COMPOSITION CHIMIQUE
priétés de M. Lesaulnier à Saint-Manvieu; de M. Pellerin, àCinthëaux).
Ailleurs encore, elle a atteint 16, 17, 21, 23 et même 27 pour 1000 (exploitation de M. Paul Bastard à Fontaine-Heury).
Se basant sur ce fait qu'il doit y avoir au moins 10 à 15 0/00 de chaux dans la terre végétale, les conclusions de M. le D r Louise sont ordinairement les suivantes : « Les causes probables de l'infériorité des terres sont vraisemblablement dues à la pauvreté en chaux, car le peu de chaux que la terre renferme n'est pas sous forme de carbonate, et c'est surtout sous cette forme que la chaux est réelle ment utile. »
En effet, lorsqu'une terre est dépourvue de carbonate, l'azote organique (humus) qu'elle renferme actuellement ou qu'on y ajoute sous forme de fumier, par exemple, est mal utilisé parce qu'il ne se nitrifie pas (1). Or, c'est en grande partie sous forme de nitrates que l'azote est assimilé par les plantes.
Et le D r Louise conseille le chaulage, le marnage, ou l'addition de tangue calcaire, en faisant remarquer que cette opération ne doit pas s'effectuer en épandant le fumier de ferme ou le superphosphate, car la chaux viendrait diminuer la valeur de ces deux engrais.
Si la chaux se rencontre en trop faible proportion
(i) On sait, en effet, grâce aux belles expériences de Winogradski, que les microbes nitrifiants ne prospèrent qu'en présence du carbonate de chaux.
dans les terres de la Campagne de Caen, l'azote, L'acide phosphorique, et la potasse, au contraire, s'y trouvent en proportion, variable, il est vrai, suivant les localités, mais se rapprochant de la normale.
D'une façon générale, nos terres sont moyennement riches ou riches en azote, en acide phosphorique et en potasse, ce qui revient à dire qu'on en trouve de 0.5 à 2 0/00.
C'est cette richesse en azote, en acide phosphorique et en potasse qui explique quelle a pu être, jusqu'à notre époque, la fertilité exceptionnelle de la Plaine de Caen, malgré l'usage de certaines cultures épuisantes.
C'est à cette abondance de principes nutritifs, encore augmentés par les engrais de toutes sortes : fumier de ferme, boues des villes, tourteaux de colza, engrais artificiels, amendements calcaires, qui permet de comprendre l'ampleur extraordinaire qu'acquièrent, dès l'âge de trois ans, les animaux achetés dans les départements voisins et nourris dans le Calvados.