‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 73 sur 103 · CHAPITRE V.— EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE V.— EMPLOI DU CHEVAL DE TRAIT

gourmette bien ajustée ; une bouche petite exige un mors plus délicat.

Le bridon e, fig. 123, est une bride incomplète, à monture légère, sans muserolle; le mors est brisé, sans branches ni banquet. Le filet est un bridon à mors encore plus léger. On emploie le bridon pour promener les animaux, dresser les jeunes poulains.

Le caveçon, fig. 123, est un fort licol en cuir, dont la muserolle est remplacée par une lame de fer cintrée c en trois pièces unies entre elles, à charnière, et quelquefois dentelée sur les bords. Un anneau à louret 6, solidement fixé en dehors et au milieu du cercle, sert à attacher la longe a. La lame du caveçon est recouverte intérieurement d'une basane, pour amortir l'impression du fer sur le chanfrein. La monture du caveçon, analogue à celle de la bride, consiste en deux montants d. une double sous-gorge ii } un frontail et une têtière. C'est par l'intermédiaire de la longe, à laquelle on imprime une secousse plus ou moins vive, qu'on détermine sur le chanfrein la pression du caveçon qui doit rendre le cheval docile. Quelquefois, on se sert du caveçon au lieu de bride ; on y adapte alors deux anneaux pour recevoir des rênes.

Le caveçon, dans la ligure 123, est posé sur le bridon e, qu'on peut employer simultanément. Dans la bride américaine, le mors est remplacé par un cercle de fer qui presse sur la barbe; elle n'a pas été adoptée en France.

Harnais de charrette. — Le harnais de limon, le plus ordinairement employé dans l'agriculture, est représenté en son ensemble par la figure 124. Il comprend la bride, le collier, la selle de limon, la dossière, la sous-ventrière. La bride A, b, c, est plus détaillée dans la figure suivante ; les rênes d vont se réunir en une seule courroie qui, après avoir passé à la têtu du collier, , sous la housse, dans une espèce d'anse nommée croisée, va se fixer à une boucle Q, placée à la partie antérieure de la selle de limon. Les chevaux de trait gardent encore, sous la brille, le licol destiné à les attacher, et dont la monture, un peu moins compliquée que celle de la bride, se compose d'une muserolle, de deux montants ou jouières, d'une têtière et une sous-gorge réunie à la sous-barbe de la muserolle par un anneau qui reçoit une longe de 2 mètres à 2*50.

Le coll er E à larges attelles, avec sa demi-housse F, porte des billots l, auxquels se fixent les mamelles G, larges anneaux qui

embrassent le limon et sont retenus en avant par une cheville. Ce système est généralement remplacé aujourd'hui par des chaînes de tirage fixées sous les limons, et qui vont s'attacher au crochet du collier, ou par des traits et un palonnier placé sous le lisoir de la voiture.

La selle de limon h a pour base un fût en bois, dont les extrémités antérieures et postérieures arrondies sont les courbes; deux tasseaux ajustés sur la ligne médiane interceptent entre eux une rainure profonde u qui retient la dossière. Tout le fût de la selle est garni d'un cuir épais, qui s'élargit inférieurement pour former les quartiers; au-dessous sont les coussins ou panneaux rembourrés qui posent sur le dos du cheval, en laissant entre eux un large sillon pour loger l'épine du dos; un large sanglon, caché dans la fi-

gure par la sous-ventrière, fixé du côté droit de la selle, passe sous le ventre de l'animal et vient se boucler à deux contre-sanglons.

La dossière i qui, dans les équipages anglais, fig. 124, consiste en une chaîne, est faite, dans les harnais français, d'une large bande de cuir repliée sur elle-même, qui passe sur la sellette et vient embrasser chaque limon par ses extrémités. Une longue courroie double plus étroite, dite ceinture, réunit ces deux extrémités, en passant sur deux petits rouleaux dont elles sont garnies. Cette courroie, qu'une boucle permet d'allonger ou de raccourcir à volonté, sert à relever ou baisser la dossière.

La sous-ventrïere s porte d'un bout une anse, appelée boîte, qu'on fait entrer dans le limon de droite, et l'autre bout se tourne autour du limon à main pour s'attacher à une boucle enchapée sous ja sous-ventrière même.

Page 1