CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT
L'appareil de reculemcnt ou avaloire M, N, o, P, est fixé d abord à l'extrémité postérieure de la sellette, par une boucle qui saisit le bout de la croupière. Il agit sur les limons par l'intermédiaire du ragot, petit crochet en r. On distingue, dans l'avaloire, les bras de derrière ou reculement M, large bande de cuir en double, qui entoure les fesses et se termine de chaque côté en p par un grand anneau auquel s'attache la chaîne de recul; le bras-de-dessous o; une courroie dite couplet P, destinée à fixer plus solidement l'avaloire à la selle; et une pièce de cuir ronde, le garde-flanc, placée sous l'anneau dont on vient de parler. Quatre autres montants N . (deux de chaque côté), dits barres-de- fesses, achèvent de soutenir l'avaloire. La croupière L, embrassant la queue par, son fourchet et son aileron, augmente la fixité de l'ajustement. On ajoute quelquefois une courroie, dite bascule, qui fait le tour du reculement et
vient se fixer de chaque côté à la chambrure de la selle, et sert, dans les descentes, pour assurer l'appui de l'avaloire.
Le cheval de cheville est ainsi nommé, parce que ses traits se fixaient au moyen d'une cheville sur le limon. Son harnais, fig. 124 et 125, diffère peu de celui du cheval de devant.
La bride y dont la monture est indiquée fig. 126 avec plus de détails, co'mprend les montants et porte-mors s, la muserolle r, le frontail g, la têtière o, la sous-gorge t. Les rênes u vont également passer par le sommet du collier et descendent en arrière sous la housse b y pour se boucler avec l'extrémité antérieure de la croupière c. Au mors de la bride s'attache encore le cordeau v. Le collier a qui est, dans celte figure, un collier flamand à petites attelles, reçoit Tattache de traits en /. Ces traits, tantôt en cuir, tantôt en chaînes, tantôt en cordes, comme dans la figure, sont terminés à chaque
bout par une palte et des mailles de chaîne, avec où sans crochets. Ils sont soutenus d'abord par un sur-dos g, quelquefois même par des porle-lraits e; ils sont maintenus horizontaux par une sous-ventrière i. Des fourreaux h et des faux-fourreaux k protègent le ventre et les cuisses du cheval contre le frottement des traits. On prévient encore le frottement en interposant entre les traits, derrière Tanimal, un bâton dit écartoire. Une couverture f y en forte toile, doublée et bordée de lisières, garantit le dos et les reins.
La longueur des traits de charriage est d'environ 2 m 50 à 3 mètres, et un peu grande, pour le cheval de cheville, afin de faciliter la tournée de la voilure. Ces traits sont également un peu plus' forts, élant destinés à supporter en partie le tirage des chevaux de faute; leur poids est de 3 à 4 kilog. Autrefois, les traits du deuxième cheval embrassaient, par une boucle de leur extrémité, le limon, sur lequel ils étaient retenus par une cheville; aujourd'hui, on a substitué à la cheville un crochet ou une simple maiu au bout du limon destinés à recevoir l'attache des traits, terminés par une maille dans le premier cas ou par un crochet dans le second. L'autre extrémité du trait de cheville porte également plusieurs mailles, dont la dernière se fixe au crochet du collier; mais l'avantdernière porte elle-même un crochet qui établit la communication du tirage du cheviller au premier cheval de faute, et ainsi de suite. Cette communication s'établissait autrefois à l'aide d'une cheville et d'un billot dit à bilhr.
Assez fréquemment, le cheval de cheville porte une plate-longe, espèce d'avaloire dont le reculement se prolonge par ses extrémités antérieures, et entoure le poitrail comme une bricole. La platelonge sert pour mettre les chevaux en retraite dans les descentes.
Le cordeau v remplace, pour le charretier, les guides du cocher d'attelage. 11 y a deux systèmes de cordeaux : l'un, dit français, qui consiste en un cordeau unique, se rattachant à la bride de chaque cheval d'un seul côté (celui de la main); l'autre, le cordeau flamand, qui ne s'attache qu'au cheval de devant, et qui se divise en deux branches, dont l'une va se fixer au côté gauche du mors et l'autre au côté droit.
Le cordeau français, le plus généralement employé, consiste, en une lanière de cuir large de 1 à 2 centimètres, longue de 5 mètres pour 2 chevaux, plus "2^50 par cheval. Le cordeau se fixe d'un bout au côté gauche de la bride du limonier, et de l'autre à celle du cheval de devant; quelquefois, pour ménager la boucle de la patle de l'attelle avant d'être attaché à sa bride, il se relie, en passant, à la bride du cheviller et des autres chevaux, au moyen de petites courroies nommées retraites, attachées d'un bout à la bride du mors, et portant de l'autre un anneau pour recevoir le cordeau.