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musculaires imposantes, agissant sur des rayons solides. C'est d’ailleurs une tendance générale à notre époque de faire ce que Baron appelle des « brévilignes hypermétriques » ; tous les chevaux de gros trait se ressentent de cette tendance, qui n’est pas une simple mode, mais bien une réalité physiologique ; nous n’en
voulons citer comme exemples que les Ardennais, les Boulonnais et leurs dérivés.
Le cheval de l’Auxoiïs est remarquablement caractérisé dans ce type ; encolure courte et puissante, poitrail large, dos et reins courts, et, par voie de conséquences (loi des variations corrélatives de Darwin), tête courte, front large. oreilles petites. Ces derniers caractères n’ont évidemment pas d'importance physio-
logique, mais ils composent au cheval de l’Auxoïis une physionomie typique et contribuent à parfaire en lui cel aspect trapu qui plaît aux acheteurs. Ce n’est d’ailleurs pas un aspect trompeur : il n’est besoin pour s’en convaincre que de mettre en parallèle le standard de la race et les règles de l’hippologie.
La puissance, en effet, n’est pas seulement faite de l'importance des masses musculaires mises en jeu ; il faut tenir compte aussi, pour la juger, des modalités de l’action de ces masses, et apprécier le cheval comme on apprécierait une machine quelconque, non pas en se basant sur de simples impressions, des « beautés », mais en étudiant la structure et le fonctionnement de chaque détail. Et, puisque nous empruntons une com-
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paraison à la physique, disons qu'il faut chercher à évaluer non pas |” « énergie » produite, mais bien le travail effectué par cet ensemble complexe de leviers agissant et réagissant les uns sur les autres que constitue la machine animale. Or, l'énergie, fruit de la contraction musculaire, rendra le maximum de travail si elle agit sur des rayons solides et bien dirigés. C’est ainsi en particulier que, si le dos et le rein sont droits et courts, l’animal aura bien moins d'énergie à dépenser lors des démarrages, pour raïdir son axe rachidien court et par conséquent peu mobile ; l’impulsion se transmettra intégralement du train postérieur au train antérieur, du fait que cet axe est droit.
Ce caractère de rectilignité, que le cheval de l’Auxois tient de ses ancêtres Percherons et qui se manifeste dans l’encolure puissante et pyramidale, la sélection cherche à l’accentuer encore pour obtenir une croupe presque horizontale permettant un rendement maximum aux muscles de la cuisse et pour obtenir aussi la constance des aplombs réguliers qui, on le sait, vont de pair avec le type rectiligne.
En bref, on peut définir le cheval de l’Auxois à l’aide des coordonnées ethniques de Baron comme étant : rectiligne (encore que l’ancêtre concave traduise quelquefois son influence dans la ligne du chanfrein, par exemple), bréviligne et hypermétrique : « 1 m. 60 au minimum », lisons-nous dans le standard ; c’est une taille à laquelle beaucoup de juments —— et même quelques étalons — n'arrivent pas encore et à laquelle les éleveurs tiennent beaucoup, non pas tant pour faire un cheval lourd (en moyenne 7 à 800 Kgs.), mais bien
plutôt pour allonger les rayons locomoteurs et faire un cheval susceptible de fournir un trot assez rapide. Puissant et énergique comme il l’est, il peut emmener une charge de 1.500 Kgs à une vitesse de huit à neuf kilomètres à l’heure ; au pas, sur un chemin plat, bien entendu, il n’est pas rare de voir des juments démarrer et entraîner des fardeaux de 8 et même 4.000 Kgs (machines à battre, voitures de foin). C’est donc un animal à multiples fins ; dans la petite culture ou la culture maraîchère, il exécutera tous les travaux de la ferme, labourage, charroïis, etc..., et, par surcroît, emmènera bon train à la ville la « carriole » de son propriétaire.
Sa puissance lui permet de rivaliser avec n'importe quel autre animal pour les besoins de la grande culture. Lorsqu'enfin il travaillera en ville, il trouvera sa place dans les services de livraisons et de camionnage aussi bien que dans ceux de gros trait lent. Toutes aptitudes qui ne peuvent que favoriser le développement et l’expansion de la race en lui assurant des débouchés sur tous les marchés. L'armée, même en 1932, malgré la tendance actuelle à la motorisation, a fait fonctionner à Semur une commission d'achats.
Les membres
Les éleveurs et les acheteurs assignent dans leur critère une place prépondérante aux membres ; ils recherchent un sujet qui « a du membre ». Il faut distinguer trois éléments dans la constitution du mem-