‹ Le cheval et ses races; histoire des races à travers les siècles et races actuellesChapitre 2 sur 17 · AUX BUREAUX DE L'ÉLEVEUR · texte numérisé non relu

AUX BUREAUX DE L'ÉLEVEUR

6, Avenue À-xibert, 6

Et à PARIS, 12, Bozdevsird Poissonnière, 12

LEÎ CSBVAL

établi l'ordre des Solipèdes, ou Omniongulés, nous considérerions en première ligne leur forme élancée et bien proportionnée. La tète allongée et maigre, grêle, avec ses grands yeux vifs et ses oreilles pointues et très mobiles, est portée par un long cou comprimé latéralement, dont le bord dorsal est muni d'une longue crinière. La queue a une forme différente, suivant que les crins la garnissent dans toute sa longueur ou ne s'insèrent qu'à son extrémité. Les membres sont vigoureux et élancés; ils se terminent par un seul doigt qui ne repose sur le sol que par sa dernière phalange. Le pied est, par conséquent, composé d'un doigt très allongé et de chaque côté de deux métatarsiens styliformes des deuxième et quatrième doigts. Le bras et la cuisse restent très courts, de telle sorte que le coude et le genou sont situés près du ventre. Le péroné et le cubitus sont atrophiés. — On a retrouvé toute une série d'espèces de chevaux éteintes qui présentent dans la conformation du pied et dans la denture des différences suffisantes pour établir des genres. — Il existe en haut et en bas huit incisives taillées en biseau disposées suivant une ligne courbe, et remarquables par la fossette ovale dont est creusée transversalement leur surface masticatrice. Les canines n'existent ordinairement que chez le mâle et sont petites. Le nombre des molaires est de sept à chaque mâchoire chez les espèces fossiles et n'est que de six dans les espèces actuelles; cependant on trouve en

avant de la première prémolaire, dans la dentition de lait, une petite dent caduque. Les molaires sont longues, prismatiques, cojnme formées de quatre prismes (auxquels s'en ajoute un cinquième chez les molaires supérieures); leur surface triturante présente quatre crêtes immenses formées par les replis de rémail. Gomme caractères anatomiques il faut signaler l'anneau osseux complet constituant une arcade orbitaire ; la valvule de l'entrée de Testomac qui rend impossible le vomissement, et enfin l'absence de vésicule biliaire. Tous les animaux de cette famille ne mettent en général au monde qu'un seul petit. »

Les Equidés vivants constituent trois sousgenres : Sous-genre Equus Gray. Oreilles courtes ; des châtaignes à tous les membres ; queue garnie de crins au moins dans les trois quarts de sa longueur; crinière dressée ou longue et tombante. Gomprend tous les chevaux domestiques et au moins une espèce réellement sauvage : VEquus Prjewalskii,

Sous-genre Asinus Gray. Tête grosse et lourde, oreilles longues, queue courte à crins insérés à l'extrémité, crinière très petite dressée, pas de châtaigne aux membres postérieurs, comprend les espèces suivantes : A. Tœniopus^ onagre ou âne sauvage de l'Asie méridionale souche de l'âne domestique, gris cendré, plus ou moins clair avec une croix noire sur les épaules. A. hemionus Pall. Hemione ou Dziguetai ; couleur roux clair en

dessus, blanc en dessous avec une bande longitudinale foncée sur le dos. Se trouve depuis le Thibet jusqu'à la Mongolie.

Sous-genre Hippotigris Sm. Ont une robe claire marquée de bandes foncées. Ce sont des animaux sauvages presque indomptables H, quagga Gm. Gouaga; H, Zébra L. Zèbre; H. Burchelli Fisch. Dauw.

D'après les paléontologistes Kowalevski, Rutimeyçr et surtout G. G. Marsh (1) la série ancestrale du cheval serait maintenant parfaitement connue.

Classés d'après l'ancienneté, les types fossiles génériques d'où descend le cheval sont les suivants : Orohippus le plus ancien, qui gît dans l'éocène; puis viennent dans le miocène, UiohippuSy Anchitherium ; dans le pliocène : Anchippus, Hipparion^Prolohippus et Pliohippus; enfin dans le diluvium Equus.

VOrohippus, la souche la plus éloignée du cheval, était un pauvre animal de la taille d'un renard, à tête écourtée et porté sur des membres à quatre doigts munis chacun d'un sabot; le troisième doigt était plus grand que les autres, comme chez le tapir dont il avait la physionomie sinon la taille (fig. 1, A).

VAnchiterium avait la taille d'un mouton il n'avait plus que trois doigts, mais s'appuyant tous les trois sur le sol et tous également terminés par un sabot (fig. 1, B).

(1) 0. C. Marsh, Fossil horses in America American Naturalist, t. VIII, 1874, — id. Polydactile horsfSf Asner, Journ. of sciences andarts, t. XVII^ 1879.

h'Hipparion avait encore les trois doigts mais les deux externes, atrophiés, n'arrivaient plus sur le sol (fig. 1, C). Il était de la taille d'un âne.

Enfin dans VEquus, ou cheval contemporain il ne reste plus que le doigt médius, les doigts externes étant réduits à Tétat de stylets n'ayant plus aucune phalange et étant cachés sous la

Fig. 1.

peau (fig. 1, D). Les chevaux fossiles du genre Equm ont aussi grandi en taille et ont acquis celle des chevaux cosaques actuels.

A côté des modifications dans la conformalion du pied indiquant le remplacement d'une vie terre à terre dans les marais, par une vie de courses à travers de vastes prairies, se montrent des modifications dans le système dentaire accusant aussi un régime moins aqueux. Dans les formes les plus anciennes de l'éocène, les molaires montrent des plis simples de l'émail, tandis que ces plis sont

plus compliqués chez VAiichiterium et rappellent les dents de lait de VHipparion Les dents permanentes des chevaux de la partie supérieure du miocène et du pliocène sont semblables aux dents de lait des formes récentes, dont les molaires sont si caractérisées par les plis de l'émail, mais dont le nombre, comparé à celui des molaires de la forme ancestrale, a diminué.

Tous ces changements anatomiques ont mis des milliers d'années à s'opérer, puisque l'époque tertiaire qui comprend les couches éocène, miocène et pliocène, comprendrait, d'après les géologues, 460,000 ans et l'époque quaternaire que nous parcourons dure depuis 100,000 ans.

Les paléontologistes que nous avons cités invoquent comme preuve du bien fondé de l'hypothèse qui fait descendre nos chevaux actuels des chevaux fossiles qui avaient plusieurs doigts, des faits très nombreux qui sont du ressort de la tératologie et où l'on voit les métatarsiens ou les métacarpiens rudimentaires se développer en doigts complets terminés par un petit sabot. Dans tous les musées des Écoles vétérinaires, on conserve des pièces de ce genre consistant en un pied de cheval, à côté duquel s'est développé un autre pied plus ou moins rudimentaire. Il y a quelques années, tout le monde a pu voir à Paris, dans une baraque où on le montrait comme une curiosité, un cheval qui avait deux doigts complets, et, par conséquent, deux sabots à

chaque pied, Tun de ces doigts était normal, l'autre, externe à tous les pieds, était seulement d'un tiers plus petit que l'autre et touchait presque le sol. « Ces dérivations au type actuel dit M. le professeur Gratia, de Bruxelles, ne tendent à rien moins qiCà rétablir la forme nor» maie d'tm type antérieur ancestral ; ce ne sont^ en d'autres termes, que des exemples d'hérédité tardive, d'atavisme à longue portée. »

Déjà, dans les dernières couches du terrain tertiaire, commencent à apparaître des chevaux du type actuel, c'est-à-dire à un seul doigt complet, ou du genre Equus, et ils continuent à se montrer de plus en plus nombreux dans le terrain quaternaire, ou le diluvium.

Voici les caractères zoologiques des chevaux fossiles du genre Equus, d'après Glaus :

Equus L, Pied composé d'un doigt et des restes des métatarsiens des deuxième et quatrième doigts. Dix-huit vertèbres dorsales et

six vertèbres lombaires ; molaires -j- -5- avec les

restes d'une septième molaire antérieure dans les dents de lait qui parfois persiste ; molaires avec un pilier sur le milieu d'un côté interne dont le bord d'émail ne forme aucune île et ne constitue qu'un simple repli sinueux ; molaires inférieures dépourvues des lies qui existent sur le côté externe chez VHipparion ; première et dernière dent en haut et en bas en forme de prisme à trois faces. Les espèces fossiles du genre Equus, qui commencent à apparaître, dans les dernières couches ter-

tiaires, sont l'J^. sivàlensis et VE. nomadicus Falc, et dans les premières du diluvium VE. fossilis.

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