PORTE
dans le Nord. A part quelques points de l'arrondissement d’Avesnes et de celui de Cambrai, c'est d’ailleurs le seul qu'on puisse y entreprendre avec quelques chances de succès.
Ces conditions favorables ont été utilisées avec la plus grande intelligence, et le concours remarquable qui vient d’être organisé à Lille par la Société du « Stud-Book du Cheval de Trait du Nord » nous a fait toucher du doigt les progrès accomplis dans ce département autrefois consommateur presque exclusif de chevaux, et aujourd’hui producteur à son tour, d’un type très recherché pour les qualités qu’il tient de ses ascendants belges, et, partant, de vente toujours très avantageuse.
Les progrès se manifestent dans ce fait que, dans toutes les sections, les premières primes ont été décernées haut la main, à des produits indigènes qui battaient les sujets importés qui leur étaient opposés.
Et, en effet, surtout avec l’esprit de méthode et de persévérance qui caractérise le département du Nord, on y peut produire mieux qu'on ne le fait en Belgique.
La bonne avoine qu’on sait y prodiguer fort à propos est très supérieure à l'alimentation farineuse en usage chez nos voisins. En donnant aux animaux qui la reçoivent un tempérament énergique, elle en fera certainement de bons ouvriers et de bons reproducteurs, et la qualité de ces animaux qui les rend supérieurs aux belges adipeux et lymphatiques du Brabant et des Flandres, les fera bientôt rechercher de préférence à ceux-ci (1).
Il faut donc louer sans réserve les hommes intelligents et dévoués qui se sont mis à la tête du mouvement ».
Sont à citer encore les extraits ci-après dies rapports de 1912 et de 1914 de M. D’AGNEL DE BOURBON :
4) Dans le «Cheval de Trait +, «ouvrage récompensé par la distinction la plus haute réservée au Concours organisé par la Société Royale Agricole de l'Est de la Belgique en 1905 », soit il y a moins de vingt ans, M. le Vétérinaire Joseph Hamoir pouvait encore écrire :
« .… Les défauts du Cheval belge sont de minime importance eu égard au service — le travail au pas — qu'il est appelé à fournir. La tête plaquée, le garrot effacé, l’épaule courte et droite, enlèvent au cheval belge l'aptitude à la vitesse et n’en font pas un modèle sous le rapport de l'élégance. Mais ces griefs ne lui enlèvent rien de sa valeur au point de vue utilitaire.
Il n'en est pas de même de l’ensellement du dos, de l'empâtement des jarrets, de l’évasement des pieds, défectuosités que, il y a quelques années encore, on observait communément chez nos chevaux
Aujourd'hui, les pieds ont acquis une conformation en « blocs » irréprochable, Le dos s’est reclifié, les jarrets ont gagné de lu netteté, grâce à une sélection attentive dirigée Spécialement en vue d'éviter à nos chevaux des reproches très fondés...»
nr
RaPPORT DE 1912. — « L'éducation de l’éleveur se fera peu à peu et il faut être reconnaissant aux personnalités distinguées et dévouées qui, en créant le Stud-Book du Cheval de Lrait du Nord ont coordonné les efforts qui étaient un peu dispersés jusqu'alors, et qui, en organisant des concours chaque année plus remarquabies ont pris à &äche de récompenser les meilleurs résultats en même temps que d'instruire la masse des éleveurs.
Grâce à ces zélés apôtres de l'élevage, le progrès est constant, l’élève du cheval se fait dans de bonnes conditions dans le Nord où l’on transforme en un cheval plus énergique et plus vibrant, plus utilisable par suite à tous les services auxquels il peut convenir, le lourd cheval belge. Aussi mon administration, qui apprécie à leur valeur les étalons nés dans le Nord, leur reconnait-elle des qualités comme reproducteurs lorsqu’iis sont réussis ». |
RaPPORT DE 1914. — « D'une façon générale et grâce à l'impulsion aussi énergique qu’intelligente que lui a donnée la Société du Stud-Book du Cheval de Trait du Nord, l’élevage du cheval me paraît dans une excellente voie dans le département. Les rivalités politiques ou autres se sont effacées devant le but à atteindre, et les éleveurs fortement secondés par l’impartialité complète de ceux qui leur mon:trent le chemin à suivre, n’en admettent plus qu'une : celle qui consiste à faire mieux que le voisin. Aussi, ces dernières années, a-t-il été importé dans le Nord un nombre élevé de très bons reproducteurs belges, de bonne origine d’où sortiront certainement des sujets d'élite.
Pour s'y être mis plus tard, on peut et on doit produire dans le département d’aussi beaux animaux que ceux qui font si justement l’orgueil de nos voisins les Belges, et je ne crains pas d'affirmer qu’on les fera chez nous de meilleure qualité parce qu’on sait mieux les élever et que, dès le jeune âge, on leur prodigue l’avoine sans laquelle il n’y a pas de bon cheval.
Faire le beau et bon cheval ! c’est là l’idéal que doit posséder tout éleveur. Il ne doit pas oublier en effet, que le cheval qu'il produit doit être un jour un ouvrier auquel il est nécessaire de procurer toute la force et toute l'énergie en même temps que toute l’activité qui lui seront indispensables pour jouer son rôle.
sn nn en mn sms
Que les amateurs de chevaux, et c’est le plus grand nombre dans le Nord, cherchent à donner à leur race en plus de la profondeur de poitrine, du tempérament excellent qui en découle, et des pieds parfaits qui la caractérisent, la trempe, l’activité, le mouvement qui sont les spécialités