CHAPITRE IV. — ENTRETIEN DU CHEVAL
ou en fer; les roulons des râteliers de bois seront espacés entre eux de 0 ra 07 à 0 m 08. Dans quelques râteliers soignes, les roulons tournent dans leurs irons, ce qui facilite la sortie du fourrage. On les fait généralement inclinés, sous un angle de 30 à 45°; il est préférable que Pangle soit nul ou moins ouvert, pour éviter que la poussière du foin ne tombe sur la tôle des animaux; mais le fourrage est moins facile à saisir. Les râteliers en fer, ayant la forme de corbeilles, sont commodes, mais laissent perdre du fourrage.
Le cheval est attaché à la longe, soit au râtelier, quand il ne doit pas se coucher, soit à l'auge. Dans ce cas, un billot suspendu au bout de la longe prévient les pri-es de longe; une chaîne glissant dans une tringle d, fig. 106, de 0™50, scellée dans le mur par ses deux exlrémités recourbées, sans toutefois que l'extrémité inférieure descende à plus de 0 ra 30 du sol, est préférable.
Les chevaux sont ordinairement isolés, soit un à un, soit par attelage, tantôt à laide de séparations à demeure, formant des stalles,
Fig. 101. Fig. 105. Fig. 106.
tantôt par des barres ou des madriers mobiles. Le premier moyen est le plus dispendieux, et exige plus de place pour la sorlie du cheval; Tanimal peut d'ailleurs se prendre les pieds dans la parue inférieure quand elle est usée. Les barres c y fig. 106, fixées d'un bout à l'angle ou plus haut, sont suspendues de l'autre par une corde, dont l'autre bout se fixe au plafond, ou bien à un poteau planté dans le sol, à 2™30 de la mangeoire; la corde, fixée au plafond, s'attache à la barre au moyen d'une attache ou sauterelle, fig. 105» très-facile à défaire. Le bout de la corde est terminé par un petit rouleau de bois a t qui se passe dans l'anneau de la barre c, et se replie sur la corde, où il est fixé par un autre anneau b coulant le long de celle-ci.
Comme accessoires de l'écurie, on ajoute un réduit pour le lit des hommes d'écurie, un autre servant de sellerie. Les harnais sont ordinairement attachés dans l'écurie. Il est plus convenable de les placer en dehors, sous un auvent, à la porte de l'écurie; ils sèchent
mieux. On aura une place spéciale pour le foin et la paille et pour le coffre à l'avoine, qui pourra recevoir, par un conduit, le grain du grenier même.
L'écurie doit être tenue très-propre, curée et aérée tous les jours; cependant, il résulterait d'expériences récentes que le fumier peut rester un certain nombre de jours sous les animaux, sans inconvénient pour leur santé (V. Sol et engrais 2 e éd., p. 152).
L'écurie sera blanchie à la chaux au moins tous les ans. Si elle avait été infectée par la présence d'animaux atteints d'une maladie contagieuse, il faudrait procéder à la désinfection de la manière suivante : on enlève 0 m 3O du sol qu'on remplace, on rabote les mangeoires, puis on les lave dans toutes leurs parties, ainsi que les murs, le plancher haut, les harnais et objets à l'usage de l'écurie, avec de l'eau dans laquelle on a fait dissoudre du chlorure de soude ou de chaux; 750 grammes, qu'on délaye dans 100 litres d'eau, suffisent pour une écurie de 15 mètres sur 5 à 6.
§ 2. — Alimentation.
Les principes que nous avons développés dans la Zootechnie générale sur les aliments trouvent ici leur application.
Nature des aliments. — Il est cependant, en raison du tempérament, de la race, de la destination du cheval, quelques principes spéciaux à son régime. Les aliments trop aqueux, trop délayés, tels que les racines, les résidus humides, les herbes tendres, conviennent peu au cheval en général. La jument, le cheval dans l'herbage, auquel on ne demande que de nourrir un poulain ou de croître, peuvent vivre exclusivement d'herbe; mais le cheval de travail, le cheval vite surtout, ne peuvent être soumis à ce régime. Il faut à ce dernier des aliments secs, où la substance soit assez concentrée pour ne pas charger l'estomac ni distendre les viscères outre mesure, mais fournir rapidement des éléments à la combustion pulmonaire et à la nutrition.
Sous le nom de vert, l'herbe fraîche est cependant donnée avec avantage dans le printemps au cheval habituellement nourri au sec. On donne le vert en liberté ou à la prairie. Le premier procédé est plus économique, s'allie mieux avec la surveillance, conserve le fumier de l'animal. Il permet d'administrer toute espèce de fourrage vert : le seigle, l'escourgeon, le trèfle incarnat, la vesce, etc.; de ménager la transition du sec au vert en le donnant quelquefois haché et mêlé à un peu de foin sec. Le vert produit un effet hygiénique et purgatif sur le cheval. Il est utile aux chevaux échauffés dont les organes gastriques ont souffert par une alimentalion vicieuse ou trop irritante. Il refait surtout les jeunes chevaux, répare