LE CHEVAL DE COURSE DE PUE SANG
Section jT®. — Définition du cheval de pur sang.
Ce n'est point un sujet aussi simple qu'on le suppose, car quoique le pur sang passe pour être uniquement du sang oriental, le fait n'est point exact, si l'on remonte au temps où l'on a commencé à enregistrer les faits. Dans la généalogie d'Eclipsé on trouve les noms de non moins de 13 juments de sang non tracé, et la même quantité de sang impur ou presque autant se trouve dans tous les chevaux de son époque, c'est-à-dire éloignés au même degré des sources primitives de nDs meilleurs familles chevalines. La déiSnition est donc insuffisante , puisqu'elle ne trouve pas son application à un étalon dont le sang coule dans presque toutes les races actuelles, et bien d'autres chevaux sont dans le même cas que lui. La seule appréciation qui puisse tenir lieu d'une définition, c'est l'inscription au studbook destiné à enregistrer les chevaux de pur sang.
Tous les chevaux issus des juments qui y sont signalées et des étalons figurant dans ses pages sont qualifiés de pur sang, et tous les autres sont communément désignés dbmme des demisang, bien qu'ils soient composés de demi pur, ou de trois quarts ou de sept huitièmes, ou de toute autre proportion. Beaucoup de nos étalons de demi-sang sont bien près d'être purs ; mais rien maintenant ne peut effacer la tache qu'autrefois on considérait comme lavée par quelques croisements avec le sang oriental.
Section IL — Origine du cheval de pur sang*
9. — Nous sommes redevables aux Stuarts du premier grand perfectionnement apporté aux races de nos chevaux. En effet,
LE CHEYAL ANGLAIS. JLl
Jacques P' et Charles P' ojit introduit le sang arabe, et<îliarles II a jeté les bases de nos races modernes pn important quar tre juments (appelées juments royales, en raison de leur maître), auxquelles on peut faire remonter les chevaux célèbres de la fin du siècle dernier, et quelques-unes de nos meilleures fa.milles chevalines actuelles. Plusieurs chevaux Orientaux furent aussi importés à diverses époques, tels que Turc Stradling, oi^ Lister père de Snake , les turcs blanc et alezan de D'Axcey, le turc Acaster, Tarabe Alcock, le barbe bai de Curwei^, le barbe de Toulouse, l'arabe blanc de Honeywood, Tarabe de Cullen, le vieux Greyhound, né en Angleterre, mais conçu en Barbarie, Tarabe de Damas, les turcs de Helmsley, Belgrade, Selaby et Strickland, les arabes bais Oglethorpe et Lonsdale, l'arabe alezan de Wilson et Tarabe bai de Newcome, l'arabe de Coomb, l'arabe Litten d'Hamptoncourt, les barbes de Cole et de Tarran, l'arabe de Lord Oxford à l'épaule tachée de sang, le turc blanc de Place, l'arabe de Bethell, le turc Holderness, le barbe de Compton appelé ensuite l'arabe gris de Sedley, les arabes de Northumberland, Golden, Bell's et Saanah, le barbe bai de Hutton, les arabes gris et bais de Newton, l'arabe de Panton, et plusieurs juments arabes, entre autres celle de l'amiral Keppel, l'arabe de Wym, et le barbe marocain de lord Fairfax.
10. — ^Mais les racines principales de nos meilleurs chevaux peuvent être désignées par les trois chevaux orientaux suivants : d'abord le turc de Byerley , dont on ne sait autre chose que d'avoir été le cheval de guerre du capitaine Byerley en Irlande, en 1689; secondement l'arabe de Darley, importé par M. Darley de Yorkshire, de bonne heure dans le 18® siècle, on suppose vers 1712, et l'arabe ou barbe Godolphin, importé quelques années après, et employé comme père en 1731, en conséquence de l'impuissance de Hobgoblin, prés duquel il remplissait le rôle ignoble de boute-en-train. De ces trois derniers chevaux, sont dérivées toutes nos meilleures races, dans la généalogie desquelles on trouvera leurs noms mêlés à plus ou moins des descendants des autres chevaux et juments dont nous avons donné une première liste. En se reportant aux tables généalogiques contenues dans cet article, on reconnaîtra que Godolphin prédomine à un haut degré, car quoiqu'il n'ait paru que vingt ans après l'arabe de Darley et qu'on puisse Je considérer conune plus rapproché de nous de deux générations,
cependant sa descendance prévaut beaucoup plus que cette lé • gère différence ne peut Vexpliquer. En examinant nos tables généalogiques, il est usuel de tracer la provenance spécialement par la ligne mâle ; de là différents chevaux sont considérés comme descendants de Tun ou l'autre de ces trois chevaux, souvent lorsqu'ils ont en réalité plus du sang de Tun ou même des deux autres dont on ne fait pas mention. Ainsi Eclipse passe généralement pour un descendant de Tarabe de Darley, et il Tétait en effet, étant fils de Marske, qui était fils de Squîrt, lui-même petit-fils de Tarabe de Darley par Bartlett's Childers ; mais, d'un autre côte. Eclipse venait de Spilletta, issue de Régulus,fils de Godolphin, il avait donc un huitième de sang de Godolphin et un seizième de l'arabe de Darley. Il a été prétendu par quelques écrivains hippiques, et entre autres par Hanckey Smith, que l'excellence des deux Childers provient plutôt des étalons de la première liste que de l'arabe de Darley. Mais je ne puis m'empêcher de croire que c'est une illusion, par la raison suivante : En consultant les tables généalogiques, l'on verra que le sang de l'arabe de Darley avec celui du turc de Byerley et Godolphin se rencontre dix fois aussi souvent que tout autre, tel que l'une des juments royales ou le turc Lister, qui sont les noms les plus fréquents après ces trois célébrités. Maintenant, si les qualités d'EcUpse étaient dues au croisement dans sa généalogie du Lister Turc ou de Hautboy, comment se fait-il que dans les familles qui ont suivi, nous ne trouvons pas ce sang prédominant parmi les chevaux de première quahté? Si, au contraire, nous trouvons nos animaux de choix inondés du sang de Godolphin, Byerley Turc et l'arabe de Darley, à l'exception de quelques gouttes éparses venant de la longue liste énumérée plus haut, nous sommes obligés de donner le premier rang à ces trois, et la seule question qui se présente est, si cette persévérance exclusive des mêmes unions, bien que cause originelle de supériorité, ne nécessite pas aujourd'hui une importation de sang nouveau. L'examen va bientôt nous démontrer que ces trois étalons forment les grosses branches de l'arbre généalogique. Toutefois, à l'époque actuelle, il est à peine désirable en théorie et tout à fait impossible en pratique de séparer ces origines et de les évaluer en comparaison l'une de l'autre, parce que la génération présente est trop éloignée de l'époque ou vivaient ces trois coursiers. Peu de chevaux modernes sont seulement à sept gé-
nérations dé Godolphin. Cotherstone et sa sœur Mowerina sont, je crois, les seuls chevaux de quelque distinction qui le comptent comme ancêtre au sixième degré. La distance du Darley Arabian et de Byerley Turc est encore plus grande, quoique dans quelques cas eUe ne soit que de deux degrés en plus. Pour plus de commodité, je donnerai une liste des chevaux et juments les plus remarquables, éloignés des animaux modernes de • six ou sept degrés. J'y joindrai une description de leurs généalogies et particularités, et ensuite je veux décrire la filiation en remontant de nos bêtes modernes jusqu'à eux, de manière à reconnaître la valeur relative de ces éléments, et l'opportunité d'y avoir recours ou de les éviter dans le choix des sujets destinés à la reproduction. Rien n'est plus difficile à faire que ce calcul sans avoir toute la généalogie devant les yeux, parce qu'il est impossible de saisir tous les détails en ayant recours à la méthode d'inscription employée dans le studbook. Mais par une recherche faite avec plus de soin, il résultera, je crois, que certains chevaux et. juments qui ne remontent qu'à cette distance, sont à mettre au premier rang, tandis que d'autres s'éteignent graduellement. Selon la prédominance des premiers, ou leur absence, une filiation est à rechercher ou sans valeur.
Section III, — Liste des chevaux et juments dont nos races
sont principalement dérivées,
11. — Une liste de chevaux et juments à six ou sept générations de nos chevaux modernes, c'est à dire d'environ 100 ans, sera avantageuse à Téleveur, en ce sens que cela lui fera comprendre les listes ci- jointes de nos chevaux et juments actuellement le plus en évidence. A la tête de cette liste je placerai le père célèbre dont le nom suit.
12. — Herod^ ou, comme onl'appelait autrefois, le roi Hérode, fut mis bas en 1758 et fut élevé par le duc de Cumberland, puis vendu à sir John Moore, entre les mains duquel il fut un grand coureur sur l'hippodrome, quoique point constamment victorieux comme son fils Highflyer, ou ces foudres de vitesse Childers et EcKpse. C'était à l'extérieur un fort beau cheval, avec beaucoup de vitesse et de moyens, mais sa réputation repose maintenant sur sa descendance, qui, dans sa première génération, produisit 497 vainqueurs et réaUsa plus de 200,000
livres st. En se reportant à sa généalogie, donnée dans la table 2, Ton verra qu'il provenait presqu' entièrement de sang oriental, mais cependant avec plusieurs taches dont une seule aujourd'hui déshonorerait une généalogie. Il est ordinairement considéré comme représentant le Byerley Turc, mais en réalité, il est moitié plus près du Darley Arabian, ayant une infusion du premier et deux du second. Flying Childers est inscrit son grand-père, et c'est à lui, je suppose, qu'est dû le naérite dont jouit Hérode, d'être l'ingrédient le plus précieux dans la composition de nos familles che^^alines actuelles. En parcourant les tables généalogiqwes, on le rencontre plus souvent qu'aucun cheval de son temps, et j'espère montrer comme règle (avec exceptions bien entendu) que la valeur d'un cheval comme coureur, dépend de la quantité du sang d'Hérode contenue dans sa généalogie. Spanker ne forme pas tout à fait un seizième du sang d'Hérode, en faisant le calcul de la réunion en une des trois sources les plus éloignées. L'arabe de Bethel peut prétendre à une part imposante, puisqu'il entre pour un huitième dans la composition d'Hérode, mais comme il n'a pas grande réputation provenant d'autres sources, l'on peut à peine supposer que la bonté du sang d'Hérode dépende de lui.
13. — Matchern viendra le second en importance, aussi bien qu'en date, bien qu'à Tcet égard il dût précéder Hérode, étant né en 1748 ; mais comme je crois qu'il ne prévaut pas autant dans les généalogies de nos chevaux, je l'ai classé au-dessous de ce célèbre animal. Quoiqu'il soit en descendance mâle le seul représentant de Godolphin vivant de son temps, il a l'honneur d'avoir transmis ce sang par la ligne femelle avec Miss Ramsden, Molly Longlegs, Rachel, Lisette, Folly, etc., etc. Cette dernière était par Blank, fils de Godolphin, avec une jument sœur de Régulus et fille de Godolphin. La généalogie de Matchem est donnée dans la table I, qui montrera que sa composition est en grande partie due à Godolphin et présentant peu de mésalliances. Le barbe Saint- Victor, le turc Acaster, le turc (le Byerley, et l'arabe Oglethorpe font chacun nu seizième, proportion (|Ue prend aussi le barbe de ('urwen avec une petite portion additionnelle par Crab. Spanker parait aussi dans cette généalogie, mais à un moindre degré que dans celle d'Hérode. Matchem était un très-bon jcheval de course, près que toujours victorieux. Comme étalon, il ne s'éleva pas jus-
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qn'à Hérode, mais il fut père de 354 vainqueurs, dont les gains réunis montèrent jusqu'à 150,000 liv. sterl.
14. — Eclipse, l'honneur et Torgueil de Thippodromé, est ordinairement rangé parmi les descendants de Darley Arabiau dont il est le seul représentant dans la ligne mâle qui puisse être tracé jusqu'à nos familles modernes, mais en examinant sa généalogie (table IV), il paraîtra qu'il a deux fois autant du sang de Godolphin que de celui de l'arabe de Darleyi le premier composant un huitième, et l'autre un seizième. Outre ces deux, nous trouvons le turc de Lister pour près d'un huitième, le turc blanc de d'Arcy un peu plus d'un seizième, et les juments royales dans la même proportion. Il fut élevé, comme Hérode, par le duc de Cumberland, et à la mort de ce seigneur vendu à M. Wildman, qui le revendit à M. Kelly, qui le produisit aux courses à cinq ans, avec les résultats extraordinaires qui sont familiers à tous ceux qui connaissent les annales du Turf. Il ne fut jamais battu, et gagna onze plats royaux (1),' outre d'autres prix. De forme, il était long et très-bas du devant, et d'un si mauvais caractère, qu'il était fort difficile d& le monter. Les gains de sa progéniture furent à peu près les mêmes que pour Matchem, ainsi que le nombre de chevaux, savoir 344 vainqueurs, qui gagnèrent 158,000 liv. sterl.
15, — Rachel, Folly^ Miss Ramsdeii, Principessay Lisette et Molly Longlegs furent toutes petites-filles de l'arabe Godolphin, et la plupart de nos meilleurs chevaux montrent un ou plusieurs de leurs noms dans leur généalogie, quelques-uua même les combinent presque absolument toutes. Leurs généii^ logies sont données en totalité dans les tables ci-après, où rcn trouvera ainsi celles de Snap, Bay Bolton, Gipsey, Babraham, la grande et la petite jument de Hartley, aussi le Foxhunter deCole, Young Belgrade, Giantess, Soreheels et Careless, noms qui reviennent constamment au sixième ou septième degré de nos chevaux actuels. La première table montre parmi les ancêtres de Matchem, Partner, la sœur de Mixbury, the Bald Gailo>\ ay, Crab, Bii4o et Spanker ; dann in secoude table, avec la généalogie d'Hérode, on trouve celles de Hlaze, Childers, ¥ox H Merlin; et deraièrement, dans In table (rKcli])se, on doinie celles de Spilletta , Kégulus , Motlier Western , Snake et Hautbois.
(l) Les plats royaux étaient des prix pour des courses de loiig:ue halefiie,
16 hB CHEVAL ANGLAIS.
16. — Trmtham^ élevé par âr John Moore, en 1766, fut vendu à sir John Ogilvie et réalisa en prix plus de 8,000 guinées, somme énorme pour le temps. Il fut ensuite employé comme étalônpar lord Egremont et paraît dans les généalogies de Melbourne, Lanercost, Alarm, etc., comme le père de Camille, fille de Coquette, jument élevée par lord Bolingbroke, et provenant du barbe de Compton avec la sœur de Régulus , voir table 47.
17. — iSyp/ion, né en 1750, combine plusieurs courants de sang ancien par Squirt, fils de Darley Arabian, Bay Bolton, fils de Grey Hautboy , deux fois, et la sœur de Mixbury , fille du barbe de Curwen. Sa généalogie est dans la table 6.
18. — Oa6, fils de Tarabe Alcok et d'une sœur de Soreheels, ge trouvera transmettant ce sang à plusieurs de nos meilleures familles ; toutefois il n'est pas représenté dans la ligne mâle par aucuii cheval moderne.
19. — Childers^ mieux connu sous le nom de Flying Childers, n'est pas représenté dans la ligne mâle ; mais son sang prévaut à un haut degré par Lisette, Elfrida, Hyena, Curiosity, Papillon et Promise, toutes filles de Snap, son petit fils; leurs noms se trouvent constamment dans le 5® ou 6® degré, en comgagnie de celui de Herod, aussi arrière-petit-fils de Childers, comme on Ta déjà remarqué dans le paragraphe 12. Sa carrière dans l'hippodrome fut très-remarquable, même à cette époque où l'on faisait comparativement peu d'usage d'un cheval de premier ordre. Il ne fut jamais battu et passe pour avoir porté 9 st. 2 liv. (57 k. 95) sur la course ronde de Newmarket, 3 milles 4 furlongs 93 yards (5,717^64) en 6«»40, ce qui est aussi près que possible de 14 secondes le furlong, la plus grande vitesse avec laquelle de nos jours on ait parcouru le Derby avec un stone (1) de moins en poids et une distance plus que moitié moindre; mais je montrerai plus loin que cette vitesse a été surpassée par West Australian et Kingston, à un moment plus complet de leur développement, c'est-à-dire respectivement âgés de 4 et 5 ans.
20. SportsmistresSyiiée en 1765, sera toujours remarquable comme mère de Pot-8-os par Éclipse ; elle était arrière petite^
(l) Lestoueest de 6 k. 3466.
fille de Godolphin , et donna ainsi une nouvelle infusion de ce sang déjà prédominant dans Éclipsew Outre Godolphin , elle était laidement imbue du sang de Crab , Tun des ancêtres de Cade (son grand-père, et aussi grand-père du côté paternel et maternel de Goldenlocks, sa mère. Aussi Sportsmistress fiit incestueusement croisée avec Crab, et par son union avec Eclipse^ rencontra le sang de Godolphin, et aussi avec celui de Grab^ qui paraît dans Bald Galloway, dans Cade, dans Éclipse et deux fois dans la généalogie de Sportsmistress. Outre Pot-8-os, qui fût son premier produit, elle eut dix autres poulains, mais aucun d'une grande valeur. (Voir Généalogie, table 40).
21. — Brunette^mèTe de Trumpator, Cantator, Pipator, naquit en 1771. Elle combine le sang de Godolphin Arabian avec celui du Turc Byerley, Darley Arab, Bloody Buttocks, Greyhound, Ancaster Starling et Newton Bay Barb ; elle ne provenait point de croisements rapprochés. (Généalogie, page 42.)
22. — Rachel, née en 1763, par Blank, fils de Godolphin, et par une petite fille du même cheval, est remarquable comme mère de Highflyer, par Herod, et Mark Anthony, par Specta* tor. Dans le premier cas, il y avait un croisement bien rap-^ proche vers Godolphin, et une alliance au dehors dans le sang d'Herod, produisant l'invincible Highflyer, et dans l'autre cas, une continuation assez répétée d'alliances rapprochées produisit un cheval inférieur à Highflyer, mais fort au-dessus de la moyenne. Ici le sang de Soreheels était dans le père et la mère.
23. — La célèbre Prunella ne doit pas passer inaperçue, comme mère de deux des plus célèbres poulinières qui aient jamais existé. Savoir : 1** Pénélope^ par Trumpator, mère de Whalebone, Whisker, Wofiil, Web et Wire ; 2® Parasol^ fille de Pot-8-os et mère de Partisan. On verra qu'elle avait reçu une seconde infusion du sang de Childers, par sa mère , fille de Snip, son père étant par Hérode. Elle descendait ainsi de ce cheval célèbre par la ligne collatérale de Cypron, fille de Blaze, autre de ses fils. Comme la plupart des meilleure^ juments de son temps, elle a hérité de chacun des trois grands étalons orientaux, la prépondérance restant comme à l'ordinaire à Godolphin Arabian.
24. — La poulinière la plus étonnante qui figure dans tout le
stud-book^ est la jument Alexander, dont la généalogie est donnée à la 55^ table de ce livre ; elle fut mère de non moins de trois étalons de premier ordre , savoir : Castrel, SeUm et Rubens, dont le sang est considéré comme tout à fait de la plus haute classe, Castrel étant maintenant représenté par Pantalon, Selim par Bay Middleton, Flying Dutchmann, Cowl, Pyrrhus I^ et une foule de célébrités, tandis que Rubens, maintenant éteint dans la Ugne mâle, est encore maintenant en réputation par les produits de Défense, qui était du côté de sa nnère petit-fils de ce cheval. De cette façon la plus grande partie de nos chevaux les plus en renom remontent à la jument fille d'Alexander.
Section IF. — Série de tables généalogiqms.
25. — Les séries de tables suivantes contiennent les généalogies de nos chevaux modernes les plus remarquables, tracées jusqu'au point le plus reculé donné par le stud-book. Chacun sera divisé en deux sections ou plus, afin d'éviter les répétitions sans fin qui arriveraient sans cette précaution ; mais comme dans tous les cas on fait un renvoi aux tables où l'on donne la généalogie tout entière ; il devient facile de pousser les investigations jusqu'au bout, en ayant recours à la table indiquée par le chiffre. La plupart de nos chevaux modernes dérivent d'à peu près vingt-quatre juments, presque toutes fort proche parentes ; ainsi, en donnant une fois la généalogie de ces juments, il devient inutile de la répéter dans chaque cas particulier. Le grand point, en examinant une généalogie, est d'avoir à la fois sous les yeux toutes les ramifications récentes, de manière à faire saisir d'un coup d'œil toutes les ramifications, et d'être à même d'estimer l'importance relative de chacun de ses éléments. Ainsi, en examinant la généalogie de Bay Middleton, on devrait nous dire qu'il est fils de Sultan par Cowl, fille de Phantom, mais en ayant recours à la table contenant sa généalogie et celle de son fils Andover, Ton verra qu'il est descendu du même sang que plusieurs de nos meilleurs chevaux ; par exemple WiUiamson's Ditto, Julia, sœur de Cressida (mère de Priam) Web, sœur de Whalebone, etc., etc., et ainsi non-seulement nous pourrions acquérir quelque connaissance de ses éléments propres, mais encore quelques conclusions sur son aptitude à le combiner avec d'autres espèces de sang. Cette règle
LE CHEVAL iCNGLAIS. 19
^ applicable à chacune des tables que XàQus publioiiâi mais (m entrerait dans d'interminables discussions si Ton voulait faire Waiv tous les traits saillants que Ton peut observer. Qu'il suffise |de dire que Ton y peut voir d'un coup d'œil, dans.chaque cas , Jbs sources dont sont dérivés nos chevaux modernes les plus estimés, et que T éleveur y peut faire son choix avec toutes les Aauees de ne pas oubUer le cheval le plus approprié à son intention.
. 26. — En comparant ces tables, quelques noms frappent coniinujellement le regard, comme par exemple Éclipse et ses fils Alexander, Pot-8-os , Joe, Andrews, Saltram, Dungannon, Mercury et King Fergus, Herod et son fils Highflyer. Matchem se rencontre encore constamment, quoique pas aussi fréquemment que Herod, Highflyer et Éclipse , et il est remarquable que quoiqu'en total le sang de Godolphin remporte sur celui de Byerley Turc ou Darley Arabian , cependant il est répandu dans i un plus grand nombre de canaux! La valeur de ces noms est ktelle que je crois que la bonté d'une famille peut s'estimer par ! la quantité de sang d'Herod et d'Eclipsé dans sa généalogie, surtout du premier. Highflyer combinant le sang d'Herod avec celui de Godolphin Arabian, a aussi une valeur particulière hcomme ancêtre, et peut-être même plus qu'Herod, quand on le hmêle à d'autres courants ; mais prenant en total que ce sang I nous vienne par lui, ou par Maria, mère de Waxy , ou par d'autres sources, je crois que l'on peut ériger en règle que la proi portion du sang d'Herod trouvée dans les 64 ancêtres d'un che- I val au sixième degré , formera sa valeur comme cheval de course, et quand cette proportion est grande, avec une Kbérale ^ addition du sang de Godolphin et celui de Darley Arabian à ■} travers Barlett's Childers et Eclipse, la combinaison est d'une I qualité que rien ne peut exceller. Que celui qui scrute les ar- ► canes de la production calcule et compare par lui-même ^ ces éléments tels qu'ils sont exposés dans les tables ci -jointes, »etje crois qu'il est difi&cile de ne pas adopter cette conclu- •fflon. Mais indépendamment de la valeur de ces tables, .pour donner ime idée des diverses combinaisons de sang qui composent chaque généalogie, elles sont aussi d'un grand usage pour juger de la convenance des alliances rapprochées ; sans un guide comme celui que nous présentons , il est imposable de faire même une conjecture sur les parentés eu-
rieuses qui existent entre les ancêtres de nos chevaux célèbres. Toutes les fois que la généalogie est donnée au complet, si Tœil parcourt les diverses colonnes, il y a à parier que le même nom paraîtra plusieurs fois de suite, et Ton est ainsi mené à conclure que les alliances rapprochées ont toujours été adoptées jusqu'à un certain point. Cela était presque inévitable, puisque tous les chevaux de distinction proviennent actuellement des même sources, quoique souvent croisés avec beaucoup de variété, et tenus d'autres fois pendant plusieurs génération» successives dans un courant particulier. Toutes ces distinctions demandent à être étudiées avec soin, et nous leur ferons allusion quand nous entrerons dans la question de la production et les lois qui règlent cette occupation mystérieuse et intéres • »ant«.