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ACHATS DE CHEVAUX DE DEMI-SANG

Le but que doit se proposer l'Administration des Haras, c'est de fournir au pays les moyens d'augmenter et d'améliorer son espèce chevaline.

Elle ne peut y parvenir, on le comprend, qu'en se procurant et en metiant à la disposition des éleveurs le plus grand nombre possible d'étalons de choix.

Elle doit même, pour ne pas méconnaître l'esprit et la lettre de la loi de 4874, acheter des étalons se rapprochant le plus possible du sang, mais, il faut bien le reconnaître, nous avons déjà expliqué pourquoi, l'Administration ne peut modifier son recrutement qu'avec une prudente réserve.

Sans doute, il faut améliorer la production au moyen de types régénérateurs, mais ces types ne peuvent suffire à l'œuvre et il est indispensable de leur adjoindre des reproducteurs de second ordre.

Qu'ils soient médiocres au début, c'est possible, mais ils sont encore préférables à ceux qu'ils doivent remplacer, et, pour un croisement de premier jet, conviennent parfois mieux aux juments communes qu'un étalon plus distingué.

Ce qu'on peut demander à l'Administration c'est de faire en sorte qu'au fur et à mesure des remplacements les choix s'améliorent de plus en plus, ce qui doit infailliblement arriver puisque, d'une part, la race elle-même ne peut que s'améliorer chaque

année et que, d'autre part, les courses au trot, les concours de toutes sortes, permettent à l'Administration d'éclairer son jugement sur le mérite des animaux qui lui sont offerts.

D'une façon générale l'Administration des Haras doit refuser impitoyablement ces étalons lymphatiques, au dos plongé, aux formes massives, qui sont de véritables chevaux de trait, et rechercher, en les payant proportionnellement beaucoup plus chers, ceux qui, quoique ayant du gros, du membre, ont de la légèreté d'allures, de la branche, en un mot, présentent la conformation du cheval de selle.

Véritables types à deux fins ces derniers sont capables de fabriquer, suivant les juments auxquelles on les allie, soit des chevaux de cavalerie, soit des carrossiers distingués et il est juste, si l'on veut augmenter leur production, de rendre leur élevage plus rémunérateur.

Tels sont les reproducteurs dont nous donnons les photographies, d'après des instantanés pris lors de la présentation des étalons à l'école de dressage de Caen, en octobre 1897 :

Petiiille, par Ilarley et Fauvette V, par Niger à M. Raoul Rallière; acheté 18.000 francs (fig. 21);

Questeur, par Cherbourg et Conquête, à M. Olry, acheté 8.000 francs (fig. 22);

Querville, h M. Gauvreau, acheté 8.000 francs (fig. 23);

Paludier, par Kriss et Coq-du-village, àM. de Cornulier, acheté 6.500 francs (fig. 24);

Cliché du Bel.

Fig. 21. — Petiville, par Harley et Fauvette \ , par Niger, à M. R.

Ballière, vendu 1 8.000 francs.

Cliché du Bel.

Fig. 22. — Questeur, par Cherbourg et Conquête, à M. Olry,

yendu 8.000 francs.

Cliché du Bel.

Fig. 2i. — Paludier, par Kriss et Coq-du-village, à M. de

Cornulier, vendu6.50D franco.

Québec, par Harley et Liane, par Fontenay, à M. P. Bastard, acheté 6.000 francs (fig. 25.)

Partisan, par Qu'y met-on? et Isabelle, à M, Thibault, qui, non acheté par l'Administration, fournit encore une carrière de courses assez brillante (fig. 26).

Il vaudrait mieux payer 4.000 francs les étalons communs, indispensables néanmoins dans certaines contrées déshéritées, et augmenter de 1.000 francs les étalons d'origine.

Quant aux trotteurs et aux chevaux de demi-sang très améliorés, très rapprochés du sang, ils sont tout indiqués dans les pays où, comme la vallée d'Auge, le Cotentin, la loi des appareillements est sévèrement observée et où toutes les conditions nécessaires à la réussite d'un croisement se trouvent le plus souvent réunies.

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