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mois. Pendant l’hiver et une partie du printemps, les poils sont longs, formant une fourrure épaisse qui donne un aspect encore plus lamentable au pauvre cheval Camargue, mais manteau bien précieux pour le protéger de la pluie et du mistral.
La queue et la crinière sont garnis de crins grossiers et longs, qui servent aux gardians à tresser leurs lassos (seden) dont ils se servent pour capturer Les animaux indociles de leurs troupeaux.
Il n’est pas rare de rencontrer des Camargues purs, qui portent suivant l'expression des gardians la « barbe » et les « moustaches ». Presque tous les Camargues ont bien sous le menton, depuis les ganaches jusqu’à Ja lèvre inférieure, des poils longs et touffus, mais certains portent, comme la chèvre, une barbiche longe de 6 à 8 centimètres. En même temps, ces sujets possèdent sur la lèvre supérieure une touffe de poils longs et rudes qui forment de véritables moustaches.
Ces chevaux barbus présentent encore une particularité ; ils ont une touffe de poils longs de 5 à 6 centimètres, de l’ombilic au fourreau. Beaucoup voient là les indices de vrais purs sangs Camargues. Ces phanères ne seraient-elles pas en effet un retour à quelquesuns des caractères des équidés primitifs, car nous pouvons fort bien les comparer à celles que portent tous les chevaux dessinés sur les parois des cavernes habitées par les premiers hommes.
Le cheval Camargue possède une physionomie toute spéciale. Ce qui frappe tout d’abord chez lui, c’est son air étranger, l’air des chevaux cosaques ou tartares : celui en somme qui caractérise tous les individus de
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l'espèce chevaline vivant à l’état sauvage. Le même régime et les mêmes habitudes générales, une liberté absolue, semblent produire partout à peu de chose près, les mêmes formes, les mêmes qualités et les mêmes défauts, chez le cheval, que nous l’observions dans des contrées fort éloignées et sous des latitudes bien différentes. Le cheval Camargue retient au même degré toutes les qualités qui découlent de la production libre, et toutes les imperfections ou tous les inconvénients inhérents à la vie sauvage.
Pour le caractère, les chevaux Camargues se ressemblent tous : ils sont craintifs et sauvages, vite affolés, mais non méchants comme certains l'ont prétendu. Pleins de noblesse et de feu pendant l’action, ils sont sans élégance au repos, semblant figés sur leurs membres, la tête basse, étrangers à ce qui les entoure. Leurs mouvements sont lents, sans distinction ; on les croirait toujours malades ou fatigués.
Ce sont des insoumis habitués à vivre en liberté, et qui n’acceptent que difficilement la contrainte de l’homme; ils se trouvent mal à l'écurie, et lorsqu'après le travail on les a débarrassés de la selle, ils préfèrent rejoindre la manade où ils trouvent néniblement leur nourriture au milieu des marais, plutôt que d’être enfermés dans une écurie chaude où ils seraient bien nourris.
Au travail, ces chevaux sont hardis, intrépides et souples, très durs à la fatigue, très sobres, capables de résister aux longues abstinences et à toutes les intempéries. Des écrits du seizième siècle nous disent combien ces chevaux, critiqués pour. leur manque