CHAPITRE IU. — TYPES ET RACES
Ou est ainsi parvenu à créer les animaux les plus vîtes que le monde possède ; mais, en même temps, des qualités précieuses, telles que le fonds, la force, la solidité, la sûreté des allures, la vigueur du tempérament, ont été quelquefois sacrifices. Le cheval de course n'est souvent propre qu'à la course. Comme producteur, avec des croisements sagement combinés, il peut cependant communiquer quelques-unes de ses qualités.
Le cheval de selle se rapproche du cheval de course, mais il s'en dislingue par une plus grande souplesse dans les mouvements, moins de longueur, plus de fonds et de sensibilité à Faction directrice de l'homme; il s'en éloigne encore, suivant les services qu'il est destiné à remplir. Sa destination la plus générale est la cavalerie de l'armée; hors de là, il n'y a guère que l'équitation d'agrément, et, dans quelques contrées exceptionnellement, l'usage de bidets d'allure. En Angleterre, le service de la chasse, beaucoup plus eu vogue qu'en France, a créé un type particulier: le hunier, cheval de chasse, qui réunit au plus haut degré les conditions du cheval de selle.
Le cheval de selle doit avoir une tête légère et bien attachée, uu crâne large, des naseaux bien ouverts, des yeux vifs et ardents, une encolure plutôt courte que longue, peu fournie et droite, pour permettre plus facilement l'appui du mors; une poitrine longue et haute, un garrot bien sorti, les épaules peu chargées de chair, une croupe horizontale et bien musclée, les jarrets larges, évidés, un peu coudés, des membres bien d'aplomb, des tendons parfaitement sains et bien détachés, un paturon assez long pour permettre des réactions douces, un pied bien conformé, un peu large au talon. Avec des reins et des lianes courts, les jarrets droits, les épaules longues, les avant-bras longs et les paturons courts, le cheval embrassera plus de terrain; mais les réactions seront plus dures, ses allures seront moins sûres,
Lorsqu'on veut de l'élégance dans le cheval de selle, ce qu'on recherche, par exemple, si on le destine au manège, on le choisira avec l'encolure légèrement rouée, bien fournie, l'épaule inclinée, mais les avant-bras courts et les paturons longs ; dispositions desquelles résultent des allures douces et cadencées. Ces caractères se retrouvent chez les chevaux orientaux et andalous.
§ 2. — Des Races.
Nous avons défini la race : un groupe d'individus d'une même espèce appartenant à une contrée et à une origine identiques, différencié par des caractères communs et tranchés, pouvant se reproduire héréditairement. L'espèce chevaline présente un assez grand
nombre de races ainsi définies. Nous les diviserons en races françaises et races étrangères? nous ne citerons, parmi ces dernières, que les plus remarquables.
A. — Races étrangères.
Races arabes. — L'Orient paraît avoir été le berceau de l'espèce chevalin**, et en recèle encore aujourd'hui les types primitifs : Y arabe* le turkoman, le persan et le barbe. Le centre de l'Arabie, le pays du Nedjid, sera t, suivint M. Hamon, en possession de la race arabe la plus parfaite. Les Arabes distinguent d'ailleurs dans la race même plusieurs variétés : la première e>t celle des coclhani, race noble par excellence, dont la généalogie remonterait, suivant la tradi ion, jusqu'aux cin«] juments du Prophète; 2° les kodeski, variété inférieure à la première par son oiigine et ses qualités; 3o les knedeky ou attechi, espèces communes produites par le mélange des races. Le cheval arabe a la tête fine et conique, le front large", les yeux grands et doux, les ganaches évasées, les naseaux ouverts, l'encolure droite, un peu déprimée à la naissance du garrot, qui est très-sorli, une crinière soyeuse et flottante; ses reins courts, mais souples, sont larges et solides; la ligne du dos, droite, se lie à une croupe bien musclée; le Ironc est cylindrique; la poitrine rachète, par sa profondeur, un peu d'étroilesse du devant ; les muscles des membres et les tendons, les articulations sont partout en saillie. L'ensemble de l'arabe est surtout remarquable par l'harmonie de ses lignes, la fermeté et la résistance de ses tissus, 1* finesse de sa peau. Ses formes sont sèches, anguleuses; ce qui tient au climat et au sol aride sur lequel il a vécu. 11 tient de cette dernière condition un tempérament nerveux et sanguin, une sobriété et une énergie qui le rendent propre à supporter les plus longues courses.
C'est un cheval de vitesse, mais en même temps de fonds. On peut lui reprocher la petitesse de sa taille, qui dépasse rarement 4m35àlm40.
Ce type n'est pas le même dans toutes les parties de l'Arabie ; il se modifie sous les influences du climat. Dans des pâturages gras et humides, ses formes s'empâtent, la tête s'alourdit, la taille s'élève ; c'est ce qu'on observe en Egypte. Soumis au régime des pâturages médiocres, il devient grêle, avec une ossature disproportionnée, un ventre plus développé.
L'Algérie renferme beaucoup de ces types dégénérés. Le cheval oriental oifre, dans la Perse, plus d'élégance et d'ampleur. Le cheval turkoman a été également vanté pour la beauté de ses formes, la puissance de ses moyens, la vitesse de ses allures. Les troupes nombreuses de chevaux qui vivent presque à l'état sauvage, sous le