‹ Le cheval Anglo-NormandChapitre 38 sur 64 · L'ANGLO-NORMAND COMME CHEVAL D'ARMES, ETC · texte numérisé non relu

L'ANGLO-NORMAND COMME CHEVAL D'ARMES, ETC

arabes pour faire les étalons de demi-sang que réclament les fortes races.

« La Normandie, jusqu'à ce jour, a su et pu bien faire cet étalon dans le passé; elle peut le mieux faire encore dans l'avenir. »

Et plus loin : « Le cheval de cavalerie de ligne est celui qui est le plus réclamé par les besoins du commerce et de l'armée. Le cheval de demi-sang anglais ou anglo-normand et anglo-arabe, fortement constitué et près de terre, est celui qui doit être appelé plus particulièrement à les procurer ; c'est aussi celui qui convient à la majorité des éleveurs. »

Et ailleurs, concluant: « Les nouvelles études faites par la commission lui font classer au l** rangla Normandie, pour la cavalerie de ligne et de réserve. Saint-Maixent progresse et soumet de très bons chevaux de lanciers. Cette contrée sera un jour très importante pour la remonte de la cavalerie de ligne (1). »

En 4853, un officier de la cavalerie anglaise, M. Broadhurst, dans une brochure intitulée : « On the deteriorated Condition ofour Saddle Hor ses ; the Causes and the Remedy> » reconnaissant les qualités de nos chevaux d'armes, qu'il put d'ailleurs juger quelques années plus tard, pendant la guerre de Crimée, s'exprimait ainsi : « Les chevaux d'escadron français sont inférieurs aux nôtres en vitesse, mais ils sont

(1) Les prévisions de M. delà Roque-Ordan se sont réalisées et, malgré l'éloignement des grands étalons qui cause une certaine infériorité des écuries de l'Ouest, leur élevage est certainement remarquable et rivalise aujourd'hui avec celui de la Normandie,

beaucoup plus solides et durent beaucoup plus longtemps au service... »

Le 24 février 1862, le général Crespin, commandant l'école de Saumur, adressant un rapport au maréchal Randon, ministre de la Guerre, rapport ayant pour objet le parallèle établi pendant un an entre dix chevaux anglais et dix chevaux livrés par le dépôt de remonte de Caen, le terminait ainsi : « Il est facile de conclure en faveur des chevaux français, car les anglais, plus âgés, ne peuvent que perdre, tandis que les autres ont encore à gagner.

« En résumé, comme vigueur, allures et énergie, les chevaux normands me paraissent l'emporter jusqu'à ce jour sur les chevaux anglais. »

À la même école de Saumur on cite toujours, parmi les célébrités des piliers, trois chevaux anglo-normands provenant du dépôt de remonte de Caen : Aristophane, Cacao et Jongleur. Le travail des piliers, pourtant très pénible, ne les avait pas ruinés prématurément puisque Aristophane sauta jusqu'à 18 ans et Cacao jusqu'à 21 ans.

Quant à Jongleur il mourut accidentellement, en 1896, à l'âge de 9 ans.

11 jouissait d'une telle renommée parmi les jeunes officiers de cavalerie, dit le Sport universel illustré, auquel nous empruntons ces lignes (1), qu'à sa mort les élèves de la promotion de 1896 crurent devoir envoyer dans tous les régiments des lettres de faire part.

(1) les sauteurs {Sport universel illustré, 4 mars 1899, p. 139).

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