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LE MODÈLE DU IIUNTER ET DU CHEVAL D ARMES

Une longue encolure jaillissant du thorax;

Une tête au front large et bien proportionné;

L'oreille mobile, l'œil « effronté » et la queue fièrement portée;

Si vous trouvez ce cheval, et qu'il soit net, prenez-le ; et, s'il ne vous convient pas, envoyez-le-moi, je vous l'achète.

Un cheval ainsi conformé est un cheval de galop sous du poids (je ne considère pas dans cette étude le cheval au point de vue course), un tel cheval est sûrement bon h tout, pour la selle, à fortiori pour la voiture et selon sa taille et sa masse, le gros trait.

Il me reste à parler de sa taille, de sa corpulence, de l'âge auquel il peut travailler dur et de sa robe.

Taille du hunter. — Pour galoper vite, un cheval ne doit pas être trop petit, surtout s'il doit porter du poids. Pour ne pas être gêné par ce dernier, un poney doit être assez massif, il n'acquiert cette conformation souvent qu'au détriment de son degré de sang et de vitesse.

Mais, il est tout à fait inutile de se hucher sur un méhari, sous prétexte d'arriver le premier au rendez-vous.

Lorsqu'on a une taille et un poids moyen, soit 75 kilos, un cheval de l"n60 est tout h fait pratique et honorable ; on peut même se payer le luxe d'un hunter léger de pur-sang, de demi-sang ou d'un cheval du Midi. Je crois qu'en dehors du turf, ce poids de 75 kilos et cette taille de cheval se correspondent très justement.

Si le poids du cavalier augmente, ce n'est pas la taille du cheval, ni son embonpoint en graisse qui doivent suivre la même progression, mais c'est la charpente osseuse du hunter qui doit être plus fortement établie, avec des points de force plus accentués.

Il est une erreur très répandue, c'est de croire qu'en généial les chevaux ne sont pas capables de porter du poids... Pour courir, pour galoper vite, le poids est un facteur énorme ; mais, dans l'ordinaire de la vie, surtout en France, où les cavaliers encore plus vite assagis par notre légendaire indifférence sportive que par l'âge ou par les galons, se contentent, même

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:i lit (allasse, d'une promenade de digestion, on exagère beaucoup l'inaptiUidc des chevaux à porter du poids.

Si encore ces ballots humains étaient logiques, ils choisiraient un bon cob de 1™55, facile à enfourcher, d'allures douces autant que patient de caractère et capable de porter sur son dos un cacolet avec quatre blessés... Mais non, leur rêve, s'ils peuvent se le payer, est un mastodonte de 1™64 à l'^VO, au dos creux, aux hanches noyées, et dont les pattes à jus, grêles et mal conformées, ont peine à supporter leur propre masse de viande.

Perchez là-dessus les 90 à 100 kilos de leur propriétaire, et vous ne vous étonnerez pas du peu de service que peuvent rendre ces admirables cobs ! car ils appellent ça des cobs (quand c'est une jument : une cobesse I).

Et autour de nous, si nous avions des yeux pour voir, nous admirerions tous les jours, et aux manœuvres, nos chevaux de troupe et spécialement nos merveilleux chevaux du Midi, porter des poids extraordinaires.

J'ai monté, à 76 kilos, une jument tarbe, mince, légère comme une plume, mais osseuse et parfaitement construite, ne mesurant que l'"53, à des chasses réputées très vites, sans que la moindre fatigue des membres ne soit venue me prévenir de ce que son sang ne m'aurait jamais dit, qu'elle en avait assez.

En tout cas, si la taille du cheval augmente avec le poids du cavalier, ce que je trouve inutile, ce n'est pas la viande du cheval qui doit s'augmenter aussi, mais la grosseur des os et la puissance de leurs articulations, absolument comme dans un agrandissement photograj)hique tous les points sont augmentés dans des proportions constantes et régulières, et non l'une des parties de l'objet photographié au détriment des autres.

C'est le bon modèle de 1"^60 qu'il faudrait trouver reproduit à l'"70, ce qui est rare, très rare, car le grand cheval est généralement un monstre. 11 s'éloigne en effet de plus en plus du type primitif, il devient le cheval artificiel. De plus, dans les grands chevaux que les pays du Nord produisent, la lymphe domine toujours le sang.

Si vous avez la chance d'être un cavalier léger, c'est-à-dire de marquer à la balance de 50 à 70 kilos, un champ beaucoup

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plus vaste VOUS est ouvert. Depuis le pur-sang de petite taille, jusqu'à l'excellent cheval du Gers et de Tarbes, en passant par le hunter léger, vous avez le choix. Grâce h l'erreur commune dont je parlais ci-dessus, les chevaux légers sont délaissés et vous pouvez les avoir à bon compte. Un cheval de 1"'55, pour . vous, sera un bon cheval à tous les usages de selle, chasse, concours, service d'armes.

Une monture de 1™48 à 1"'55 vous fera presque le même service, sauf le cas de train ultra-rapide et de très gros obstacles.

Cependant, il est beaucoup d'exemples que des petits chevaux aient eu de la qualité en course et des succès en concours. Il n'est pourtant pas niable qu'ils ne soient obligés de suppléer à l'étendue des mouvements que donne une plus grande taillle, par une dépense d'influx nerveux et d'effort musculaire.

Sydney, dans un livre que je cite volontiers, me semble donner la préférence aux chevaux de taille moyenne : « La taille d'un hunter, dans une grande contrée découverte, est de peu d'importance quand elle dépasse l^'ôl... Les hunters ne dépassant pas 1™53 furent la passion de feu M. Arkwright, le maître d'équipage des Atherstone-Hounds... La liste des petits chevaux qui se sont distingués dans Leicestershire demanderait des pages entières. »

Mais, en résumé, Sydney conclut « qu'un cheval proportionné de l'"60 de haut est meilleur qu'un cheval ayant la même forme, le même courage, mais ayant 10 centimètres de moins ». « Dans un pays accidenté, ajoute-t-il, un cob de beaucoup de sang, ayant de 1™45 à 1"^52, bien conformé, se conduira mieux que le long animal qui vole dans les contrées plates. »

Lagondie donne aussi comme moyenne de taille utile chez le cheval de course la taille de 15 mains 3 pouces (l'"60), appréciation confirmée par la pratique courante.

Fillis, lui, pour le manège, recherche la hauteur de l'"r)G à 1™58, « disons, écrit-il, pournepas être exclusif, 1^55 à 1"'G0. » La marge est un peu grande... pour fixer les idées!

J'avais voulu interviewer les sommités équestres modernes, les fines cravaches et de bons maîtres d'équipage. J'ai pensé que cela était inutile, il n'y a qu'à ouvrir les yeux et regarder :

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([iK'lqiics-iins ne dcdiiigncnt pas les petits chevaux, mais la plupart se trouvent bien de l'usage du cheval de 1^60. Mais on aurait vraiment tort, si on n'est ni trop grand ni trop lourd, de se priver des services d'excellents petits chevaux s'ils sont bien osseux, musclés, pleins de nerf et de sang.

Age du hunter. — Je citerai tout à l'heure, sur ce sujet, l'opinion d'écrivains et de sportsmcn autorisés. Mais je donnerai auparavant mon modeste avis.

Pour juger la question, il faut bien se rendre compte de la façon dont, en France, est amené jusqu'à la vente le jeune cheval de selle ou de trait.

Il naît, tette, est lâché dans un pré ; il est sevré trop tôt. Dans quelques régions, on lui donne de l'avoine, pas beaucoup et à regret, on dirait que ce soit du grain jeté aux moineaux... Dans d'autres, on ne leur donne rien du tout, pas même jusqu'à trois ans et demi un peu d'exercice, encore moins les soins hygiéniques les plus simples.

Il est évident que ces chevaux-là, à quatre ou cinq ans, ne sont susceptibles d'aucun travail vite, long, utile.

J'ai même quelquefois acheté des chevaux prenant six ans, qui certainement n'avaient jamais été ni attelés ni montés. Je m'en suis bien aperçu, au cours de mes premières promenades sur leur dos. Je me suis malheureusement rendu compte de leur manque absolu de travail préalable, aux petites tares qui survenaient les unes après les autres, avec ou sans boiterie, pour disparaître ensuite au bout d'un temps plus ou moins long après traitement et surtout après repos, la panacée des jeunes chevaux.

Plus les chevaux étaient grands, si bien construits et près du sang qu'ils fussent (je n'envisage pas le pur-sang), plus ils étaient sujets à toutes sortes de désagréments dans leurs pattes : molettes, gonflement des synoviales articulaires du boulet, petits suros provenant de la lacération des ligaments, surtout du côté de la bride carpienne, atteintes, gonflement des vaisseaux sanguins le long des tendons, tous ces petits accidents venaient me prévenir que le temps de galop avait été trop vite, que le trot avait été exigé trop brillant, etc.

L ennui le plus gros avec ces sortes de chevaux nouvellement

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