ACHATS DE CHEVAUX DE PUR-SANG
Nous l'avons dit en traitant la question des courses au galop, l'Administration des Haras, en achetant des étalons de pur-sang spécialisés en vue des éprouves du turf, ne nous semble pas agir au mieux des intérêts généraux du pays.
Ces achats, la plupart du temps très onéreux, consistant le plus souvent en chevaux de haute classe, réservés exclusivement aux juments de pur-sang auxquelles ils sont donnés presque pour rien, ne pro-
iitent réellement qu'aux grands éleveurs de chevaux de courses qui, cependant, trouvent dans la vente de leurs poulains, de leurs yedrlings, des bénéfices et des compensations très larges (1).
Ce qu'il nous faut comme étalons de croisement ce ne sont pas des pur-sang bâtis en coursiers d'hippodromes, mais des pur-sang étoffés.
Ce qu'on paraît ignorer, tout en citant à tout propos et môme hors de propos l'Angleterre comme exemple, c'est que, chez nos voisins d'outre-Manche, les chevaux de pur-sang ne constituent pas une race homogène.
Celui-là, aux formes sveltes et élancées sera le type obligé du cheval de course, leRacer; celui-ci, au contraire, est près de terre, étoffé, façonné aux services usuels : il fera le Hunier.
Un troisième, plus petit, tout à la fois nerveux et coquet sera un excellent sujet de croisement pour les Roadsters (chevaux de routes).
Aux qualités du sang les Anglais savent réunir les qualités de conformation propres aux divers services.
Faisons comme eux, créons dans le pur-sang des types non exclusivement consacrés à la vitesse et nous aurons, comme étalons de croisement et à des prix modérés, des pur-sang véritablement propres à l'amélioration.
(1J En 1898, sur un effectif total de 2768 poulinières de pur-sanij, 1687 ont été saillies par les étalons nationaux.
C'est là certainement un chiffre exagéré, dû, à n'en pas douter, au l>as prix de la saillie. Il est indispensable de réagir, le concours de l'État notant plus aussi nécessaire aux éleveurs de pur-sang qu'il y a trente à (juarante ans.