‹ Le Cheval BarbeChapitre 15 sur 28 · C. Claude · texte numérisé non relu

C. Claude

tourmentent chaque jour pour que je leur vende. C'est im-

possible. Ce vieux compagnon mourra chez moi,..…….

De Caisse.

Général Chef d'Etat major du 1° Corps d’Armée.

En 1870, la Division Marguerite, montée en barbes, trace, au Calvaire d’Illy, une des plus belles pages des Annales de la Cavalerie française. Et cette charge impétueuse, cette folie héroïque arrache au vainqueur allemand les paroles demeurées historiques : « Les braves gens !»

Le lieutenant-colonel Brozowscki, du 1° régiment de dragons de l’armée prussienne,écrivait dans un rapport : « Les meilleurs à beaucoup près de nos chevaux de prise étaient les petits étalons arabes qui cependant sont irréguliers dans leurs allures, et sont trop petits pour nos hommes. »

En Tunisie, au Tonkin, à Madagascar, dans le Sud-Oranais, au Maroc, le cheval barbe a fait preuve de toutes les qualités qui constituent la force, l’énergie, la résistance aux intempéries, aux fatigues, aux privations.

Du camp de Djelma, le 14 novembre 1881, le général Saussier, commandant en chef le corps expéditionnaire de Tunisie, informe le Ministre de la Guerre que le général Bonie, avec toute la cavalerie de la colonne, s’est lancé à la poursuite des rebelles, les a combattus, tantôt à pied, tantôt à cheval, pour enlever leurs positions et qu’il est rentré au camp après avoir fourni un raid de 96 kilomètres.

Dès 1901, les tribus marocaines de la frontière s’agitent, et des « Colonnes d'opérations » doivent intervenir dans le Sud-Oranais : Colonne du Figuig (1901) ; — Colonne des Beni-Snassen et de l’Amelat d'Oudjda (1907) ; — Colonne du Haut-Guir (1908) ; Colonne des Aït-Bouchaouen et d’Anoual (1910).

Ce sont les journées de reconnaissances harassantes, puis les heures enivrantes du « baroud », heures de gloire trop courtes, auxquelles succèdent les mois interminables de la pacification et de l’organisation des territoires occupés, avec leurs corvées pénibles et obscures. Le ravitaillement est précaire, souvent pour les hommes, toujours pour les animaux. L'orge est rare, parfois même fait totalement défaut, mais c’est la vie au grand air, l’existence animée des bivouacs, et le barbe, conservant son entrain et sa bonne humeur, se contente de brouter l’alfa, le chiehh ou le guéteuf !

1914. La cavalerie d'Afrique, dès les premiers jours de la ruée, est venue en France, répondant à l’appel de la Mère-Patrie. Goumiers, Spahis, Chasseurs d'Afrique, dans la lutte contre l'envahisseur, rivalisent d'héroïsme avec Ja Cavalerie française, au cours des opérations de mouvement du début et de la « course à la mer ». Nos chevaux africains, une fois de plus, affirment, dans les boues de l’Yser et dans les dunes glacées des Flandres, leurs remarquables

qualités de rusticité et d'endurance.

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