C. — ÇConditions culturales
Croisements d'implantation — Le cheval de trait agricole.
La fertilité du sol, subordonnée elle-même à la nature géologique du sous-sol, exerce une très forte influence sur la croissance des animaux ; aussi est-il indispensable, lorsqu'on veut améliorer une race, d’améliorer en même temps les méthodes deculture, de fertiliser les terres et de récolter en abondance du grain et des fourrages.
En matière de production chevaline, le choix des géniteurs est un facteur dominant, mais son action doit coïncider ou mieux avoir été précédée par celle des facteurs hygiène et alimentation. Ce que Sanson traduisait :
« Les principaux facteurs de la reproduction chevaline sont, dans l’ordre d'importance : le coffre à avoine. — papa. — maman ».
L'influence d’une bonne alimentation sur la nature et le développement des élèves est de toute évidence et ne saurait être contestée.
« Si jen’avais vu la jument faire les chevaux, je croirais que c’est l'orge». disait Sidi Hamed-ben- Yousseuf. -
Cependant cette influence du facteur-alimentation a été et est encore trop souvent sinon méconnue du moins oubliée lorsqu'il s’agit non seulement de la production mais d’une véritable transformation de
la race par des croisements d'implantation.
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Avant de recourir à ces croisements, il faut se préoccuper de savoir si l'importation est raisonnée, sielle convient au mode d’élevage, aux conditions climatériques et aux ressources culturales du pays.
Bien peu, parmi ceux qui s'occupent d'élevage semblent se soucier de ces principes élémentaires de zootechnie.
Buffon fit de l’amélioration des races une simple question desujets pris dans des climats opposés. Il suffisait, croyait-il, pour améliorer une espèce, d'éviter la consanguinité et d'utiliser les croisements seuls des races du midi par celles du nord et vice-versa (26). | |
Bourgelat partagea et soutint les mêmes idées (27).
Cesthéories acceptés comme acte de foi, firent aux races françaises un tort considérable.
Les erreurs sont des leçons précieuses : elles doivent nous montrer les écueils à éviter. Malheureusement, en matière d'élevage, les erreurs du passé, dans lesquelles on retombe inévitablement toutes les fois que l’on ne veut pas tenir compte des lois auxquelles la nature astreint les êtres et les choses, sont toujours les erreurs du moment.
Les résultats peu encourageants des divers croisements tentés Jusqu'à ce jour,en Algérie, n’ont pas rebuté les colons qui persistent a poursuivre la réalisation du « cheval agricole » de leurs rêves. — Constatons que les encouragements les plus autorisés ne leur font pas défaut.
Notre confrère, M Bonnefoy, quelques années
avant la Grande Guerre, présentait aux délégations financiéres un vœu tendant: « 1° à ce que les batteries d'artillerie stationnées en Algérie soient remontées, dans la proportion de 50 %, en juments ; — 2° que ces juments soient d'office réformées à 10 ou 12 ans, pour faire souche en Algérie ; — 3° que la Direction de l'Agriculture subventionne largement l'importation des étalons et des juments de trait ».
L'idée serait excellente si la réalisation d’un tel vœu ne se heurtait à des difficultés presque insurmontables et ne risquait de donner des résultats opposés à ceux que l’on recherche, c’est-à-dire une diminution de la résistance, un peu plus d'éléments disparates.
Vers la même époque, M. Monod, alors vétérinaire en 1° du dépôt de Constantine, écrivait, à propos du cheval barbe utilisé comme cheval de trait dans l'artillerie, une lettre adressée à la Société centrale de médecine vétérinaire et dont les conclusions peuvent se résumer ainsi:
« Malgré les nombreux avis contraires, je crois qu’il y a lieu de faire de la sélection en s’aidant d'une alimentation riche et d’une gymnastique appropriée au trait; mais cependant, en tenant compte de la longueur de cette méthode et des besoins urgents, on pourra s’aider du croisement en utilisant les barbes sélectionnés avec les juments de trait léger importées, réservant l’emploi des étalons importés pour les métis et pour les juments
barbes exceptionnelles. »