‹ Le Cheval de Trait du NordChapitre 23 sur 38 · SE UE · texte numérisé non relu

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reçues par une Commission d'examen des chevaux dont l'inscription est demandée. Elle fait publier les volumes contenant les inscriptions reçues.

ART. 3. — La Commission technique institue, s’il y a lieu, des sous-commissions d'arrondissement prises dans son sein pour l'inscription des chevaux dans les arrondissements du département et les arrondissements limitrophes des départements voisins. Ces sous-commissions ont aussi pour mission de fournir au Conseil d'administration les renseignements qui lui sont utiles ou nécessaires.

ART. 4. — Ce sont les sous-commissions qui, à défaut @e la Commission technique, apprécient les qualités et la race des chevaux dont l'inscription au Stud-Book est demandée.

ART. 9. — Toute demande d'inscription doit être adressée par écrit au siège de la Société, 12, rue Lepelletier, à Lille.

ART. 6. — Les demandes d'inscription sont reçues toute l’année.

ART. 7. — Les sous-commissions se réservent le droit de

fixer les lieux où les chevaux d’un même centre d'élevage doivent être conduits pour être examinés. Cet examen peut se faire à domicile.

ART. 8. — Les chevaux dont les père et mère ne sont pas inscrits au Stud-Book n'y sont reçus qu'à l’âge de deux ans avec l'indication exacte de leur provenance.

ART. 9. — Les produits issus de pères et de mères figurant au livre d’origine y sont admis à leur naissance, mais ils ne reçoivent leur numéro qu'à l’âge de deux ans, après acceptation par la Commission technique.

ART. 10. — L'inscription est taxée comme suit : 40 francs pour les chevaux mâles, 20 francs pour les juments et 10 francs pour les produits.

ART. 11. — Le numéro d'ordre qui est attribué dans le Stud-Book à tout animal inscrit, à l'exception des produits auxquels s'applique la restriction indiquée à l’art. 9, suit le nom et précède le signalement et l'indication du cheval.

ART. 12. — Pour constater l’origine des poulains prove: nant de père et de mère inscrits, chaque détenteur d’étalon admis reçoit, pour chaque étalon, un carnet annuel de saillies coté et paraphé.

ART. 13. — La remise annuelle des carnets de saillies sera faite aux propriétaires d’étalons admis à la monte contre la somme de 20 francs par carnet. Les carnets de saillies seront retournés au Siège du Stud-Book pour le 31 décembre. Ils seront immédiatement remplacés.

ART. 14. — Le propriétaire d'une jument inscrite au Stud-

shier

Book, qui la fait saillir par un étalon également inscrit, exige de l’étalonnier un certificat de saillie portant le numéro de la jument et celui de l’étalon. Ce certificat doit être envoyé au Secrétariat du Stud-Book du Cheval de Trait du Nord, 12, rue Lepelletie”, à Lille, par le propriétaire de la jument.

ART. 15. — Le propriétaire d’un étalon inscrit qui fait saillir par ce reproducteur une jument également inscrite et lui appartenant, remplit les mêmes formalités que celles mentionnées à l’article précédent.

ART. 16. — Avis de la naissance des poulains doit être adressé dans la huitaine au Secrétariat, à Lille. Le délégué de la sous-commission chargé de constater l'identité de ja mère et du produit en est immédiatement avisé, à toutes fins utiles. Cette identité sera consignée sur un certificat qui sera envoyé au Secrétariat dès qu'il aura été dressé.

Si le signalement du produit ne peut être donné exactement au moment de la naissance, il devra être envoyé dans les quatre mois suivant celle-ci.

ART. 17. — Les propriétaires d'animaux inscrits s’engagent à informer la Société de toutes les mutations survenues dans leurs écuries par suite de vente, d'échange ou de mortalité.

En cas de vente, le nom, la profession et le domicile de l'acheteur doivent être indiqués.

ART. 18. — La conduite de celui qui se serait rendu cou: pable de fraudes ou d’agissements frauduleux dans les déclarations de naissance ou pour l'obtention de pedigrees, serait déférée au Conseil d'administration, qui prendrait en dernier ressort, une mesure disciplinaire contre le coupable.

ART. 19. — Les pedigrees ou extraits de naissance des chevaux inscrits au Stud-Book sont délivrés aux personnes qui en font la demande, contre une rétribution de 5 francs, si ces personnes font partie de la Société du Stüd-Book, et de 20 francs si elles n’en sont pas membres. Cette rétribution, en cas de vente du cheval dont le pedigree est demandé, sera cotée au taux de l'acheteur, membre ou non, ct exigible avant l’octroi du pedigree.

Aussitôt que les Statuts et le Règlement purent être mis en vigueur, le Bureau du Stud-Book, constitué en Commission technique, parcourut le département pour examiner les étalons dont l'inscription au livre généalogique qu'il ouvrait, lui était demandée.

Adoptant dès le début la ligne de conduite dent elle

ne s’est jamais départie, et procédant avec la sévérité, exclusive de toute considération d'amitié ou de camaraderie, qu’elle avait estimé devoir faire présider à toutes ses opérations, la Commission d'inscription n’accepta, en 1903, que 23 étalons sur les 250 environ que Leon alors le département du Nord.

Le peu de temps dont elle disposait l'avait obligée, durant les derniers mois de cette première année de fonctionnement, à limiter son action aux reproducteurs mâles.

En 1904, elle put inscrire 45 nouveaux étalons et admettre 252 juments.

Continuant sans merci à hérisser des plus sévères difficultés l'acceptation sur ses contrôles des géniteurs mâles et femelles qui lui étaient présentés, elle put montrer, chaque année, aux membres de la Société réunis en Assemblée générale statutaire, combien elle restait rigoureuse et prudente.

C'est ainsi que, jusqu'en 1914, l'état des inscriptions successives s'établit comme suit :

1903 — 23 Etalons, » Juments, » Produits — Total 23

1904 — ‘15 —" 258 — » — — 267 1905 — 23 + 91 = 24 rs — 11138 1906, —<13. à — 42 — 20 — —. 80 1907 — 18 — T8 + 75 — 1010 1908 — 17 = 138 ee D4 — — 209 1909 — 48 —— 158 = DD ee — 261 1910— 31 — 32 53 RE 100 1911 — 43 = 95 — 66 un — 204 1912 — 29 — 106 — 69 — — ,204 1913 — 47 = 405 — 103 — —1 125D 19147— "62 RENTE — T8 == — 267

Nous dirons plus loin ce que devinrent ces effectifs pendant la guerre, ce qu’il en restait lors de la libération de notre département et après les quatre épouvantables années d’invasion qu'il dut subir, et comment fut ensuite entreprise, assurée et mienée à bien la résurrection d’une œuvre qui avait été, en fait, détruite par l'ennemi.

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Dès 1906, le Conseil d'Administration du Stud-Book pensa que, tant pour encourager les éleveurs que pour permettre de consacrer par des récompenses leurs efforts et leurs mérites, et de montrer au grand public les résultats déjà obtenus, il lui serait possible d'organiser:un concours de chevaux inscrits au Stud-Book.

Ce concours, qui obtint le plus réconfortant succès, attira une affluence considérable de visiteurs du département, des départements voisins et aussi de Belgique.

Dans le numéro du 4 août 1906 du « Journal des Sociétés agricoles du Brabant et du Hainaut », imprimé à Bruxelles, M. Alex. Lonay, Agronome de l'Etat à Mons (Belgique) fit, en ces termes, le compte-rendu de ce qu'il avait VU :

« Une tentative qui doit éveiller l'attention de nos éleveurs se poursuit actuellement dans la région du Nord de la France, sous l’impulsion de deux hommes d'initiative et de mérite, M. Emile DAVAINE, maire de Saint-Amand-les- Eaux, président de la Société des Agriculteurs du Nord, et M. J. MONSARRAT, Vétérinaire départemental en Chef à Lille, respectivement président et secrétaire général de la Société du Stud-Book du Cheval de Trait du Nord.

Ce cheval qui, vraisemblablement, acquerra rapidement droit de cité en France, appartient à notre race de gros trait : c’est le frere français de notre cheval. La Société du Stud-Book, dont le distingué vétérinaire départemental est la cheville ouvrière, a entrepris son amélioration et l’extension de son élevage, amec l'objerriif d'en faire une race francaise au même titre que la boulonnaise et la percheronne, sans compter la nivernaise, également une nouvelle venue qui fit bonne impression au dernier concours de Paris (1).

Nos voisins du Nord reconnaissent le mérite de nos chevaux, et, pour aller vite en besogne dans leur travail de per-

(1) En écrivant, il y a 18 ans, - Ce Cheval (le Cheval de Trait du Nord)... est le frère français de notre Cheval, la Société du Stud- Book ... a entrepris son amélioration et l'extension de son élevage, avec l'objectif d’en faire une race française, au même titre que la boulonnaise et la percheronne, sans compter la nivernaise, également une nouvelle venue qui fit bonne impression au dernier concours de Paris.... », M. ALEX. LONAY reconnaissait, sans la moindre critique et sans songer en tout cas à le contester de façon quelconque, notre droit à faire choix d’un voeab'e français pour désigner « le frère français du Cheval belge » et à poursuivre (son amélioration et l’extension de son élevage avec l’objectif d’en faire une race française ».

Aussi avons-nous éprouvé surprise et étonnement, lorsque, dans le numéro de Mars 1924 du Journal « LE CHEVAL DE TRAIT BELGE », nous avons Ju, sous la signature ALEX. LONAY, l’article ci-après

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fectionnement, ils n’ont trouvé rien de plus pratique que de s'adresser chez nous pour se monter de bons étalons et de bonnes juments.

La propagande de la Société du Stud-Book du Nord aidant, notre élevage trouvera, du moins pendant quelques années, un sérieux débouché en France.

reproduit qu'avait publié en 1923. sans que nous en ayons eu alors connaissance, 4 L'AVENIR AGRICOLE » :

QUESTION CHEVALINE à nos amis les Français « Belge » est le nom que porte une race de chevaux, comme « Ardennas », : Boulonnais», « Percheron» en sont qui en désignent d’autres.

» Le «Belge» amélioré trouve son origine en Belgique et plus spécialement dans notre region limoneuse. Ii s’est répandu de là dans d'autres parties du pays, ainsi que dans le Nord de la France, en Rhénanie et en Hollande. Il n’est évidemment pas devenu le cheval d'une autre race pour cela; pas plus qu'un lapin ou une poule ne changent de race en changeant de pays.

» L'élevage du « Belge » se pratique donc dans la région du Nord de la France, à l’aide de reproducteurs achetés en Belgique ou descendant de procréateurs originaires de chez nous.

» Peut-il y avoir une raison plausible pour nos amis les Français à vouloir changer le nom de « Belge » qui est celui des chevaux d’'élevage que l’on rencontre chez eux de l’autre côté de notre frontière ?

» Mais, non seulement cela. est-il admissible qu'un de leurs journaux agricoles veuille, contre toute évidence, Siluer l'origine du cheval Belge » répandu en France, dans l'arrondissement d’'Avesnes ou dans le canton de Maubeuge ?

» Il est possible que ce Soit dans cel arrondissement où dans ce canton qu'on ait inventé de changer Le nom de « Belge» en celui de «race du Nord » Mais quel mérite y a-t-il à ce démarquage ?

» Le cheval est-il resté moins belge pour cela? La chose se comprendrait si le dit «Belge» avait une mauvaise réputalion, mais c’est le contraire ; car c'est bien à la condition d’appartlenir à la race Belge que le cheval du Nord partage la faveur dont jouit celle-ci parmi les connaisseurs de tous Les pays.

» Que les Français fassent l'élrvage du cheval appartenant à la race appelée Belge, nous y applaudissons. Qu'ils aient leur stud-book français du Beige, c'est parfait. Que. dans une émulation féconde, ils tâchent de faire aussi bien, sinon mieux que nous, rien de plus louable. Mais, de grâce, entre amis, nous serait-il permis de leur demander de ne pas chercher plus longtemps à camoufler la belle race chevaline qui nous est chère comme à eux, et qui porte un nom qui, n'est-il pas vrai, peut prétendre à quelque gloire!»

Nous ne voudrions pas « faire nulle peine même iégère » à nos bons amis Belges en général, ni à l’auteur de cet article en particulier: mais les éloges que nous avons mulliplis dans ce travail à l'adresse du cheval belge et des éleveurs belges, pour lesquels nous avons la plus profonde admiration, nous autorisent à mettre en paral lèle les opinions de M. ALEX. LONAY première maniere, et celles de M. ALEX. LONAY deuxieme manière, et à affirmer à celui-ci quil ne

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Un premier concours, très remarquable, du Cheval de Trait du Nord vient d’avoir lieu à Lille, organisé par la Société des Agriculteurs du Nord et celle du Stud-Book. Un journal lillois écrit à ce propos : « Une nouvelle source de richesse et de réputation est née pour le département du Nord : avant cinq ans, grâce à l'initiative et à la ténacité de MM. Emile DAVAINE et MoNsARRAT, fondateurs et président ou secrétaire général du « Stud-Book », les chevaux de notre région seront universellement recherchés comme bêtes de trait. La preuve vient d'en être victorieusement établie ».

Il est certain que si les éleveurs français veulent s’y met: tre sérieusement, et il n’y a pas à en douter, ils pourront un jour devenir nos concurrents redoutables sur le marché international, avec les chevaux de notre propre race ; le sol et le climat du Nord de la France sont les mêmes que les nôtres, et si l’on compare la région belge dans laquelle se fait l'élevage du cheval de gros trait à la région française de même nature, on remarque que nos voisins disposent de plus d'espace que nous pour s'’adonner à cette production.

Eatre temps, il nous est agréable de constater que, parmi les 80 chevaux environ ayant figuré au Concours de Lille, la plupart des bêtes primées sont belges ou d’origine belge.

C'est ainsi que dans la première catégorie, étalons de 3 à 4 ans, le 1% prix, Jean du Chastel, est flls de Clairon celui-ci non tracé, mais belge et æ prix de la catégorie suivante ; le 2° prix, Poisson d'Avril IT, est fils d'Etoile du Nord, celuici par Brin d'Or ; le 3e prix, Dragon, est fils de Amelot, cheval de M. Vanper MIes, de Hal.

Dans les étalons de plns de 4 ans (deuxième catégorie) nous voyons : 1 prix, Beau-Trpe, par Rêve d'Or ; 2 prix, Garibaldi du Fosteau, par Brin d'Or ; 3% prix, Clairon : 4 prix, Coin d'Or, par Rêve d'Or ; 5 prix, Sans-Peur II, par Sans- Peur, de M. Dumont, de Chaxsart : 6° prix, Labori, propre frère de Marquis de Rosseignies, donc petit-fils de Réve d'Or.

La troisième catégorie, pouliches de 3 et 4 ans, nous donre : 1er prix, Emotion, par Yoette et Réve d'Or ; & prix, Candide, par Lariza, venant de chez M. LOssEAU, de Thuillies, et CGfus, fils de Pierrot Monereau.

nous à pas convaineu, que nous restons sur les positions et la manière de voir qui sont exposées dans cette brochure, que nous persistons à revendiquer le droit absolu de maintenir à notre cheval son appellation de « Cheval de Trait du Nord », sous laquelle il a conquis ses grades, ses chevrons et . sa réputation, et que en fin de compte, tout cela nous permet de ne pas attacher d’autre importance aux expressions «démarquage camouflage, ete . >» qu'il a cru pouvoir employer, et que n’excuseraient même pas en tout cas, surtout de sa part, les erreurs ou les'exagérations qu'aurait pu commettre « un de nos journaux agricoles ». — J. M.

Pere Mines

Dans les juments de plus de 4 ans, classées premières, nous trouvons : 1° prix, Prima, ex Mine d'Or, par Brunette-de- Cambron et liève d'Or : 2 prix, Margot, venant des écuries de M. L. Ba:cquéau, de Thines-les-Nivelles ; 3 prix, Yvette, par Brunette et Couilleur ; 4 prix, Bellas, venant des écuries de M. LOSSEAU, etc...

Pour les lots de trois juments, concours remarquable le 1° prix est échu à M. Brunraux G., de Maubeuge ; le 2e prix, à M. DAVAINE E., de Saint-Amand ; le 3% prix, à M. LaANGRAND G., à Beaurain, et le 4 prix encore à M. Brtü- NIAUX, de Maubeuge ; ces 12 juments toutes de sang belge.

Ajoutons que Beau-Type, que l’on a vu dernièrement au Concours de Bruxelles, a fait le championnat des étalons, et Prima, ex Mine-d'Or, celui des juments. Cette dernière était sans conteste la Championne de tout le concours.

Le Concours de Lille était excellemment organisé. M. Mon- SARRAT, qui est le promoteur de l'achat de nos chevaux par ses compatriotes, y avait mis tous ses soins. Le jury était composé de MM. D'AGNEL DE BOURBON, Directeur des Haras de Compiègne ; POTIÉ, Sénateur, à Haubourdin, et L. Bouc- QUÉAU, de Thines-les-Nivelles, celui-ci représentant l'élevage belge.

Nous voulons remercier, en terminant, le Conseil d’'Administration de la Société du Stud-Book du Nord «avoir eu l’amabilité de nous inviter à visiter son premier contours si réussi, et pour l'excellent accueil qu'il a bien voulu nous faire ».

A la distribution des récompenses qui avait suivi les opérations du jury de ce premier concours, le distingué président du Stud-Book, M. Emile DAVAINE, qui, aujourd’hui encore et avec la même foi et avec la même ardeur qu'il déployait à la fondation, dirige notre Société, prononça un discours qui résumait excellemment le pascé, vieux de quelques années seulement, et traçait en caractères empreints de la plus heureuse clairvoyance le programme qui devait être réalisé et de ce qui fut effectivement réalisé par le Stua-Book.

Il disait notamment :

« Merci enfin à vous, Messieurs les Eleveurs, qui êtes venus partisiner en si grand nombre aujourd'hui à notre exposition chevaline.

Je tiens à vous adresser, en même temps, toutes mes félicitations pour les magnifiques et précoces résultats dont votre labeur est déjà couronné. Animés d’une saine émulation, encouragés d’ailleurs par un aussi prompf succès,

AS

vous continuerez à travailler sans relâche, confiants dans votre intelligente persévérance, pour faire de la loi d’évoiction et d’hérédité une loi d’infini progrès.

Vous connaissez tous, Messieurs, ce beau type de cheval que notre Stud-Book se propose de propager. Vous connaissez ses qualités précieuses, la facilité de son entretien, sa docilité, sa robustesse, son allure si dégagée malgré son poids considérable.

L'élevage de cette robuste race fait depuis de longues années la fortune de la Belgique. Placés identiquement dans les mêmes conditions que nos voisins immédiats, pourquoi ne réussirions-nous pas comme eux ?

Nous voulons doter notre agriculture régionale d’une puissante et rustique cavalerie ! Nous voulons donner à nos fermiers du Nord une occasion d'occuper utilement leur intelligence et leur activité en travaillant avec méthode à l'amélioration et à l'extension d'une magnifique race de chevaux, la seule dont l'élève puisse être pour eux rémunératrice. Ce double but est, à coup sûr, bien digne de tous nos efforts ! Si nous réussissons (et j’ai la conviction que nous réussirons !) nous aurons bien mérité de l'Agriculture, de notre terre flamande et du pays tout entier |!

On ne nous a guère fait, jusqu'à ce jour, Messieurs, qu'une seule objection : « Il ne suffit pas, nous dit-on, de produire des chevaux. Encore faut-il que la vente en soit possible ! ».

Les événements, depuis longtemps, se sont chargés de répondre pour moi.

Notre race du Stud-Book est, avant tout, une race d’avenir ! Ses anciens détracteurs, petit à petit, se sont tus devant l'évidence des faits.

En dehors de notre culture régionale, en dehors des besoins de la traction sur nos routes pavées si fatigantes, où l'emploi de notre robuste cheval de trait est tout indiqué, nécessaire même, d’autres régions de la France, un certain nombre de pays européens, l’Amérique enfin, commencent à apprécier et à utiliser dans des proportions tous les jours plus grandes nos reproducteurs indigènes.

Le cadre de ce rapide aperçu ne me permet pas, Messieurs, d'entrer dans de longs développements. Pe-mettez-moi cependant de vous citer deux exemples typiques.

Notre voisine l'Italie, au cours de ces dernières années, a réorganisé sa remonte. Les haras de l'Etat italien, quoique créés avant tout (comme en France d’ailleurs) en vue de la production du cheval de guerre, ont accordé une certaine place (8 % environ) aux étalons de gros trait.

Dans l’étalonnage privé, notre race indigène occupe une

place plus considérable encore. De grands éleveurs italiens ont fait entendre ces temps derniers leur voix autorisée pour préconiser l’emploi du Cheval de Trait du Nord, et cela pour de multiples raisons :

Autant le cheval de gros trait anglais, préféré jusqu'à ce jour par le gouvernement italien, s'élève difficilement et à grands frais, autant notre cheval du Nord s’acclimate avec facilité, s'obtient et s'élève à bon compte.

Aussi un mouvement favorable à une très large importation du Cheval de Trait du Nord se produit aujourd'hui dans toute l'Italie.

Nos voisins belges, en éleveurs avisés, s'’èn sont aperçus. Aidés par leur gouvernement, ils ont l'intention de faire une grandiose manifestation à l’occasion de l'exposition de Milan, où ils se proposent d'envoyer un lot considérable de leurs plus beaux reproducteurs.

Je pourrais vous citer bien d’autres pays encore, Messieurs, où la situation chevaline légitime mon espoir dans l’avenir du Cheval de Trait du Nord. Mais j'ai promis d’être bref et de ne citer que deux exemples ; j’en viens donc tout de suite aux Etats-Unis d'Amérique qui constituent et constitueront encore longtemps pour notre exportation le débouché de beaucoup le plus important.

Des travaux récents et de grande valeur ont établi avec une grande richesse de documents et une robuste logique les causes comme les conséquences de la crise que traversa (et que traverse encore) l'élevage du cheval de gros trait aux Etats-Unis.

Aussi le chiffre des importations en Amérique de chevaux de traits européens s’accroît-il sans cesse.

La Belgique a, en effet, très vite compris que cette infe. riorité présente des Etats-Unis, qui ouvrait à sa production chevaline d'aussi vastes horizons, n'était pas une crise passagère, mais une situation durable, Elle s’est bien vite aperçue que les cultivateurs américains reste”aient longtemps retenus par d’autres soins, absorbés par d’autres soucis que la production du cheval de trait, et qu'ils ne sauraient songer, d'ici de longues années, à s’ériger en concurrents sérieux dans cette branche spéciale de l’industrie agricole.

Cette merveilleuse situation qu'utilisent si habilement nos voisins, pourquoi, cultivateurs du Nord, n’en profiterionsnous pas nous aussi, créant une branche de plus à notre élevage national, un chapitre de plus à la production de notre merveilleuse terre française, depuis longtemps la patrie des plus belles races de gros trait, Il n’y a donc de notre part aucune forfanterie à le proclamer : le but de notre œuvre dépasse la sphère des questions purement agri-

SO te

coles. Un souftie patriotique l'anime. Aussi, c'est sans arrière-pensée, n'est-il pas vrai, Messieurs, que nous resterons à la tâche !

Ne nous contentons pas de ne point laisser tarir des sources antiques et fécondes de notre richesse nationale ! Sachons en faire jaillir de nouvelles assez abondantes pour faire taire les sarcasmes anglo-saxons et tous les prophètes intéressés à la décadence des races latines. Nous leur prouverons une fois de plus que la vieille terre des Gaules sait conserver, à travers les temps, une fécondité inépuisable: ei des énergies toujours jeunes ».

Chaque année, à partir de 1906, le Stud-Book du Cheval de Trait du Nord se fit un point d'honneur de donner un nouveall CONCOoUrs.

Ces exhibitions successives, qui obtinrent un succès sans cesse croissant, eurent lieu dans différentes villes du département ; partout les administrations locales et les populations leur firent le plus chaleureux accueil.

L’Administration des Haras qui, très rapidement, s'était rendu compte de l'importance du but poursuivi par le Stud-Book et des résultats d'intérêt général que l’on pouvait en attendre, nous avait donné un parfait collaborateur en la personne de M. D’AGNEL DE BOURBON, alors Directeur du Dépôt d'Etelons de Compiègne, excellent connaisseur en chevaux de gros trait qu'il aimait, et qui, devenu ensuite Inspecteur Général des Haras, nous fut, jusqu'à sa mort trop tôt survenue en 1922, d'une précieuse assistance dont nous lui avons toujours témoigné et dont nous nous faisons un devoir de témoigner encore à sa mémoire, pleusement conservée parmi nous, une profonde gratitude.

Les rapports annuels que M. D'’AGNEL pE BOURBON adressait à M. le Préfet du Nord sur le fonctionnement, dans le département, des stations d’étalons de l'Etat, contenaient toujours, en outre des renseignements statistiques usuels, des appréciations extrêmement intéressantes sur la situation de notre élevage.

Très régulièrement, il à fait le plus grand éloge de l’œuvre que poursuivait le Stud-Book.

C'est ainsi qu'il écrivait en 1910 :

«C’est naturellement l'élevage de trait qui prédomine

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