que les Waxys et qui dure encore moùl Tous les fils de Venison conviennent bien, surtout ceux qui 9$( croisés avec le sang d'Orville et de Whisker, comme par exié pie, The FaUow Buck et Red Hart et aussi Vatican ; mais f^ peur que ce dernier n'ait le caractère un peu ingouvemaÛI En général ils donnent de bons hunters, mais sans acti^ très relevée. J'ai déjà cité les familles de Lottery et de TraH comme propres à donner des hunters et des chevaux de steeph chase, et l'on doit faire cas des étalons suivants, si on les a à| portée, d'autant plus qu'ils sont aussi croisés avec Waxy et| descendants. Ce sont Birkenhead, Sir Peter Laurie, FooIbMI Meteor, Sweetmeat, Tearaway , et son fils Kingstown* Ils se4 blent aussi presque tous foits pour produire de bons hacl| mais le sang de Buzzard et de Whalebone semble conveil mieux que presque tous les autres, excepté les Touchstones, 4I ne valent rien poUr cet objet. D'un autre côté, Defence, qin la même origine, mais sans croisement avec OrviUe, est famet) pour donner de* bons hacks, et bien des chevaux de sa &mâl ont été des trotteurs très vites et très beaux, comme par exeii pie Safeguard et Rector. Le premier de ces chevaux, Ui Qu'aveugle, pouvait dans son bon temps se rassembler ettn^ ter avec n'importe quel cheval de pur sang dans le monde^l l'autre pouvait faire ses seize milles à l'heure avec douze storil sur le dos. / <

276. — Les Arabes modernes n'ont pas servi à grand chi dans ces derniers temps pour l'amélioration de nos produit soit en chevaux de course, hunters ou hacks. Le colonel At gerstein essaya de croiser Marengo, cheval de guerre arabe I Napoléon, avec plusieurs bonnes juments; mais pas un à produits n'a atteint l'apparence d'un cheval de course orii naire courant pour le prix de district. La même chose est Bsà vée aux quatre Arabes du haras du dernier monarque, et I dernière fois que l'on ait rencontré avec co sang, c'est en IM

i;b cheval anglais. 389

^l'Arabe de Welléaley donna FairEUen. £Ue fat mère de yîlias, qui gagna les Oaks, et d'autres produits assez heureux ; nais je crois que le moment ne fait qu'arriver pour pouvoir fccueillir tout l'avantage de cette nouvelle infusion de sang dental. Safeguard, qui est fils d'un arrière-petit fils de l'Arabe ps de Wellesléy, se trouvera, je crois, d'une grande titilité Ikis les haras, si ses filles sont saillies par des chevaux réellelient bons et bien nés. Malheureusement sa cécité a empêché h l'employer avec des juments de valeur, tout.autant que le» préjugés que l'on a contre le esng arabe moderne ; mais sa iMité et sa solidité générale, la nature exceptionnelle de sa icité, la bonté extraordinaire de s^ membres et de ses piedis, Il constitution hors ligne, ses succès comme père même, avéû Mb juments inférieures qu'on lui a données, toutes ces raisons iftunies doivent avoir décidé des connaisseurs comme MM. Etirall a pousser plus loin l'expérience, et l'on peut espérer que, Ittns ses vieux jours, il aura quelques juments d'une nature et ^un sang distingué. Autrefois, Ton supposait que la jument Irabe était le desideratum y et que son emploi ferait unperfeo-^ ionnement dans les haras; mais on n'a rien gagné à cet essaie lieurs membres et leurs pieds résistent bien, et, sous ce rapport, lies amélioreraient certainement nos chevaux de route; mais Iles sont inférieures en taille, en force, en fonds, en allure, et imrs descendants immédiats sont invariablement battus par lé fceval de course anglais.

Section II. — Pères de trotteurs.

I 277. — Si l'on veut élever des chevaux de ce genre, il faut ^vendre une jument de trot et la faire saillir par un trotteur iDmme The Norfolk Phenomenon ou The fronder^ à Duddling* liU ; moins on y mettra de pur sang oriental, mieux cela vau- Ira, et si l'on veut un croisement bien décidé, il faut chercher m Amérique. Plusieurs de nos familles de chevaux de course fenneront des produits ayant une bonne allure de trot, couve- {lables pour les hacksetles chevaux d'attelage, mais qui ne sufk pas pour des paris. Dans ces luttes, il faut une puissance de |R)t extraordinaire, et presque tous les chevaux qui en sont loués sont en état de trotter plus vite qu'ils ne peuvent galoper, to quoi ils diffèrent essentiellement du cheval de course oriental. De sont deux races qui ne se mêlent pas bien et qu'il faut tenir taigueueement sépc^ées, par la raison de cette différence ûiam

leurarCtion, àe sorte que, quand on les croise, vous voyez comj tamment Tavantrinain qui trotte, tandis que rarrière^main gai lope , comme parmi les bidets de boucher . \

Section XII, — Remarques définilives mr V élève des chevaux,

278. — Dans les deux derniers chapitres, j*ai essayé d|( montrer quelles étaient les règles les meilleures et les plus sù|| res pour produire des chevaux de toute espèce vites et vigoik reux. Il est imiversellement reconnu que nous possédons uii| race supérieure en vitesse à toutes les autres, et aucun cheTij de sang réellement étranger n'osera disputer la palme en A4 gleterre ou à une distance raisonnable de ce pays. Avec 1| grande remise de poids que Ton accorde pour la coupe d| Goodwood, Ton ne voit jamais concourir que des chevaux d(| sang anglais, et bien que quelques animaux nés à l'étrange aient réussi, il faut remarquer qu'ils descendaient, sans excepj tion, de notre sang le plus estimé, comme cette année Baron^ cino par The Emperor, et encore il a gagné à grand'pein^ quoique recevant 22 livres de Oulston. Mais il est parfaitemefll absurde de supposer que nos chevaux, habitués depuis bien de^ générations à toute espèce de soins, puissent supporter la maaj vaise nourriture et l'inclémence des saisons, comme d'autr«( élevés dans une lande. Autant vaudrait espérer de voir \d Anglais prospérer à Sierra Leone comme un indigène, qm s'attendre à trou ver gras et bien portants nos chevaux sybaritei en les réduisant à une petite ration d'orge et de paiUe moisiej ou a du fourrage encore plus mauvais. Comme leurs maîtreaj ils ont besoin d'une forte nourriture, et comme eux ils sauronl battre l'univers entier. S'ils en sont privés, ils deviennent ma^ lades et tombent graduellement, jusqu'à être battus par l'èM d'un colporteur qui se nourrirait, s'il le fallait, avec leur virilh Ktière. Originaire des^climats chauds, le cheval, dans toni les cas, a besoin d'une bonne nourriture pendant nos hiveM rigoureux, et s'il est possible d'une écurie chaude, mais c'efll surtout la nourriture qui est indispensable. Si le cheval en manque, il donnera bientôt des signes évidents de souffirmice. Il faut donc tout prendre en considération, quand on élèv9 pour un objet particulier, et si l'on veut des chevaux de guem robustes , capables de supporter le froid , l'humidité et It jEedm, on ne peut dans notre patrie les obtenir que dans ki montagnes du pays de Galles ou d'Irlande /et là encore ill

LE CHBYAL ANGLAIS. 297

Dnt rarement de bonne taille. Beaucoup de nos meilleures judents sont gâtées par le froid et les privations, quant à la fin te Tannée on les sort d'une écurie d'entraînement pour les lisser dans un pâturage où elles éprouvent toutes les rigueurs [u climat. Puis on leur donne un étalon excité par la chaleur t la nourriture stimulante, et le résultat se trouve un poulain kalsain et mal conformé, qui ne ressemble ni au père, ni à la Hère. L'on devrait beaucoup plus soigner la santé des deux, et Nfcrtager avec le harem l'avoine de l'étalon. Il est très-impor- Int que les éleveurs apportent plus de soin à choisir des patots exempts de maladies héréditaires. Certes, un étalon qui l'aurait pas travaillé, serait plus propre à la reproduction que telui qui aurait été épuisé à force de courses; maintenant il est but aussi vrai qu'un cheval qui a été essayé et que l'on n'a pas touvé en défaut, a plus de chances de bien produire que celui [ai a échoué à cause de son manque de vitesse ou de ses tares ou le son mauvais caractère et irritabilité excessive. C'est pourquoi ^on a maintenant l'habitude fondée sur de justes observations l'essayer un cheval pendant une ou deux saisons, et s'il réussit, le le consacrer à la reproduction.

Souvent il gagnera ainsi plus d'argent que s'il avait une Mite de succès dans les seuls prix que puisse remporter un cheral âgé d'une bonne nature, comme les Plats de la Reine, et le Nîtit nombre de bonnes courses où l'on porte le poids pour rage. Aiiisi The Flying Dutchman peut être coté comme rap- ^rtant deux mille livres sterling par an, Melbourne pendant tes dernières années encore plus, Pyrrhus P^ à peu près la tnême somme, et d'autres chevaux en proportion de leur sang et 4e leur mérite. Sous ce rapport la mode est souveraine, et un dieval dont la liste de souscription a été remp^e cette année peut fort bien à la prochaine saison être presqu' abandonné, rout dépend du nombre de ses produits qui auront été vainqueurs dans l'intervalle. Il y a peu d'années, les juments issues file Defence s'obtenaient aux prix des hacks, maintenant vous ûe pouvez les avoir ni pour or ni pour argent. Jusqu'à ce que Sir Tatton Sykes eût gagné le Saint-Léger et eût dû gagner le Derby s'il eût été convenablement monté, Melbourne ne valait que cent livres ou bien peu de chose en plus ; alors il commença à obtenir de la valeur, et après le succès de West AustraUan il commença à gagner ses 2,000 liv. ster. par an. Il en fut de même pour Birdcatcher, tandis que d'uu autre côté Harkaway

commença à saillir à 100 guinées et se trouve maintenant à 80 guinées. Whalebone à Tàge de sept ans, après avoir gagné le Derby, fut vendu pour 160 livres à lord Jersey, pendant que son frère Whisker fut acheté sans l'essayer 500 livres à la même vente, et quoi qu*il ait aussi gagné le Derby, il n'a pas eu tout à fait autant de succès comme producteur. L'élève des chevaux est sans doute une loterie et l'on ne doit pas s'en étonner, quand on songe combien il y a peu de différence entre le premier et le dernier cheval d'une course. Supposons que l'on entre 40 poulains dans une poule et que 30 se présentent au poteau, il n'y aura probablement pas deux secondes d'intervalle entre le passage au poteau du premier et du dernier. Nous supposons que tous vont jusqu'au poteau d'arrivée, et nous comptons 30 yards par seconde, de sorte qu'après tout il ne faut pas s'étonner si dans tant de cas l'on ne peut réussir à regagner ces deux secondes. La moindre fatigue dans la machine ou la moindre disproportion dans ses parties peut avoir ce résultat, et il faut peut-être moins s'étonner de la quantité des non valeurs que dû nombre d'animaux produits à deux ou trois secondes les uns des autres. Il y a toutefois une chose certaine, que sans un jugement droit Ton ne peut espérer aucun succès durable, et bien que la mauvaise fortune puisse renverser les plans les mieux combinés, cependant il faut pour réussir quelque chose de plus que du bonheur. La persévérance est une autre qualité essentielle, et si l'on en manque, il ne faut pas s'étonner si les lauriers semés d'après les principes de la science viennent couronner tout autre concurrent. La continuité des non succès est très-décourageante, mais si on supporte son malheur en homme, tout finira généralement par une série d'événements tout à fait d'un ordre différent ; mais lorsque la mauvaise chance cause moins d'insuccès que la fraude et la friponnerie, l'on ne peut s'étonner de voir les plus ardents soutiens du turf se retirer. Il faut toutefois espérer qu'en prenant ce parti, ils continueront à élever une autre espèce de chevaux tout aussi utiles et faits pour perfectionner nos hunters, nos haeks et nos chevaux de cavalerie, et pour conserver notre réputation de possesseurs d'une race chevaline sans rivale en Europe.

Lfi CHS VAL ANGLAIS. 294

CHAPITOE II.

BKTBAINBHBKT POUB LB6 PBDESTBIANB ET AUTIBS.

Section P^. — Traitement préparatoire,

392. — Remartjues générales. Il y a un ftiit incontestable, c'est qu'aucun animal ne fait autant de progrès par suite d# Tentratuement que l'homme ; aucun ne résiste avec avaûtaga à une aussi longue et sévère préparation, et aucun ne'montirê k BB plus haut degré la différence qu'il y a entre la eondition et l'état naturel. Après l'homme, vient à cet égard le cheval de pur sang, qui, assurément, montre cette qualité presque au même degré; mais cependant l'avantage est encore du côté de l'homme, qui peut sans inconvénient supporter des épreuves répétées de ses forces jusqu'à la demîèrB limite. Le cheval de Goup^, au contraire, demande le pluB grand soin pour évltel? que l& travail constant ne détruise sa vitesse, ^ii, ce qui est encore pisj son caractère. Maïs il ne suffit pa» de mettre uu homme en état d'accomplir certains exploits de force et d'activité j l'entraînement doit le mettre en disposition d« les faire avec plaisir et même avec avantage pour la santé en général. Ceci établit un grand principe, que tout homme sachant le prix de la santé doit avoir constamment en vue, savoir t que personne ne doit jamais concourir pour une prouesse d'agilité ou dé force avant d'avoir subi une préparation qui le mette en état de réussir sans mauvais effet pour sa santé. Par exemple, un homme en condition peut ramer dans une course de trois ou quatre milles, dans laquelle il fait des efforts extrêmes jusqu'à être presque aveugle en arrivant, et cependant en sortant du bateau il n'aura plus rien, et pourra recommencer une demiheure après. Le même homme, hors de l'état d'entraînement, sera plusieurs minutes ou même plus longtemps b (Temi ou complètement évanoui, et ne sera ranimé que par des stimulants qui le mettront hors d'état de continuer à tnettre à l'épreuve la constitution, d'ailleurs très forte. L'énergie naturelle remplacera quelquefois l'entraînement ; mais il y a des exemples sans nombre de santés ruinées par les appels faits h cette précieuse -qualité, tandis qu'un peu de soins et d'abstinence auraient prévenu un malheur aussi irrépiipable. Disms près-

que tous les cas il est fort difficile de mettre un homme de bonne constitution, mais qui a dérangé sa santé par un mauvais régime, en état de suivre un entraînement sans inconvénient. Non-seulement, en effet, il faut quelque talent pour savoir ce qu'il y a à faire, mais il faut un grand empire sur soi-même pour éviter ce qui doit être défendu. Presque toujours la santé se trouve déraDgée par un excès d'un genre quelconque, et souvent par une complication d'excès aussi variés que le permet l'imagination humaine. Mais il est extraordinaire de voir combien la prévision d'une régate à Putnej entre les 'rameurs d'Oxford et de Cambridge, ou un pari de pedestrianisme ou toute autre lutte de ce genre, met un viveur à même de résister à toute tentation et de se soumettre en anachorète à toutes les règles prescrites pour son entraînement. A toutes les offres séduisantes, sa réponse est « non, c'est mauvais pour l'entraînement. » Sans doute, il n'en est pas toujours ainsi ; mais cela à lieu généralement, et l'on a souvent plus d'énergie à dépenser pour résister aux tentations que pour soutenir les efforts physiques qu'exigent les courses de ce genre. Il y a deux genres d'excès qui peuvent avoir produit l'état maladif que je suppose, savoir : les excès de manger, boire, etc., et excès de travaux littéraires et autres occupations sédentaires» L'un et l'autre abus détruiront la force de l'estomac, et par ce fait toute l'organisation, et chacun de ces cas demandera pour rétablir l'équilibre de l'estomac un traitement différent. Les choses changeront aussi considérablement suivant la position sociale, les habitudes et la constitution naturelle de chaque individu. Par exemple, le fils d'un gentleman, élevé généreusement, va à l'Université et se livre à des excès de vin, fumée, etc., prenant toutefois beaucoup d'exercice. Pendant quelque temps, la force naturelle de sa constitution le met à même de supporter les ravages des doses excessives de vin et de tabac ; mais bientôt sa main commence à trembler, il n'a plus d^appétit pour les aliments solides, ses yeux deviennent rouges, son sommeil est interrompu et ne le rafraîchit plus, et il se trouve menacé d'une attaque de delirium tremm- Si dans un pareil état on veut le soumettre à un entraînement, cette terrible maladie se déclare tout de suite, ou bien, dans des cas moins extrêmes, l'estomac refuse son service etk travail prescrit ne peut s'opérer par suite d'étourdissements, de faiblesse, de uausées ou de migraine» Toutefois, avec un

peu de temps et de soin Ton peut changer cet état de choses. Mais prenons l'exemple d'un jeune homme de classe inférieure élevé dans la sobriété et T abstinence, et que les circonstances mènent à pouvoir se procurer toutes les joies du cabaret. C'est sa seule ressource, il n'a point de chasse à courre, de cricket qui fassent diversion, point de séances littéraires, il s'en suit que le tabac et la bière commencent la journée, le tabac et les spiritueux servent à la clore. Tout 'd'un coup cet homme s'aperçoit que son énergie disparaît, que son esprit est triste et affaibli, que son corps est faible, flasque et flétri ; dans un heureux moment il s'imagine de se mettre à ramer ou à reprendre quelque exercice, autrefois pratiqué, et le voilà parti wir la rivière ou sur la route. Que s en suit-il? Au lieu de se Itentir mieux, il est complètement épuisé et peut être à jamais découragé et dégoûté de toute entreprise de ce genre. Par le fidt, il demande un traitement bien plus suivi pour le mettre en santé athlétique que l'étudiant d'Oxford ou de Canterbury, parce qu'il a bien plus changé ses habitudes premières, parceque l'absorption de la bière et des liqueurs a été plus incessante, parce que les chambres où il a vécu étaient moins bien ventilées, et enfin, parce qu'il a pris peu ou point d'exercice, n est certainement extraordinaire de voir quelle quantité de boissons fermentées l'on peut absorber sans grand dommage, pourvu que l'on prenne régulièrement une dose correspondante d'exercice. J'ai moi-même connu des jeunes gens qui eonsommaient pendant plusieurs mois de un à deux gallons par jour d'ale forte, sans compter les bouteilles de vin par occasion, sans que cela leur fît grand mal. L'un des plus énergiques rameurs que j'aie connus, avalait tous les jours cette quantité de liquide, et continue encore sans qu'ily paraisse. Il est vrai que que ce gentleman est toujours en marche à pied ou à cheval, et a naturellement une constitution de fer. Mais il y a une tâche bien plus difficile pour l'homme qui est resté 12 à 18 heures par jour sur les livres pour gagner ses degrés httéraires, et qui, voyant sa santé s'en aller, veut concourir pour des couron* nés d'un autre genre. Dans ce cas, le système nerveux a été fatigué, à l'aide du thé vert, de linges mouillés sur la tête, et peutêtre de beaucoup de tabac; il s'ensuit que le système musculaire île peut supporter de travail, et qu'au moindre exercice les membres deviennent raides et engoui dis. Cet état de choses demande plusieurs semaines et même plusieurs moispour que l'organisation

30S I^K C^VAL ANQLAIS.

?iuiase supporter le travml, parce que les muscles i^' ont plus de soidité et que les nerfs sont trop irritafcles pour pouvoir ïes stimuler avec la constance et la régularité essentielle pour le succès* La même chose arrive souvent dans le comptoir du négociant. Un jeune homme est enfermé dix ou douze heures par jour devant un pupitre et un grand livre, il n'a pas de temps pour prendre d'exercice, et son système nerveux est stimulé à Texcès par des calculs incessants et par la vue continuelle du papier blanc, il attrape la fièvre de bureau, maladie qui rend bien des jeunes gens incapables de rester plus longtemps victimes de ce genre d'esclavage. Quelques-uns remédient à cet état contre nature en se levant de bonne heure et et prenant l'exercice de la marche, de l'équitation ou de la rame. C'est un système qui peut rendre de grands services si l'on s'y met avec précaution, mais il faut de la prudence au commencement, et il ne sert à presque rien, si on le continue sans observer les prescriptions que je vais essayer d'indiquer. 293. ' — Iraitement pour le inveur qui a des habitudes (TacHvité. J'ai déjà fait observer que le viveur qui a ordinairement pris une dose convenable d'exercice a une tâche comparativement aisée, s'il a la force de se commander et de renoncer aux habitudes contractées. Mais cela doit se faire avec précaution; bien des gens ont gagné le délirium tremens en abandonnant subitement l'usage des stimulants. La meilleure méthode consiste à substituer de l'ammoniaque S0U8 une forme quelconque à une portion de l'alcool habituellement consommé, et dans ce but il faut prendre une ou deux fois par jour le breuvage suivant, et même plus souvent, si l'on éprouve cette affreuse impression d'accablement, qui fait tant souffrir ceux qui veulent renoncer aux excès de vîn et de tabac. — Prenez 10 grains de préparation aromatique, de sel volatil, une drachme, de bi-carbonate de soude, 5 grains, de teinture de gentiane une drachme, d'eau, une once ; mêlez. La quantité de bière, vin ou spiritueux, doit se diminuer de moitié tous les deux ou trois jours, jusqu'à la ration fixée plus bas pour l'entraînement. Le tabac doit être complètement sujh primé. J'ai trouvé invariablement que l'abstinence totale en fait de fumée de tabac était chose plus facile que la tempérance. Il n'y a pas autant de danger à s'en priver que pour le vin, les liqueurs ou la bière, et par le fait il n'y a même aucun danger; c'est l'inverse pour l'alcool. Je suis d'avis en consé-

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[Uence, quand la eonstitutiou souffre par Tabus de la fumée i de la boisson, de supprimer Tune tout d'un coup et absoîuhent, mais d'avoir soin de ne se priver que graduellement de 'autre mauvaise habitude. Quant au stimulant à adopter penlant i'entraînementj tout dépend des habitudes antérieures, ians beaucoup de cas, quand l'estomac n'est pas très boulerersé, la bière suffît ; si elle est saine et sans mélange, c'est la ioisson la plus salutaire. Toutefois, dans bien des cas, il sers iuisible.de quitter soudainement l'usage du vin et des liqueurs jtde se mettre uniquement à la bière. Dans cette circonstance^ ou peut se permettre de temps en temps un verre de grog à Wu-de-vie ou de \dnde Bordeaux. Ce vin, quand on l'aime j tet excellent pour la diminution graduelle des stimulants. Il n'y ipas de vin qui convienne mieux au système nerveux, et si on ë mêle avec de l'eau de seltz, on peut en consommer une bonne [uantité, quand on a été accoutumé à im plus fort stimulant, îuand l'estomac est très dérangé, on peut épicer son vin et le prendre chaud. Il ne vaut rien pendant l'entraînement, mais il st excellent pour s'y préparer. Ceux qui ont fumé et bu à 'excès ont excité leurs reins et leur peau à sécréter une quanîté de liquide au-delà de leur rôle naturel. C'est un effort de k nature pour se débarrasser d'un poison qui a été absorbé lans l'organisme, mais l'efifet ne cesse pas immédiatement iprès la suppression de la cause. Il s'en suit que la soif conti- Que, et qu'il faut l'apaiser avec quelque liquide.'C'est pour cette !aison que je conseille le vin de Bordeaux et l'eau de seltz à 5eux qui peuvent en faire la dépense, et à ceux dont les finanîes n'admettent point un pareil luxe, du porter ou de la bière anère, mêlés à proportion égale avec de l'eau de seltz. Dans ces drconstances, il ne faut administrer les purgatifs qu'avec le )lus grand soin. Aucun viveur ne peut supporter une forte mé • lecine apéritive sans dommage pour son organisation, et bien lue l'ony ait souvent recours , c'est une pratique qu'il ne faut adopter qu'avec les plus grandes précautions. Si le îÈbie agit bien (ce lue l'on reconnaît à la couleur jaune oubrune des excréments) 'on peut prendre une simple médecine noire, consistant en une lemi - once d'essence douce de séné avec une petite cuillerée à thé de sel dissous dans une once d'eau chaude ; ou bien m peut prendre le soir deux pilules compactes de rhubarbe. Si, au contraire, les matières sont d'une couleur argileuse, il fendrait prendre le soir cinq grains de pilules bleues, suivis de.

la potion ci-dessus, le lendemain matin. Si les intestins soiit relâchés et disposés à agir plus d'une fois par jour, il faudrait prendre deux ou trois fois dans la journée un verre à vin de décoction de quinquina avec une cuillerée de teinture compacte de quinquina. Si les intestins sont très- relâchés on peut ajouter à chaque dose 20 ou 25 gouttes de laudanum, et si les déjections sont très-aqueuses avec des douleurs cuisantes, 25 ou 30 gouttes d'acide sulfurique pourront se mêler à cette potion avec avantage. Ce régime guérira presque toujours la diarrhée ; il est aussi fort utile pour donner du ton à T estomac et créer un appétit ; mais si Ton a besoin de remèdes plus efficaces, il faut tout de suite se décider à faire appeler un médecin. Pendant tout le temps que Ton consacre à ce régime, il est de la plus grande importance que Tesprit soit occupé ou plutôt diverti de quelque façon. L'on ne peut trop insister sur ce point, car de là dépend en grande partie le rétablissement de la santé. Il n'y a peut-être pas de principe plus négligé, tant dans la préparation que dans l'entraînement lui-même , et c'est cependant celui dont on devrait se pénétrer le plus. D'abord l'exercice du corps sans amusement est une vraie corvée ; il fatigue, mais ne répare pas les forces, tandis que si on le prend avec un peu d'entrain moral, la fatigue se sent à peine, et le peu qu'on éprouve se dissipe par une réaction qui invite à recommencer le mêmjg exercice. Que chacun observe le contraste entre la marche à pied et à. cheval, sans but et sans compagnon, avec les mêmes exercices ayant un but déterminé, tel qu'une visite, et surtout en société d'un camarade amusant. En revenant d'une promenade dite de santé (sans doute parcequ'elle ne l'améliore en rien), l'on est fatigué et abattu, tandis que dans une excursion en société, l'on éprouve une gaîté proportionnée à son but et aux qualités agréables de son compagnon. Rien n'assure mieux la réussite d'un traitement de ce genre que de convenir avec une autre personne de s'entraider par l'exemple. Que deux personnes s'engagent sérieusement à se contrôler en cas de tentations, et à s'entr' amuser, soit en boxant avec les gants, ou faisant des armes, ou montant à cheval, ou se promenant à pied, ou tout autre exercice gymnastique. Cette méthode aidera au rétablissement de la santé de tous les deux, et il leur sera beaucoup plus facile de mettre le holà sur le voisin que sur eux-mêmes. Lors même qu'ils se ne devraient pas suivre le même genre d'entraînement, la pré-

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^ration est toujours la même, puisque, dans tous les cas, elle I pour but principal de renoncer aux aliments et aux boissons nuisibles, d'éviter de fumer ou faire Tamour, tout en prenant an exercice qui ait de l'agrément et qui donne une certaine htigue au système musculaire sans Taccabler. Dans cette période, la nourriture doit être simple, mais variée. Le bœuf et le mouton rôti, souvent sous la forme de côtelettes ou de beefrteaks, avec tous les légumes qui plaisent, sont parfaitement convenables. La volaille, le gibier et le poisson ne font aucun pal; la pâtisserie elle même, si elle est bonne et simple, ne ïaurait nuire. Il vaut mieux remettre le régime sévère jusju'à l'époque du véritable entraînement; car il est rare que l'estomac puisse le supporter un peu longtemps. Au temps où |ous vivons, il est à peine nécessaire de prêcher l'usage des pendes ablutions à l'eau froide tous les matins. Il ne faut pas chercher à se baigner pendant cette préparation, bien que dans l'été on puisse avec avantage se plonger une fois dans la rivière ou encore mieux dans la mer. Mais en toute saison tout le corps devrait être épongé chaque matin. Dans les temps trèsfpoids, l'on prendrait de l'eau à la température de 60 à 65 degrés de Fareinheit. Le corps devrait se bien frotter avec du pros linge jusqu'à ce que la peau commence à briller. Il est avantageux de se faire aider dans cette opération. Si la réaction se produit promptement, l'on peut mettre une chemise de calicot ; mais, dans le cas contraire, pendant l'hiver. Ton peut mettre un gilet de flanelle sous la chemise. Cette précaution devient au reste rarement nécessaire, puisque ceux qui sont assez délicats pour en avoir besoin ne sont pas souvent en état d'affronter les fatigues d'un entraînement. Telle est la tâche relativement aisée qui se trouve dévolue à ceux qui ont continué à prendre beaucoup d'exercice concurremment avec un libre usage du vin, du tabac et tous leurs petits et cœtera.

294. — Le traitement des viveurs indolents, qui ont eu les mêmes faiblesses épicuriennes, tout en laissant leur corps dans un repos absolu ou ne lui donnant que l'exercice nécessaire pour aller à leurs plaisirs, présente bien plus de difficulté. Il faut dans ce cas un grand empire sur soi-même, et malheureusement c'est la qualité qui manque ordinairement à ce genre de personnes. Peu de jeunes gens s'abandonnent de la sorte, à moins qu'ils ne soient d'une nature faible, cédant à toute importunité et incapable de résister à la tentation. Bien des hom-

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ines pleins de force morale et physique ont été entraînés vers ïa dissipation oa plutôt s'y sont jetés d'eux-mêmes par suite de l'impétuosité de leur tempérament. Ces natures n'ont qti*à prendre une résolution pour qu'une chose soit faite; ils se décident à prendre ou à laisser, et « c^est un fait' accompli (1). » Mais c'est bien différent pour l'homme d'esprit faible et vacillant, eût-il un corps herculéen. Hélas! quarante fois par jonr il prend une résolution, et y manque aussi souvent ; il excite à la fois la compassion et le mépris. Un tel homme peut être dominé par une volonté supérieure, mais il est rare qu'il ait la fùrce de se contrôler lui-même. La vue d'un cabaret lui présente de trop fortes tentations : il ne saurait y résister. Bien que, sous le contrôle d'un autre, l'on puisse momentanémenf tirer parti de lui, il vaut rarement la peine que l'on se donne à son égard, puisque le moindre manque de vigilance peut causer un écart qui bouleverse tous les bons effets des soins antérieurs. Ici, la difficulté consiste à trouver de l'amusement pour le corps et l'esprit, tant les habitudes d'intempérance et de paresse ont causé de dégoût de tous les exercices, ou encore, dans bien des cas, c'est l'indolence du corps et de l'esprit qui a mené à l'intempérance. Si toutefois l'on désire opérer le changemeni d'existence au moyen de cette surveillance, il faut qu'elle soit aussi graduelle que pour le régime déjà décrit et encore plus graduelle, eu égard à la quantité et à l'espace d'exercice adopté. Souvent un homme d'im bon naturel et d'un caractère facile s'est adonné atix excès et à la paresse, et cependant, en sa qualité de bon rameur, on a recours à ses services dans le bateau de son collège ou de son • université. Voici un cas où l'on peut se donner un peu de peine pour le guérir, et c'est encore une expérience fort hasardeuse. Le seul plan à suivre est de confier le pauvre garçon à une personne qui soit en état d'exercer sur lui un contrôle ferme, mais tranquille, et de bien convaincre cette personne de la nécessité de surveiller son protégé à toute heure du jour et de la nuit. Il devra marcher à ses côtés à pied comme à cheval, et commençant par de courtes distances et les augmentant graduellement. Que, par tous les moyens, il l'attire aux parties de cricket, aux courses de lévriers, de chevaux, enfin à tout amusement en plein air capable d'attirer son attention et en même temps de tenir son corps en léger exer-

(1) En français dans l'original.

îee s?m8 Vépuiaer ; ramenea-le ensuite à la msâson, faites*}e dîer modérément, puis après une partie de billard, à'écliecs ou e cartes qui dure une heure ou deux, persuadez-lui, s'il est K)ssîble, de se mettre au lit. Ce n'est pas le cas de chercher à liminuer le nombre d'heures de sommeil ; laissez-le couché osqu'à neuf ou dix heures du matin, parcîe qu'en raison de ses labitudes antérieures, il aura besoin d une dose de repos aulessus de la moyenne, et puis il y aura déjà bien assez de difBailtés èi le garantir des tentations pendant les heures où il sera lebout. De cette façon, ces deux classes d'hommes peuvent être fendus à la santé, ou au moins être remis en état d'entrepren- Ire le dur travail et le régime sévère q^ue nécessite un entraîiiement pour une lutte quelconque. Les hommes de chacune de pes deux catégories seront probablement beaucoup plus gros et plus lourds qu'il ne le faudrait pour avoir leur maximum de force ; mais cela n'arrive pas toujours, et quelquefois l'homme fjui a cédé à toute espèce de tentation a perdu dti poids et le recouvre ensuite quand il renonce aux stimulants qui ont bouleversé son estomac.

295. — L'homme trop studieux. — Avant de passer au traite • ment des gens qui étudient trop, qu'il me soit permis de rappeler à ceux qui veulent briller par leurs travaux littérairefs que, sans la santé du corps, l'esprit n'est pas en état d'acquérir de la science. Il est vrai que bien des pefrsonnes, après s'être meublé la tête de faits, sont encore en état d'enseigner aux autres tout en étant devenus complètement valétudinaires ; mais, dans cet état de souffrance, personne ne peut lutter pour luimême contre la difficulté. Bien du temps se perd et de là forcé se dissipe par une excessive ardeur de lecture, et je demeufe fermement et pleinement convaincu que si l'on emploie bîeù luit et au plus dix heures par jour, c'est-à-dire si l'on travaille très-sérieusement pendant ce temps, l'on aura accompli tout ce que peuvent supporter les forces de l'esprit. Il restera sept ou huit heures de sommeil et six ou sept pour les repas, l'exercice, etc. Toutefois, peu de gens de tempérament ardent et d'habitudes studieuses sont capables de proportionner leur temps de cette façon ; mais ils peuvent bien compter sur le fait déjà énoncé, qu'au delà de huit ou dix heures, ils ne gagneront rien à pâlir sur des problèmes de mathématiques où des

auteurs classiques. Si l'on suivait ce précepte, les conseils que je vais donner deviendraient inùfiïes ; mais, paf suite de là

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constitution de Tesprît humain, il est probable qu'on ne l'observera guère. Il est inutile de faire observer que, pour un esprit bouleversé par des études littéraires ou des calculs mercantiles, le meilleur système est d'abandonner momentanément la lecture et Técriture ; mais il est rare que cela soit praticable, et dans ce cas, tout ce que Ton peut faire, c'est de favoriser autant que possible la santé du corps pendant que la tension d'esprit dure encore. Aux hommes qui peuvent eux-mêmeB régler leurs heures d'étude et qui ont un temps donné pour accomphr une tâche, je recommanderai énergiquementdenc jamais excéder huit heures par jour et même six, s'il est possible. Cette disposition leur laissera tout le temps de suivre l'entraînement nécessaire, et si la santé n'a pas été dérangée, et si la constitution est naturellement forte, l'on trouvera qu'à mesure que l'on pourra augmenter l'exercice du corps, l'esprit reprendra du ton. Revenons aux détails. Peu d'hommes voués à la lecture se décident à un entraînement avant d'être trèsdérangés par la vie sédentaire, et il faut qu'ils observent certains soins préliminaires. J'insisterai d'abord pour qu'ils renoncent à la fumée, au thé vert et au café en dehors des repa& Ils éviteront toute surexcitation du cerveau et travailleront sans aucun stimulant contre nature. L'on se trouvera bien d'avoir deux pupitres pour lire, l'un étant assis et l'autre étant debout. Quand on s'appesantira et que l'on aura de la peine à fixer son attention étant assis, l'on changera d'attitude, et l'on n'aura plus besoin de thé vert ou de linges mouillés sur 1» tête. Je conseillerai ensuite de diviser les heures d'étude en deux périodes égales : la première commençant immédiatement après déjeuner, et la seconde immédiatement après le thé. De cette façon, tout le milieu du jour pourra être donné à la récréation, à dîner et à l'exercice ; et voici les heures que je propose comme les plus convenables, bien que par circonstance on puisse les varier quelque peu : Déjeuner à huit heures, lecture de huit heures et demie à midi et demi, léger lunch, composé d'un biscuit ou de sandwichs, avec un verre de bière amère ou de sherry mêlé à de l'eau ; exercice de midi et demi jusqu'à quatre heures et demie ; dîner à quatre heures et demie, repas du corps et de l'esprit jusqu'à six heures et demie; puis prenez une tasse ou deux de café ou de thé noir, puis lecture pendant deux, trois ou quatre heures, suivant les circonstances. Couchez -vous ensuite. Au commencement de ce

régime, Texercice doit être très-doux et d'un genre amusant. Si Ton peut monter à cheval, tant mieux, quoique ce genre d'exercice ne soit pas assez fort pour faire partie d'un entraîrnement, excepté comme préparation pour la marche ou la course. Bien des gens peuvent se permettre un somme après dîner et s'en trouvent bien ; mais, en thèse générale, cela ne vaut rien. Cependant, si l'on se trouve la bouche fraîche en s'éveillant et s'il n'y a ni palpitations de cœur, ni flatuosités, je suis fort d'avis que cela est plutôt favorable. Le sommeil après le repas est instinctif chez tous les animaux, et certainement aussi chez l'homme. La raison pour laquelle on prétend qu'il est préjudiciable après dîner, c'est qu'il est si souvent interrompu, qu'il ne peut produire son effet. L'on sait qu'à toute heure le sommeil interrompu est nuisible, et si l'on ne peut l'obtenir sans beaucoup de chances de dérangement, il vaut encore mieux l'éviter tout à fait. Mais si l'on peut y consacrer une heure ou un peu plus, et que cela convienne au tempérament particulier de l'individu, l'esprit se sentira rafraîchi aussi bien que le corps, et après une tasse de thé ou de café, les études pourront se reprendre avec une nouvelle vigueur. Je viens d'indiquer comment l'homme studieux peut consacrer un temps suffisant à la conservation ou au rétablissement de sa santé, et aussi, comme nous le verrons plus bas, se mettre en mesure de se soumettre à un entraînement pour toute lutte ordirèaire à la rame ou aux exercices d'agilité. Prenons maintenant les commis de bureau. Pour ceux-ci, les heures sont fixées, et tout ce que l'on peut faire doit se terminer avant neuf heures ou neuf heures et demie du matin, ou bien, pendant l'été, on peut s'exercer le soir après les heures de bureau. Malgré tout cela, bien des hommes se sont entraînés, mais c'est une besogne ardue et hérissée de difficultés. En hiver, il ne fait guère jour avant huit heures, et par conséquent il ne peut être question de suivre dans cette saison un entraînement régulier. A cet effet, la meilleure marche à suivre est de se loger de façon à être obUgé à faire une bonne promenade pour aller et revenir du bureau soir et matin. Cela vaut beaucoup mieux que d'entreprendre une promenade sans but, car, dans notre climat, les obstacles que présentent les variations atmosphériques sont tels, que trois ou quatre fois par semaine on remettrait la promenade à un autre jour. Mais quand on est obligé, de marcher par tous les temps, le bénéfice pour la sftnté ^ trouve

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aâsuré, et un Anglais se trouye de plus Ratifié du privilégf de grogner. Ainsi, en consacrant une heure seulement soir et matin h faire une marche de quatre miUee jusqu'à son bureaii eu comptoir, Ton aura pris assez d'exercice de corps pour pouvoir se maintenir en assez bonne santé pendant la mauvaise saison, et en été il est posssible d'étendre la promenade, et mftmev en se levant très tôt, de suivre un entraînement régulier* Pe» dant que nous traitons ce sujet, je voudrais pouvoir convaincri les directeurs de^ établissements où l'on réunit des jeunes gem pour aflfeires de commerce, qu'il faudrait un espace de tempi réglé pour leurs repas. Je crois que l'on a l'habitude de ftdfi dîner d'abord une moitié ou un tiers des jeunes employés, e| puis, dès qu'ils ont rapidement avalé ce repas, ils sont remplacés par la division suivante. L'on considère ce systtai« comme fort avantageux pour les propriétaires (je n'en suis pal trèfr^onvaiucu), mais je sais que cela est fort préjudiciable aui employés. Dans bien des cas, l'on travaille dix heures par joup^ et quelquefois plus, sans autre interruption que cette échauf* fourée qui tient lieu de repas. C'est plus que la nature ne peut supporter. Les garçons de ferme eux-mêmes, ou les ouvriers des fabriques, ont une heure pour le déjeuner et unç autrt pour le dîner ; après quoi ils reprennent leur travail avec um provision de force nerveuse. Les conséquences de cette longue contrainte de l'esprit et de l'énergie animale sont des momeott d'accablement, pendant lesquels l'on commet des erreurs qii font plus que contrebalancer les prétendues économies (to temps. Les conseils que j'ai donnés plus haut s'adressent principalement à ceux dont la santé est encore assez bonne pour permertte la continuation des études habituelles ou Texercici d'un emploi. Mais il y a bien des cas où l'esprit et le corpB sont tellement bouleversés, qu'il est non-seulement prudent, mais indispensable de renoncer à tout travail exigeant de l'at* tention. Ceci commence à sortir de ma partie, car, dans oe cas, il faut toujours appeler un médecin et suivre ponctuellement ses prescriptions. Cet état ne survient d'ailleurs guto sans de tels dérangements d'estomac que les remèdes et la diète ne deviennent indispensables, et alors^ c'est le moment d'avoir recours à la direction et au contrôle moral d'un habile médecine II y a quelques personnes pour lesquelles il suffira de changement d'air, de voir une société agréable et de prendre un exercice modéré ; mais 11 est impossible de tirer un« UfUi

Î.É CHEVÀX ANGLAIS, $ll

il démarcation, le mieux sera doue de consulter un homme de

kction II. — L'Entrainement réel. — Soins généraux et régime,

396. — Entrainement pour la marche. — Quand on projette fue lutte à la course ou à la marche, une petite course avant Sjeuner pendant une demi-heure suffira pour vider les intes^ grêles de leur dernier repas et préparer Testomac pour 1^ ïjeuner. Il serait fâcheux de différer plus longtemps ce repa^, Urtout si, comme cela doit être, Ton n'a guère soupe que de |om. Pendant une heure après déjeuner, c*est-^dire jusqu'î^ ^ès de onze heures, le pedestrian devrait s'amuser selon ses pûts, soit au hillard, soit atout autre jeu, mais à onze heures Idoit être revêtu de son costume de marche, en flanelle de la été aux pieds. Pour souliers il n'y a rien de tel que les em-^ ^ignes en peau de chien, avec une semeUe passablement ipaisse pour marcher, et beaucoup plus mince pour courir, De iDze heures à deux, ou deux heures et demie, la prenaière toarche doit se soutenir sans s'arrêter un moment, ou du moins pela s' observera après la première semaine qui sera consacrée à iugmejater graduellement les heures d'exercice de ime heure It demie à trois heures et demie de marche. Dans tous les cas, je pedestrian doit être accompagné par son entraîneur qui doi famuser autant que possible par ses anecdotes et sa conversaion. Après dîner il faut donner une heure ou deux au repos dans la position horizontale sur ui^ matelas dur ou un canapé m crin, après quoi il faut parcourir la même distance ou h peu près. Il faut bien se persuader que les distances parcourues dans l'entraînement doivent être proportionnées aux projets du pédçstrian. Ainsi pour se préparer à courir ou à marcher peiidaut une courte distance, il n'a qu'à se tenir en bonne ^anté et s'y m^-intenir par les moyens indiqués ci^dessus» Quant à l'exerdce, il suffit de consacrer deux ou trois heures à marcher ou à courir, Un exercice plus prolongé tend à diminuer la vitesse ^ mais si Ton veut s'entraîner pour une longue distance il faijt jusqu'à un certain point sacrifier de la vélocité. Il est hors de doute que l'on perd presque entièrement sa vitesse, si Top s'exerce plus de trois ou quatre heures pfir jour, j'eîiteft4e la tnlem pour ç^nt ou deucp c^nta ym^ds. Mais si le but 4# rentpaîn^r ment est d'f^ttHBipdre la pluii graqde nt^m^ que l'pu pi^issa ^ou-^ tenir pendant 10 ou 15 milles, alors il faut mettre à l'épreuve

la force de résistance, et rentraînement doit consister beaucoup moins à franchir cette distance le plus vite possible qu'à la parcourir avec cinq milles en sus avec une allure moindre, avec des poussées à toute vitesse de temps en temps. L'entraîneur doit être lui-même un bon marcheur, et doit développer les moyens de son élève en marchant en compétition avec lui, ayant soin de ne pas le décourager en prenant la tête, même lorsque cela lui est facile. Il faut tout juste le stimuler parla concurrence, et cependant Tencourager en se laissant battre dans cette lutte amicale. Dans bien des cas, tout dépend du traitement moral, et bien des courses se perdent par l'anxiété que Ton ressent plusieurs jours et plusieurs nuits avant le moment de l'épreuve. Chez les autres animaux cette prescience de ce qui doit arriver n 'existe pas, c'est la plus grande difficulté que l'on éprouve pour l'entraînement des hommes, dont plusieurs resteront sans sommeil pendant des nuits consécutives par inquiétude sur le résultat. Il faut donc que l'entraîneur encourage son homme par tous les moyens, et s'efforce de dissiper cette crainte de perdre, en lui inspirant dans toutes les occasions de la confiance dans ses moyens.

297. — L'entraînement pour la course est dirigé par des principes analogues à ceux que l'on applique pour la marche, si ce n'est que, pour les courtes épreuves, il est à éviter de faire trop d'exercices préliminaires en courant. La marche doit servir à améliorer la santé générale, et il ne faut faire à la course que la distance pour laquelle l'on doit concourir. Au delà de cette méthode, la course trop prolongée rend l'homme lent, et il est porté à laisser tomber ses mains, pratique fatale dans la course rapide. En préparant son homme pour ces courtes épreuves, l'entraîneur lui fera courir tous les jours deux ou trois fois la distance convenue et courra contre lui avec une concession de quelques yards d'avance, ce qui donne confiance, ou bien il comptera le temps juste mis par l'élève à parcourir le terrain et gardera pour lui le résultat obtenu. Quand la distance est plus longue, il faut la parcourir une ou deux fois tous les jours, suivant sa longueur, à une bonne vitesse et avec tout l'encouragement et l'animation que cause la concurrence avec l'entraîneur. Dans tous les cas d'entraînement pour de longues distances, cinq ou six heures par jour au moins doivent se consacrer h marcher et à courir, passant de l'un à l'autre comme soulagement dans les premiers temps ; mais à la fin, il faut tous

IB jours dépasser un peu la distance fixée, à moins qu'elle ne se touve être refiPbrt extrême des forces que Ton suppose au couenr. Dans ce cas, il se trouverait surmené s'il accomplissait sa. àche tous les jpurs, et il ne doit faire que ce que son entraîneur dgera pouvoir s'accomplir sans cet effet préjudiciable. Toutebis, l'homme supporte la fatigue d'une façon merveilleuse, et, [l'appétit se conserve bon et le sommeil profond, sans rêves et kns sursaut, l'entraîneur ne doit pas trop craindre que son iomme travaille trop.

298. — Rédmtion de la graisse. — Usera, je crois, généralement opportun de prescrire, avant de commencer l'entraîneûent sérieux, une médecine apéritive à dose ordinaire. Elle burra consister en huile de castor ou en sel d'Epsom avec du Èné appelée médecine noire, et, chez quelques personnes, les Sflules de rhubarbe concentrée réussiront très-bien. Si le foie 1^ engourdi (ce qui se connaît à la couleur pâle des excréments), [faudrait prendre le soir cinq grains de. pilule bleue et le main l'un des autres médicaments et répéter ces remèdes tous les feux ou trois jours, jusqu'à ce que la couleur devienne franiement brune ou jaune. Pour tout autre motif, il faut éviter es médecines apéritives, et l'on trouvera généralement qu'atfès la première dose, que je crois bonne pour nettoyer les lûtrailles de toute nourriture mal digérée, l'on n'en aura plus ^in. Il y a des hommes qui ont une telle abondance de

S^aisse que leur poids s'élève à deux et même trois stones de us qu'il ne devrait. Non-seulement il faut porter ce poids en ïerte sèche, mais la graisse elle-même gêne le mouvement àes nuscles et surtout l'action du cœur. L'on peut adopter deux néthodes de suée, l'une naturelle, l'autre artificielle ; mais âiacune doit être mise en usage le matin, en ayant soin de se lever un peu plus tôt dans ce but.

299. — La suée naturelle se pratique en mettant un supplément de vêtements, particulièrement sur les parties chargées de paisse. Si donc les jambes sont dans ce cas, l'on doit mettre leux ou trois pantalons ; si l'abdomen est gros, alors on suspend au cou un double tablier de flanelle passant sous le pantalon ; si les bras et le cou se trouvent chargés, l'on met un, deux ou trois jerseys très-épais et l'on s'entoure le cou d'un châle de laine. Quand on est ainsi vêtu, une promenade un peu vive ou une course lente de quelques milles amène une transpiration j^bondante que l'on peut prolonger pendant environ une heure,

soit en se mettant sons des couvertures à cheval, ou sous un lit de plume, ou en s' étendant devant un bon feu. Au bout de ce temps, il faut se mettre nu, en commençant par le haut 9u corps et frottant chaque membre avec de Teau chaude mêlée de sel avant de Tessuyer avec du gros linge. Puis on doit faire bon usage des gants de Dînneford et s'habiller commeàTordilïaire, en ayant soin de n'exposer chaque membre que le moins longtemps possible. Telle est la méthode naturelle.

300. — La suée artificielle consiste dans le système dont Preîstnitz est l'inventeur et que d'autres praticiens ont tant employé dans ce pays. Voici en quoi il consiste : Le corps est mis à nu et enveloppé sur-le-champ d'un drap sorti de l'eau froide en le tordant, sans pour cela en faire sortir toute l'eau. Puis on roule le patient dans une couverture épaisse, y compris les bras, comme une momie, et on le met jusqu'au cou sous un lit de plume. Dans un quart-d'heure, ou un peu plus, la réaction s'opère, et une abondante transpiration ruisselle sur la face et sur tout le coi*ps. Les hydropathes ont coutume de faire boire au patient une quantité d eau froide, par petites gorgées à la fois, pendant le tempi» de la suée. Mais pour notre objet, cela ne vaudrait rien h cause du travail que cela donne aux rognons, ce qui affaiblit considérablement tout le corps. Quand cette suée a duré une heure ou une heure et demie, il feut tout retirer et puis verser de l'eau froide sur toutk corps, soit au moyen d'une douche en arrosoir ou d'un simple pot h Teau ; puis on frictionne jusqu'à ce que l'on soit sec et on S'habille. Cette méthode artificielle expose beaucoup moins aux rhumes que la méthode ordinaire et ne donne pas la même fiitigue ni le même épuisement. Elle donne aussi beaucoup de légèreté et d'élasticité et ses effets peuvent mieux se graduer. Elle a néanmoins l'inconvénient de rendre sujet aux furoncles qui, même sans cela, gênent souvent les rameurs. Quelle que soit la méthode adoptée, partout où il y a un amas de graissa il faut y entasser une quantité de vêtements, particulièrement si les épaules sont chargées et chevillées. Personne ne peut bien allonger les mains au delà des orteils si ses épaules ne sont pas libres ou si son abdomen est trop développé, et la première chose à faire, c'est de faire tomber la graisse, ainsi que je l'ai indiqué. L'une et l'autre de ces méthodes peuvent s'appHquef deux ou trois fois par semaine, et cela est fort préferablc $uï

suées pendant la nuit à Taîde de la poudre de Couvres ou tout autre médicament autrefois si en renom.

301 . — Emploi des liqueurs sudorifiques. — Quelque médecine que Von emploie pour exciter la transpiration, il serait imprudent soit de se laver à Teau froide le lendemain matin, soit d'exposer le corps au froid, comme on le fait en allant ramer. Il faut donc les rejeter quand on se pré pare à un exercice qui nécessite d'exposer le corps à Vair. L'on a longtemps soutenu que, pour se préparer à un exercice de longue haleine ou très-rapide, la médecine sudorifique était absolument nécessaire, et il est certain que beaucoup de nos meilleurs coureurs en ont fait usage. Je démeure néanmoins convaincu que le drap mouillé des hydropathes vaut mieux pour le but du pedestrian. Ce système rend Thumeur plus gaicj donne plus d'agilité et moins de tendance à la raideur rhumatismale. Que l'on en fasse l'essai, et Ton jettera pour toujours la médecine aux chiens, au moins pour les suées. Ou peut l'employer deux ou trois fois par semaine avant déjeuher et se retirer chaque fois une livre et demie, deux livres et même trois. Si Ton se prépare pour les exercices du pedestrian, il faut charger de vêtements les bras et le corps beaucoup plus que les membres inférieurs. Le premier motif est de débarrasser les grands viscères de toute graisse pouvant intervenir dans leurs fonctions, et le second de diminuer le poids du corps audessus des hanches, savoir : vers l'abdomen, la poitrine, le cou et les bras qui ne servent pas beaucoup dans la course et la marche relativement aux jambes. Il est fort aisé de n'appliquer le drap mouillé que sur le tronc et les bras et de ne couvrir que légèrement les jambes, juste assez pour les ptéseiver du froid. Les suées naturelles ne sont pas admissibles dans ce genre d'entraînement, parce que, en raison de la surcharge de vêtements, l'on serait porté à raccourcir l'enjambée , ce qui rend l'allure lente, traînante et misérable. Il reste donc à choisir entre la suée dans les draps mouillés, ou à prendre le soir un scrupule de poudre de Dover, ou une demi-pinte d'un breuvage composé de vin blanc mêlé à trente gouttes de vin d'antimoine et autant d'extrait doux de nitre. C'est certainement un puissant sudorifique ; mais il boulevefse l'estomac et îfiLîsse la peau très-impressionnable ati froid. Quel que soit le parti que l'on preutie, le corps entier doit se frotter soir et tnatiù avec les gants de Dlnnefefd.

302. — Le régime suivant se trouvera, je crois, le mieux adapté aux différents modes d'entraînement, excepté pour s'ôter du poids pour les courses à cheval, sujet que j'ai traité page 250 (cas où il faut cruellement se restreindre Tappétit).

Déjeuner. — Il est hors de doute que la meilleure nourriture pour ce repas est la tisane de farine d'avoine, en y ajoutant un peu de pain et une certaine ration de bœuf ou de mouton. Mais beaucoup de gens ont une grande répugnance pour ce mets et n'en peuvent manger sans dégoût. Pour ceux-là, je crois que le breuvage le plus convenable est une pinte de bière de table faite à domicile, pas trop forte; il faut alors aussi augmenter la ration de pain. Il ne faut pas chercher à éteindre l'appétit, à moins qu'il ne soit énorme ou qu'il n'y ait une grande surabondance de graisse ; mais je crois que l'on reconnaîtra qu'il est bien plus avantageux de perdre du poids par la transpiration et l'exercice que par le jeûne. La meilleure manière de cuire la viande est de la griller, et il faut que je dise un mot de la façon de l'apprêter. Généralement l'on conseille de manger les beefsteaks et les côtelettes extrêmement peu cuits et à l'état saignant ; je suis sûr que c'est une erreur. En grillant, l'on perd très-peu de substance . nutritive dès que l'extérieur a été saisi par le feu. Si donc rien ne se perd, il y a bea\icoup à gagner en gardant la viande sur le gril jusqu'à ce qu'elle soit entièrement cuite, la plupart des gens la trouveront meilleure, et tous la digéreront mieux. J'ai connu bien des personnes tout à fait dégoûtées par les chiffons rouges qu'on leur servait, et par suite de leur répugnance, ils ne pouvaient digérer la viande ainsi apprêtée. Le thé et le café ne valent pas grand'chose pour l'entraînement, bien que je ne les croie pas aussi mauvais qu'on le suppose, si on ne les prend pas trop forts. Le chocolat est trop gras et ne vaut pas le thé, qui d'ailleurs ne doit jamais être vert. Je suis porté à croire que,j dans les cas où l'on prend habituellement le thé ou le café, et quej la tisane d'avoine ou la bière sont antipathiques, il vaut mie continuer son premier régime que de se forcer pour le chan, trop complètement. Il faut se priver avec soin de beurre, d sauces et d'épices, et n'employer comme condiment que du sel et une légère dose de poivre noir.

Le dîner. Ce repas important doit consister en bœuf ou mouton rôti. Par occasion pour changer, l'on peut se permettre un gigot bouilli, mais le veau, le porc, le bœuf salé ou le lard nç

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sont pas admissibles ; il en est de même de l'oie, du canard et g'énéralement du gibier à plumes. Toutefois les poulets rôtis, les perdrix ou les faisans font une bonne nourriture. Le lièvre 5*accQrapagne trop ordinairement d'une farce très épicée sans laquelle il est à peine mangeable. Rien ne vaut mieux que la venaison, quand on peut s'en procurer, mais elle doit se manger sans sauce épicée et sans gelée de groseille. Quant aux légumes, Ton peut manger des pommes de terre, mais en petite quantité, pas plus d'une ou deux par repas. Le chou-fleur et le brocoli ne se tolèrent que de temps en temps pour varier le ré^me ; tout autre légume est proscrit. Le pain peut se prendre à discrétion avec une pinte ou^une pinte et demie de bonne bière, bien saine, fabriquée chez soi. Si cette partie du régime ne convient pas. Ton peut boire pendant le repas un peu de Xérès et d'eau ou de vin de Bordeaux mêlé d'eau, et après le dîner, un verre ou deux de Xérès ou de bon Porto. Quand l'entraînemeut dure un peu de temps et que l'estomac avait préalablement l'habitude du poisson blanc, comme la morue et les soles, on peut en prendre pour varier un peu le régime. Rien ne dérange plus l'estomac d'un homme que de se tenir à une seule denrée, le toujours perdrix peut vous dégoûter même d'une aussi bonne chose. Voilà ce que l'entraîneur ne doit jamais perdre de vue. Il n'a pas à sa disposition un cercle d'une bien g-rande étendue, mais au moins qu'il le parcourre dans son entier développement. Il est même désirable de faire prendre un pudding' de temps en temps, mais il doit toujours avoir pour base le pain. Une bonne cuisinière fera toujours un pudding très appétissant avec du pain, un peu de lait, et un ou deux œufe. Servi avec des grosseilles vertes bouillies ou toute autre confiture commune, cela n'est ni désagréable aupalaisnimauvais à l'estomac ; mais que ce ne soit qu'une variété et non un mets usuel. Le fonds du régime est le bœuf et le mouton avec du pain ou de la panade d'avoine, et si l'estomac et le palais s'en contentaient il n'y aurait pas lieu de varier ; mais comme cela arrive rarement, il vaut mieux ne pas entreprendre un régime trop rigoureux.

L? souper. Beaucoup d'entraîneurs désapprouvent ce repas, mais je me suis convaincu par l'expérience qu'à moins que l'entraînement ne dure assez longtemps pour accoutumer complé- . tement au jeûne prolongé entre le d ner et la matinée du lendemain, il vaut beaucoup mieux permettre un léger repas à

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huit heures, A oet effet, la panade de gruau d'ayoine est ce qui convient Je mieux, et personne ne se trouvera mal d'en prendre une pinte avec un peu de pain grillé mangé sec ou trempé dans le gruau. Je ne vois pas que la viande soit jamais nécessaire le soir, excepté pour les constitutions très délicates qui ont besoin d'être particulièrement reconfortées. Dans ce cas, î'ai reconnu qu'une côtelette prise le soir avec un verre de Porto, ou même de Xérès à l'œuf, était un excellent moyen de maintenir la vigaeur. Bien plus, on trouvera que l'on ne peut poser de règle absolue applicable à tous les cas, et il faut à l'entraîneur beaucoup d'e^^périence et d'aptitude pour amener ensemblô plusieurs hommes au même degré relatif de leurs forces respectives. Rien n'est plus propre à faire perdre des chances de victoire à l'équipage d'un bateau que les conditions variables parmi ses membres. Il vaut beaucoup mieux que tous soient également fatigués que d'en avoir la moitié épuisés au commencement de la course avec l'autre moitié conservant leur pleine vigueur. Voilà pourquoi, comme je l'ai déjà fait remarquer, quelques-uns demanderont une nourriture plus abondante et plus fortifiante que les autres. Si par exemple les habitudes ont été simples et l'appétit considérable, il faudra ne prescrire que les aliments les plus communs avec très peu de variété. Au moyen de cette précaution, l'on est sur de se nourrir assez, jamais trop, et la quantité d'exercice assurera la digestion. Si, d'un autre côté, la constitution est délicate, avec manque d'appétit, embarras de digestion et tendance à trop d'amaigrissement, alors il faut chercher à varier journellement la nourriture, et, tout en restant dans les bornes de la prudence, se pUer aiu fantaisies particulières du palais. Certains estomacs supportent bien le vin de Porto, et il est souvent indispensable à ceux qui ont une. tendance à la diarrhée. D'autres personnes trouvent un effiet purgatif au gruau d'avoine, et c'est une raison pour éviter d'en prendre en panade. Pour éviter la diarrhée il faut pour quelques-uns que le pain soit mangé grillé, pour d'autres, au contraire, le gros pain bis, fait avec de la farine non blutée, est un bon remède contre la constipation. Tout le pain qu'on mange devrait avoir deux jours de cuisson, et le bœuf et le mouton devraient rester au crochet aussi longtemps que la température le permet. Pour le mouton, le meilleur morceau est le gigot d'un mâle de deux ou trois ans, pour les beefsteaks, un morceau de culotte ou l'intérieur de l'aloyau. Souvent l'on permet à

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réquipage d'un bateau d'entrer dans une taverne au bord de l'eau pendant les heures d'exercice et d'y prendre une pinte ou une demi-pinte de bière par tête. Je suis convaincu que c'est un mauvais système, la force ne devrait jamais dépendre de stimulants immédiats, et il vaut mieux diminuer la tache que de l'accomplir à l'aide de semblables moyens. Je suis parfaitement certain que pendant la période d'entraînement bien peu d'hommes ont besoin déplus de trois pintes, au plus deux quarterons de bonne bière à cinq boisseaux le quartaud, et la moyenne ne dépasse pas deux pintes et demie par homme. Sans doute il faut accorder quelque chose aux habitudes contractées, et à la nature de la constitution. Dans les premiers jours d'épreuve et dans la course elle-même l'on souffre quelquefois beaucoup, la face devient bleue par suite de congestion et la respiration est difficile et pénible. Le meilleur remède est un verre de grog chaud et des frictions longues et vigoureuses sur les jambes, les pieds, les cuisses, et si l'embarras persiste un bain, chaud à 98 degrés.

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