‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 63 sur 103 · CHAPITRE IV. — ENTRETIEN DU CHEVAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — ENTRETIEN DU CHEVAL

leurs forces digestives. Donné en liberté, il rétablit les membres fatigués, malades, dissipe les engorgements. Cependant, il est peu salutaire pour certains chevaux, vieux, un peu débiles, pour ceux attaqués de maladies chroniques de la poitrine, de la morve, du farcin, etc.

Les fourrages secs, l'avoine, l'orge, les pailles, conviennent plus particulièrement au cheval; la carotte est la seule racine qui' paraisse lui conserver sa vigueur. Cependant, on a exagéré son pouvoir nutritif. Le panais se rapproche de la carotte et pousse plus à la graisse. Le topinambour peut être mis sur la même ligne. La pomme de terre cuite au four engraisse, mais donne peu de vigueur. Les navels, les rutabagas, les choux ne conviennent pas au . cheval. Les tourteaux d'oeillette et de lin entrent quelquefois dans la ration du cheval du Nord ; le son de froment est surtout donné comme rafraîchissant. H convient dans les chaleurs : on le donne alors frisé, c'est-à-dire humecté d'eau ; le son fin ou les recoupes et la farine d'orge se mêlent en petite proportion à l'eau dans le même but.

On donne le blé dans le Vimexix pour accroître l'embonpoint et la vigueur des jeunes chevaux ; mais, outre que ce grain doit être réservé à l'homme, c'est pour le cheval un aliment trop nourrissant, qui pousse à la fourbure. Le seigle s'emploie trempé, moulu ou cuit. L'orge, dont les chevaux font aussi grand usage dans le midi de l'Europe et en Afrique, rend chez nous les chevaux fourbus, à moins qu'on ne la donne en petite dose ou cuite.

L'avoine est le grain par excellence du cheval. On devra choisir l'avoine lourde, luisante, coulante, ayant un bon goût. On se défiera de celle dont la pointe est rebroussée, elle a été jetée au mur ; de celle qui sent le moisi, elle a été mouillée ; de celle qui laisse apercevoir quelques filaments indiquant qu'elle a germé, etc.

En donnant des grains nourrissants, on doit y ajouter une quantité suffisante de paille pour lester l'estomac et fournir du carbone. L'avoine sera concassée pour les vieux chevaux ; cependant, beaucoup s'en dégoûtent. La féverole est excellente pour le cheval; elle doit être trempée ou concassée. Nous avons parlé des mash, mé r langes de farineux. Voici une de ces préparations : on met deux litres d'avoine dans un demi-seau d'eau bouillante; sur cette avoine, on jette un litre de son sans le mêler à l'avoine, puis un litre de farine d'orge; le calorique est ainsi concentré sur l'avoine; on peut encore laisser le tout digérer pendant deux à trois heures én mettant une couverture sur le seau, puis on mêle en ajoutant quelquefois une pincée de sel de nitre ou de fenu-grec.

La ration du cheval est subordonnée à sa taille, ou plutôt à son poids, à son âge, à son tempérament; elle est également modifiée

par la saison, le climat, le genre de service auquel on rapplique. En général, elle varie de 2,5 à 5 p. 100 en foin normal du poids vif (V. Zootechnie, table des équivalents), à condition toutefois qu'il existera une proportion convenable entre le grain et le fourrage ou la paille. De nombreuses expériences ont été faites sur divers rationnements des chevaux de cavalerie, en faisant entrer dans la ration, soit le foin, l'avoine ou la paille seuls, soit ces aliments en proportions diverses; les animaux étaient pesés avant d'être mis à I l'un ou l'autre de ces régimes, puis pesés de nouveau à la On de l'expérience. Les différences constatées n'ont pas été, en général, très-consid érables; les rations uniques, avec lesquelles.les animaux se sont le moins bien entretenus, Sont l'avoine seule à la dose de 6 kil., le foin à celle de 12 kil. succédant à un régime varié. Ce- . pendant, cette alimentation avec une seule substance s'est montrée avantageuse, quand on l'a fait succéder à un autre aliment unique. Ainsi, le régime à la paille succédant au régime à l'avoine a été avantageux ; il en a été de même de l'alimentation à l'avoine succédant au régime au foin seul. Le foin, au contraire, remplaçant la paille, n'a pas donné d'excédant du poids marqué. En somme, pendant cinquante jours, le régime à un aliment unique a eu pour résultat .une diminution de poids de 4 à 5 p. 100. Deux aliments dans la ration, avoine et paille ou avoine et foin, ont donné des résultats variés. Le régime au foin et à la paille hachée, ainsi qu'à l'avoine concassée, a occasionné une diminution de poids (par défaut d'habitude sans doute). Le seigle, l'orge, le son, substitués au même poids d'avoine, ont été plus nourrissants que ce dernier grain.

Après de nombreuses variations, les rations du cheval ont été fixées de la manière suivante :

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