‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 40 sur 103 · SECTION I. — TYPES ET RACES · texte numérisé non relu

SECTION I. — TYPES ET RACES

§ 1er. — Types. t

Nous désignerons sous le nom de type l'ensemble d'un certain nombre de caractères qui rend un cheval ou une classe de chevaux plus ou moins apte à un service spécial et déterminé. Nous distinguerons trois types principaux, qui passent de l'un à l'autre par des nuances insensibles, mais qui, dans leur développement le plus complet, peuvent cependant être facilement appréciés : 1<> le cheval de gros trait et de trait moyen, auquel appartiennent les chevaux de hbour, ceux du roulage et même la plupart de ceux appliqués au service des omnibus et des lourdes diligences; 2<> le cheval de trait léger; 3° le cheval de selle.

Le cheval de trait agit par son poids et sa masse en même temps que par sa force musculaire; la taille accompagnera la masse; elle en favorise l'application. Tout le système musculaire devra donc être bien développé; le poitrail, la croupe, les reins, se présenteront partout en saillie. Pour le cheval de gros trait, la. vitesse et l'élégance ne sont que des qualités secondaires ; l'épaule sera donc moins inclinée, les rayons supérieurs plus courts, mais en même temps, les os destinés à porter une masse plus considérable, à servir d'attache à de forts tendons, seront volumineux. Le tempérament même aura le caractère particulier des constitutions athlétiques : il sera plus lymphatique et sanguin que nerveux; l'énergie • et la vigueur y prévaudront plus que de l'excitabilité, et la puissance dans l'effort ne sera pas séparée de la persévérance et de la durée.

Le cheval de charrette, le limonier surtout, demande encore quelques autres qualités. Il aura le garrot épais, le dos droit et solide, le flanc court, les jarrets un peu coudés, les paturons courts, le pied, solide et résistant, surtout vers les talons. Sa masse même sera proportionnée à sa charge : une forte encolure, des épaules saillantes, un large poitrail, le développement des muscles fessiers, lui permettront de remplir les limons, le collier et l'avaloire.

Les forces massives du cheval de gros trait se modifient pour le cheval de diligence et de p.osle : l'encolure est plus longue, l'épaule plus inclinée, les membres plus dégagés sans être moins solides; la poitrine est profonde, le ganot mieux sorti, la tête moins lourde.

La figure 96 donne une idée du cheval de gros trait.

Le cheval de trait léger commence au carrossier, finit au cheval de tilbury et même au petit poney d'attelage.

Le carrossier doit réunir aux caractères de la force et de la vitesse l'élégance des formes; sa taille sera 1>"55 à l m 65. 1) aura un beau poitrail, une encolure haute et un peu rouée, l'avant-bras et le paturon plus lougs que le cheval de trait ordinaire, du tride dans les mouvements, des allures brillantes, une croupe bien fournie sans être massive, et une grande puissance musculaire dans le train postérieur. La vigueur musculaire agissant dans ce tirage plus que la masse, on lui demandera une énergie, une excitabilité, qui ne seront pas portées au point de le rendre ombrageux ou indocile. La figure 95 représente un carrossier dans l'action.

Le cheval de cabriolet ou de tilbury est un carrossier ayant moins de taille, moins d'élégance, mais exigeant souvent plus de fonds ; il se rapprochera davantage du cheval de selle : reins plus forts et plus courts, membres antérieurs solides.

Les chevaux de trait léger ont en général plus ou moins de sang, et se régénèrent sous l'influence du cheval de course.

Le cheval de course a une conformation toute différente de celle du cheval de gros trait. 11 a le corps élancé, la poitrine étroite, mais profonde, le garrot élevé, le ventre un peu levretté, le cou grêle, la tête fine, sèche, mais cependant avec un front large et les ganaches amples; l'épaule est oblique, l'avant-bras long, ainsi que les paturons, la coupe très-longue, droite et bien musclée, le jarret large. En général, les formes sont sèches, les éminences osseuses bien prononcées, les tendons, les veines même apparents.

Si, à ces conditions matérielles, on ajoute un tempérament nerveux, une grande excitabilité développée par un régime particulier, qu'on nomme entraînement, on aura toutes les conditions propres à produire la vitesse et un effort énergique pendant une durée limitée.

Le cheval de course est un produit de l'art de l'éleveur, formé par des croisements dont l'origine remonte à la race arabe ou orientale. Sous l'influence du croisement, du régime et du climat, les Anglais ont créé une race particulière, nommée race noble, pur sang, dans laquelle on a cherché surtout à développer les caractères de la vitesse. Les luttes de vitesse, multipliées en Angleterre sous le nom de courses, et dans lesquelles sont engagées des sommes considérables, ont contribué à pousser les éleveurs dans cette voie.

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