‹ Le cheval anglais: extrait du manuel du sportChapitre 7 sur 62 · MAUVAISES TENDANCES DANS LES PARIS · texte numérisé non relu

MAUVAISES TENDANCES DANS LES PARIS

Comme on l'a déjà remarqué, les courses précitées serv« souvent aux parieurs pour faire de l'argent, et souvent des ch vaux sont engagés et deviennent des favoris uniquement ai de pouvoir parier contre eux et de réaliser de la sorte ub grosse somme, moins forte il est vrai que celle que l'on obtiei drait par la victoire, mais encore suffisante pour faire un bonne spéculation. Dans quelques cas, deux ou trois chevau sont engagés par la même personne, l'un est destiné à coufi et est tenu fort bas dans les paris, les autres, au contraire, i sont jamais destinés à gagner des prix, mais souvent à la réal sation d'une somme qui paiera toutes les dépenses, et peut-éti un peu plus, lors même que celui qui a la mission de gagi« éprouverait un échec. Toutes ces pratiques de chicane sont sai doute fort répréhensibles, mais elles ne sont pas une consé quence nécessaire des courses, et ne sont point, comme dans îjandicap, encouragées par les règles fondamentales. Partoî où l'on parie d'une façon importante, on est sûr de voirnaîti l'excès, soit à la course, soit au tripot, au marché du houblon o

(1) Courtes chaDces quand il est cofé 4, 5 on 6 contre un ; longues cba nés quand on parie 50, 60, 100 contre un. Il y a maintenant pour le Dert de doux à trois cents cbeyaux engagés.

^fiur le tupf ; mais ceci n'a aucun rapport avec la légitimité des événements sur lesquels on parie.

> On pourrait alléguer avec autant de raison que la culture du 'houblon est immorale, parce que Ton fait des spécula^tions incessantes sur ce commerce, tout comme pour les courses de ^chevaux. Sans doute il y a du mal des deux côtés, et si Ton 'pouvait se passer de houblon et de chevaux, peut-être y aurait-.il quelque petite difficulté à trouver pour les remplacer des ob* jets aussi incertains et sujets à autant de fluctuation ; mais tant qu'on pourra compter les pailles d'une meule ou faire courir 'des vers sur une assiette, on pourra établir des paris qui satia^ ' feront les assistants, et Ton ne peut môme espérer que la disparition des chevaux et du houblon réussit à déraciner notre pen* 'chant au jeu.

5. — La réforme des courses est maintenant devenue une né- ^ce&slté du siècle; et leur suppression serait hautement préjudiciable. Puisqu'il faut en supporter la continuation d'une façon ou d'une autre, la seule chose qu'il y ait à faire, c'est de les débarrasser des vices qui souillent leur réputation actuelle* I lies paris doivent s'accomplir en liberté, aucune disposition lé- ►gislative ne pouvant empêcher les hommes de risquer de l'ar-» \gmt à l'appui de leurs opinions. La seule question à décider est I de savoir si les lois doivent assurer l'exécution d'un semblable contrat. L'avis publié dernièrement par certains membres du ►Jokey Club, de leur intention de proposer un règlement i portant qu'à l'avenir aucun pari ne sera payé d'avance, est un » pas dans la vraie direction; si cette détermination s'accom- I plit, elle empêchera beaucoup de pratiques frauduleuses fort communes aujourd'hui. Cela serait certainement une véritable \ révolution dans le monde des parieurs et mettrait fin au sys- » tème actuel de faire un livre (book)^ puisque chacun sera in* \ certain des paris qui resteront bons et de ceux qui seront annulés, parce que les chevaux qui en faisaient l'objet n'auront f pas couru. Il restera néanmoins un champ suffisant pour l'exer • I cice du jugement du véritable amateur, et celui qui parie par \ spéculation peut être laissé de côté.

Mais tout en laissant quelque chose à la spéculation, il n'y a pas de raison pour ne pas relever les courses de l'état d'atonie où elles se trouvent; la tâche est difficile, et je n'ai pas la présomption de supposer que cela puisse être effectué par les efforts d'un individu isolé ; mais cependant cette plaie doit diBpa*

raître avec le temps, car il faut qu'il soit mis fin au système corrompu qui prévaut aujourd'hui. Dès que Ton verra que les fraudes n'ont pas de chances de succès, on cessera de las entreprendre, et quand tous essayent la même tromperie, le résul-^ tat doit être que personne ne doit réussir. Le mal se guérira de lui-même, et les handicaps sur terrain plat suivront le sort des steeple-chases établis sur les mêmes principes, qui deviennent annuellement moins fréquents et moins importants. Si, par quelque moyen, ces traits indignes pouvaient être rayés de lacarte, un grand coup serait porté à la confrérie des parieurs, qui vivent en grande partie de ce qu'ils peuvent accrocher sur les handicaps. Trois grandes courses par an ne fourniraient pas un aliment suffisant à leurs vastes mâchoires, et ils sentiraient cruellement la perte des handicaps.

Quoique je ne demande pas leur cessation pour écarter cette classe de gens, cependant cet effet serait loin de m'être désagréable ou préjudiciable aux intérêts^du monde équestre. Rien ne peut excéder la beauté des chevaux engagés , et l'on ne peut imaginer de scène plus excitante que celle d'un terrain de course bien emménagé, avec im grand champ de chevaux de race ; mais le concours de la horde des spéculateurs n'est certainement pas de mon goût. Je n'ai, toutefois, point de guerre déclarée avec eux, les regardant comme un mal nécessaire, et une soupape de sûreté pour l'exubérance des poches trop bien garnies et l'excès de santé de la jeunesse et de l'inexpérience. Laissez la direction des courses à quelque comité général nommé par le ministre de l'intérieur, que toutes primes données à la fraude sous la forme de handicap disparaissent ; alors on pourra espérer les vrais avantages du système, sans l'aJSreux alHage maintenant inhérent à son essence même. Les comités de courses s'étendent si loin dans le pays , et sont si souvent en concurrence, que l'on ne peut espérer les voir se réformer eux-mêmes; mais s'ils étaient [obligés de soumettre leurs programmes à un fonctionnaire public responsable , si on leur traçait certaines règles de conduite, ils seraient obligés de se conformer à ses décisions et de suivre ses règlements. Tous actes de fraude, comme de faire courir un cheval destiné à perdre , devraient être punis, soit par l'exclusion des courses, soit par une peine sévère.

Bien que l'on ne puisse pas les empêcher efttîèrement, ces supercheries diminueraient singulièrement de fréquence et d'im*

portance. Personne ne peut être puni pour parier contre son cheval , avec l'intention bien décidée de voler le public ; mais on devrait formuler, s'il est possible, quelque loi qui taxât d'infemie de pareils actes , si elle ne réussissait pas à les empêcher entièrement. Tel est le plan qui sera tôt ou tard imposé à la législature , si le turf doit être remis en voie d'utilité pour le perfectionnement des races chevalines tel qu'il était autrefois. Les circonstances que l'avenir nous réserve décideront du moment où l'on pourra opérer cette réforme.

6. — Les courses sont divisées en courses plates, courses de haies, steeple -chase, chasse à courre, et luttes au trot. La première est maintenant pratiquée dans toute l'étendue des trois Royaumes. La seconde est aussi assez commune, mais ses deux subdivisions ne sont pas aussi suivies qu'autrefois. Les courses de haies sont quelquefois mêlées aux courses plates dans les réunions d'été, mais elles appartiennent plutôt à la catégorie du steeple-chase qu'à la course plate, puisque dans les deux cas il fiiut que le cheval ait la puissance et la volonté de franchir les obstacles que l'on met devant lui. La chasse aux chiens courants est maintenant complètement une course, et peut prendre rang parmi les catégories déjà énumérées, quoiqu'elle ne soit suivie d'aucini prix déterminé ; cependant ses adeptes luttent les uns contre les autres aussi ardemment que les jockeys sur l'hippodrome.

La poursuite du renard est en beaucoup de contrées bien plutôt un steeple-chase quotidien que la pratique d'une chasse. Les luttes au trot sont maintenant presque abolies, mais comme on les pratique encore quelquefois, nous devons donner quelques détails sur la manière de les exécuter en Angleterre. Les chevaux en usage j^ans ces diJÊférentes espèces de courses sont :

1^ Le cheval de pur sang, qui est à peu près maintenant le seul cheval en usage sur le terrain plat ; le demi - sang ou cocktail (1), qui est généralement de 15 seizièmes de pur sang, et est employé pour courir les haies, les steeple-chases ou les chasses à courre.

Plusieurs des chevaux employés à cet exercice sont tout à fait de pur sangj mais les chevaux à grands succès dans le steeple-chase ont généralement quelque tache dans leurs généalogies , quoique pas plus d'un seizième, ou même d'un

(l) Cocktail (queue retroussée.)

trente-deuxième. Les hunters et les trotteurs sont plus fré(iueinment de sept huitièmes de sang, mais plusieurs ont moins de cette qualité précieuse , tandis que d'autres encore sont tout à fait de pur sang. Ce sujet sera traité plus complètement dans les différents chapitres du cheval de course, du cheval de steeple -chase, du coureur de haies, du hunter capable de porter du poids, et du trotteur destiné à concourir à son allure.

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