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LE MODELE DU HUNTER ET DU CHEVAL D ARMES

achetés est la présence d'un état général maladif, gourmeux... Le cheval est p/^ét pour attraper une grosse maladie.

Mais si le hasard ou les besoins de mon service particulier m'avaient fait acheter un bon poney limousin, aux pattes sèches, au tempérament nerveux, je n'avais à craindre aucun de ces inconvénients. Je pouvais, après une période d'entraînement de huit à quinze jours, marcher avec, comme si c'eût été un vieux cheval.

Jusqu'à i^bS ou In^Bô, j'ai constaté, chez tous les chevaux que j'ai pu voir ou avoir, un tempérament tel, qu'il résistait au mauvais élevage et au manque d'entraînement.

Le petit cheval a été plus fréquenté, car il est certain qu'un éleveur se servira plus facilement d'un cheval de petite taille au trait léger que d'un grand cheval.

Un petit cheval est d'abord plus maniable; de plus, l'éleveur qui sait qu'en France le cheval se vend au poids et au mètre cube, craindra de tarer un cheval de haute taille. Ce n'est qu'en tremblant que, dans certains pays, on les met h la charrue ce qui, entre parenthèses, est un excellent mode de travail pour les grands chevaux d'élevage. On hésite moins aussi à castrer un petit cheval. Pour peu qu'il ait une carte d'origine, un grand cheval quelconque représente souvent, pour son propriétaire, un étalon « qui pourrait bien être acheté par les haras ».

Toutes ces raisons font que le cheval petit a quelques chances d'avoir été attelé avant d'être livré au commerce.

Il m'a été facile, sur ces données de l'expérience, d'établir les règles suivantes :

Les chevaux de l^^^S à 1™55 de demi-sang, pourront travailler utilement beaucoup plus tôt que les chevaux de 1™55 et au-dessus.

Le premier peut être monté sérieusement dès quatre ans et demi à cinq ans et le second a besoin d'un entraînement de plus d'un an qui le conduira, à sept ans, h être un cheval fait.

Je désigne, bien entendu, par les mots chci'al fait, tout cheval susceptible de galoper derrière les chiens ou devant un peloton, sans souffrir dans sa croissance, qui doit être terminée.

Si le service de chasse ne consiste qu'à trotter doucement en prenant au court, et celui de l'armée qu'à caracoler devant un abreuvoir, un cheval très jeune, mais sage, n'est-ce pas? suffira amplement.

Il y a des exceptions h toutes les règles, et ceux qui ne seront pas de mon avis, me citeront tel ou tel cheval qui, à trois ans et demi ou quatre ans a..., etc., etc..

Je n'en persiste pas moins dans ma conviction, conviction acquise au détriment de mon porte-monnaie; c'est là-dedans qu'on puise les meilleures leçons.

Si nous considérons le hunter anglais et irlandais, ces données changent, mais pas autant qu'on pourrait le croire.

Beaucoup de chevaux, en Angleterre, ont chassé entre cinq et six ans, mais sagement et souvent dans un but de dressage. Mais, à six ans et demi, les chevaux de selle qui n'ont pas galopé sont une exception.

Cette race de chevaux offre donc, à six ans, plus de garanties que les nôtres, pour un sei-çice immédiat.

On voudra bien remarquer que je ne fais aucune allusion au service de la voiture. Dans les brancards ou au timon, avec une charge modérée et proportionnée à leur poids, tous les chevaux pourraient et devraient travailler très jeunes.

« Un hunter, dit Sydney, sera considéré dans sa fleur à six ans... Quelques personnes qui montent raide dans les contrées coulantes, choisissent souvent « un cinq ans encore vert... » Un hunter de l^ôO, ayant le cachet du Yorkshire et du Leicester, peut être monté, d'une manière judicieuse, à quatre ou cinq ans, avec les harriers pour lui apprendre la pratique. »

Un proverbe allemand dit judicieusement : « Six ans, jeune cheval; six ans, bon cheval; six ans, vieux cheval. »

« Dans les races orientales, écrit M. Jacoulet dans son Traité d'hippologie, le développement complet du jeune cheval n'a guère lieu avant six ans ; il se produit à sept ans et plus tard pour les races du Nord. Ce développement tardif, surtout évident chez les chevaux normands, paraît dû au mode d'élevage. » ^ ^

Dans la cavalerie française, le cheval est versé dans les régiments à cinq ans; à six ans, il est réputé dressé, mais il est

généralement très ménagé, et avec raison, jusqu'à sept ans ; il n'atteint qu'une durée moyenne de huit ans de service. On a une tendance à le réformer de très bonne heure, et cela dans le but de permettre à l'éleveur de produire plus de chevaux pour l'armée et aux réservistes de se remonter plus facilement avec les chevaux de réquisition.

En Danemark, où l'âge moyen des chevaux varie entre neuf et dix ans (Aurregio, Conférences sur les c]iei>aux des armées), leur durée moyenne est de neuf ans. Mais en Angleterre, où la plus grande partie des chevaux du rang ont moins de six ans, cette durée est abaissée h sept ans de service.

J'ai cité ces chiffres pour prouver combien les sportsmen qui veulent se servir d'un cheval qui n'a pas fini sa croissance, qui n'est pas fait, auraient tort de s'étonner du peu d'usage que leur fournira cette monture. Ils n'auront qu'à s'en prendre à euxmêmes si, avant six mois, leur fameux « hunter, charger ou jumper » n'est plus qu'une rosse sans tempérament et irrémédiablement tarée. Ils auront appris, à leurs dépens, qu'on ne peut impunément détourner au profit d'un travail exagéré, les éléments organisateurs et nourriciers destinés à la croissance. C'est, en effet, à la fin seulement de la période d'accroissement « que la soudure de toutes les épiphyses des os longs est terminée et que le squelette se trouve complètement achevé ». (Cuyer et Alix.)

Le vieux hunter. — Un bon cheval n'est vraiment vieux que vers seize ans, car la vie moyenne d'un cheval est de dix-huit à vingt ans. Je sais bien qu'on connaît des cas de longévité extraordinaires. On cite des chevaux ayant vécu jusqu'à quarante ans passés et j'ai moi-même eu une ponette des Landes qui est morte de vieillesse à trente-quatre ans. Elle travaillait encore la veille de sa mort.

Cependant, à partir de dix-sept ans, il n'est plus prudent de demander un grand effort à un cheval. Il peut vous tomber mort entre les jambes.

La moyenne des très bons chevaux est entre liuit et douze ans, et j'en ai connu beaucoup de très bons à quatorze et même seize ans. Certains d'entre eux avaient encore la verdeur et la

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