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CHAPITRE IV

l. — CONCOURS DE POULINIÈRES

Nous l'avons déjà dit plusieurs fois il ne suffit pas de mettre à la disposition des éleveurs des étalons de choix, il faut encore, si Ton veut améliorer la race, que les 3.000 reproducteurs d'élite que l'Administration des Haras entretient aujourd'hui dans ses dépôts trouvent dans le pays des poulinières présentant des qualités d'origine et de conformation suffisantes les rendant dignes de leur être alliées.

Or, il suffit pour s'en convaincre, de visiter les stations d'étalons aux heures de saillies, de parcourir les foires à poulains, sur les 163.000 juments qui, annuellement, sont amenées aux Haras de l'Etat et les 62.164 poulinières livrées aux étalons approuvés et autorisés, il n'en est qu'un petit nombre, trop restreint malheureusement, qui puisse utilement concourir à l'amélioration de la race.

La plupart sont des juments communes, sans origine, sans modèle, atteintes souvent de tares héréditaires, de vices de conformation, qu'il serait môme désirable de voir proscrire de la reproduction.

320 DÉBOUCHÉS — ENCOUHAGEMENTS

Quant aux mères de haut mérite qui, par leurs qualités, trouvent un débouché facile, soit dans l'armée, soit dans le commerce, il faut, par l'emploi judicieux d'encouragements spéciaux, les attacher au sol qui les a nourries et dédommager le producteur, des sacrifices auxquels il consent, des bénéfices qu'il aurait pu faire en se débarrassant de son élève à beaux deniers comptants.

La plupart du temps, en e(Tet, l'entretien des poulinières d'élite est relativement onéreux.

Elles ne travaillent pas ou peu et, si à l'intérêt du prix de la mère on ajoute les dépenses de l'alimentation, les soins de toute nature, les chances d'accident et de mortalité, on arrive à un total qui ne compense pas toujours le prix du produit, heureux encore quand la mère, pour une cause ou pour une autre, n'avorte pas et ne donne aucun poulain.

Dans ces conditions, on le comprend, les éleveurs vendent leurs poulinières de tête, quand le bénéfice qu'ils en retirent par la vente est supérieur à celui que leur promettait l'élevage.

11 est donc indispensable, par la distribution de primes plus ou moins élevées, suivant l'excellence des juments, de décider les propriétaires à ne pas s'en dessaisir, de couvrir une partie de leurs dépenses, de les indemniser de leurs pertes, tout en donnant aux poulains qu'elles produisent une valeur beaucoup plus grande.

Le système des primes aux juments poulinières n'est d'ailleurs pas nouveau et n'a cessé d'être en

vigueur depuis 1806, subissant d'ailleurs, suivant les époques, des modifications plus ou moins profondes, tantôt appliquées aux juments de selle (1), tantôt partagées par les juments de sang pur et les juments indigènes (2), tantôt exclusives aux juments de pursang (3) ; tantôt enfin presque exclusivement décernées aux juments de demi-sang suitées ou nonsuitées.

Dans le Calvados, la dotation affectée aux concours de poulinières de Falaise, Lisieux, Vire, Pontl'Evôque et Argences — ce dernier concours étant de beaucoup le plus important et le plus brillant, — s'est élevée en 1898 à 60.600 francs, la part contri-

butive de l'Etat étant de 36.000 francs ; celle du département de 44.600 (4), en augmentation de 2.000 francs sur celle des années précédentes et divisée en 263 primes dont 213 pour les juments suitées et 50 pour les juments non suitées.

Divisées en deux catégories suivant qu'elles sont ou non suivies d'un poulain, les juments poulinières, pour être admises à concourir doivent, conformément à l'article 8 de l'arrêté ministériel du 18 janvier 1898, réunir certaines conditions qui, entre autres, sont les suivantes :

I. — Juments suitées (5). — 1° Être âgées de 4 ans à 15 ans inclusivement; celles âgées d-e plus de 15 ans

(1) Ordonnance du iî> janvier 182'i.

(2) Ordonnance du 10 décembre 1833.

(3) Règlement de 1840 et décrets des 11 juin 1852 et 19 décembre 1860.

(4) Elle n'était en 1872 que de 36.000 francs pour les poulinières et les pouliches réunies.

(5) Article 3 de l'arrêté du Préfet du Calvados, relatif aux concours de poulinières.

pourront prendre part au concoure mais ne pourront obtenir aucune prime en espèces. Elles ne pourront recevoir que des rappels de prime, leur permettant d'être admises à la saillie des étalons de tête de l'Administration des Haras.

2° Klre suilées de leur produit de Tannée issu d'un étalon soit appartenant à l'Etat, soit approuvé, soit autorisé et en outre avoir été saillies, dans cette même année, par un étalon de l'une de ces catégories.

3° Être exemptes de tares, de vices rédhibitoires, être propres à l'amélioration de la race chevaline.

5° Être de demi-sang... Toutefois, sont aptes à concourir les juments de pur-sang, suitées d'un produit de demi-sang.

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