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CHAPITRE Il

ORIGINE DE LA RAC£. — ÉVOLUTION DU TYPE BARBE. — LE CHEVAL BARBE: SES CARACTÈRES, SES APTITUDES, SES QUALITES.

Les hippologues ont émis de nombréuses hypothèses et ont été longtemps en dissidénce sur l’origine du cheval nord-africain. Depuis les travaux de Pietrément l’accord semble s'être fait et les auteurs modernes admettent généralement que «la popula-+ «tion chevaline du nord de lPAfrique s’est constis « tuée par le mélange de trois types ethniques :

«19 La racé chevaline à front bombé et à croupé « avalée, dite race barbe, amenée par les peuplades « de race puniqué, qui devinrent la souche des tri- « bus berbères.

« 2° La race chevaline à front plat et à croupe « horizontale, dite race arabe, dont l’apparition « coïncide avec les débuts de la domination musul- « mane.

« 3° La race à profil fortement busqué et à croupe «avalée, dont les caractères sont plus accentués «que chez la race barbe, et qui vient du Dongola. » — P. Dechambre (16).

Evolution du type barbe

Au cours des migrations des peuples de l'Orient vers l'Occident, pendant une longue série de siècles ces trois types se sont mêlés au point de n’en plus former qu’un seul : le type barbe.

A l’époque de la conquête, tous les chevaux qu’on rencontrait en Algérie présentaient les caractères de ce type barbe.

Entre les mains des indigènes, de par la religion, de par la tradition si puissante chez les peuples musulmans, de par les mœurs, la race chévaline avait toujours évolué sous l’empire d’une sélection, du croisement avéc l'arabe et du milieu. Sous ces trois influences associées, lés ascendants passaient aux descendants les signes bien arrêtés qui constituent le type, avec quelques modifications de taille et de conformation.

« Les barbes algériens avaient un air de famille qui les distinguait nettement de ceux de Tunisie, du Maroc où d'Egypte ; de plus chacuné des trois provinces avait son type spécial, et lés influences du climat, de la nature du sol, de la nourriture, du mode d'élevage avaient créé autant de familles de chevaux qu'il y avait de grandes tribus. Les chevaux de Constantine étaient bien distincts dé ceux d'Alger et d'Oran; les chevaux du Tell ressemblaiént peu à ceux des Hauts-Plateaux et du Sahara »

Les influences qui avaient créé ces espèces agis-

he

sant constamment sur toutes ces variétés maiïintenaient et perpétuaient les caractères physiques les qualités et les aptitudes des chevaux en rapport avec les besoins des tribus qui les utilisaient.

Sous notre domination, la colonisation devait introduire des méthodes d'exploitation et de culture différentes, des conditions d'hygiène meilleures, des utilisations nouvelles et le cheval barbe ne pouvant se soustraire aux grands facteurs d'accommodation et d'adaptation aux milieux devait forcément se transformer.

Créés en 1855 «pour rendre à l'Algérie son ancienne prospérité chevaline », les dépots d’étalons et les étalons de tribus, en répandant sur tout le territoire les étalons venus de tous les poin ts de l'Algérie, de la Tunisie et de la Syrie, devaient puissamment contribuer à cette transformation et à la fusion des variétés.

La population chevaline actuelle est en état de « variation désordonnée » et n’a pas encore atteint la limite de sa mutabilité, le point de fixité qui fait que le type se transmet invariable. Les caractères essentiels des trois races primitives se sont mêlés, mais ne se sont pas entièrement confondus, malgré l'ancienneté des croisements ; ils se manifestent encore chez un grand nombre de sujets, soit mélangés en proportions à peu prés égales, soit associés avec prédominance de l'un ou l’autre type. Beaucoup d'individus se présentent décousus, nettement disproportionnés.

Les chevaux de l'Ouest ont pris un peu de taille de ceux de Constantine, et la croupe avalée des uns a gagné un peu d’horizontalité au contact des autres : les chevaux du Sud ont acquis plus d’ampleur, plus de musculature des chevaux du nord, et ceux-ci plus de finesse et d'harmonie dans les lignes. Dans le Tell, la race tend de plus en plus à s’unifier pour nous donner un type moyen, arabe-barbe, qui présente de grandes qualités et fait un cheval tout au moins égal en valeur à l’ancien cheval arabe, préférable au cheval syrien actuel.

Malgré les modifications apportées dans le format et dans les proportions, la race barbe, bien adaptée, vivant dans son véritable milieu et soumise aux mêmes conditions d'élevage, a conservé les coordonnées fondamentales des types primitifs et les qualités traditionnelles les plus précieuses.

Aujourd’hui encore, l'Algérie possède des groupes homogènes de chevaux ayant un cachet tel qu'il est impossible de les confondre, pour peu qu'on en ait l’habitude. Dans tous les principaux centres d'élevage, on trouve de beaux et bons barbes, parfois peu gracieux et petits, mais toujours extrêmement énergiques, robustes, sobres, rustiques, d’une résistance extraordinaire aux privations et aux fatigues, d’un dressage facile, incomparables chevaux de guerre, merveilleux chevaux de trait léger. Assurément les sujets d'élite sont rares, mais c’est la règle générale dans tous les

pays:

Le cheval barbe actuel

Sur vingt sujets, pris aux quatre coins du « bled » algérien, nous n'en trouverons pas deux qui se ressemblent, ét pourtant il est indéniable que le cheval barbe a un type si caractéristique, si net, si défini qu’on le reconnait entre tous.

De quoi donc sont faites ses caractéristiques ?

Voilà bien ce qu'il faut préciser.

Le cheval barbe [Æquus cabalus africanus. (Sanson.) ÆEquus cabalus mongolicus. (Pietrement)] appartient au typé convèxe, eumêtrique, médioligne. Dérivant à la fois des deux races asiatiques, aryénne ét mongolique, il participe aux qualités de ces deux races, mais il se distingue nettement de l’aryen au front plat par «le profil en S allongé de la tête dite « moutonnée ».. ét « la silhouette corporelle en parfaite barmonie avec la conformation céphalique ».

«Par toute sa plastique, ce type est un sub.

busqué à extrémités fines ». — P. Déchambre (17).

C'est «le cheval à tête de poulain » de Baron. —

Mais un standard unique et’immuable dé la race chéväline du Nord de l’Afrique dans l’état actuel, ne ‘saurait être donné, le prototype de la race se présentant sous des caractères différents selon la région où on la rencontre.

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