‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 85 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE SELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE SELLE

étriers ayant été préalablement relevés sur le siège. La selle sera posée à un travers de main de l'épaule ; on passera la main entre l'arcade de devant et le garrot pour vérifier s'il n'y a pas de crins interposés. Pour brider, même procédé que celui déjà décrit; seulement, les rênes sont placées dans le bras gauche, tandis que la main droite saisit la bride par le dessus de la tête et que la main gauche lient le mors. On doit, avant de monter, serrer de nouveau les sangles, qui ont été serrées à l'écurie. Le cheval étant sellé et bridé, le cavalier l'amène sur le terrain, les rênes passées sur l'encolure tenues avec la main droite, les ongles en dessous près de la bouche, la main haute et ferme pour empêcher l'animal de sauter, la main gauche tenant la cravache, le petit bout vers la terre.

Monter à cheval. — Le cavalier se placera du côté montoir, a main droite saisissant le bout des rênes, le pouce sur leur plat intérieur, se tiendra sur l'arrière de la selle. Après avoir engagé le bout du pied gauche dans l'étrier, le cavalier saisira, de la main gauche tenant la cravache le petit bout en bas, une poignée de crins par dessus les rênes, le plus avant possible; puis, se dressant sur la pointe du pied, il s'enlève, en s'aidant des deux mains, le corps droit, la main droite appuyant sur l'arrière de la selle pour l'empêcher de tourner. Le corps étant élevé à la hauteur de l'étrier, on marque un temps, puis on passe la jambe droite tendue par dessus la croupe du cheval sans la toucher; en même temps, la main droite, sans quitter les rênes, se porte sur le côté droit de l'avant de la selle, la paume appuyée dessus, les doigts en dehors, et le cavalier se met légèrement en selle. Il passe immédiatement la cravache dans la main droite, les rênes dans la gauche, le petit doigt entre les deux rênes, et chausse l'étrier droit.

Position du cavalier à cheval. — Le cavalier doit être assis sur la selle sans roideur et sans gêne, le haut du corps droit et aisé, fig. 138, la tête également droite et libre, les reins soutenus avec souplesse, car c'est par eux que le cavalier se lie aux mouvements du cheval ; les jambes doivent tomber naturellement, embrassant la selle par le plat des cuisses, les genoux, les mollets; la pointe des pieds, basse quand l'étrier ne sera pas chaussé, se relèvera pour y engager le tiers du pied posé bien à plat sur la grille, le talon un peu plus bas. Le bras droit tombera naturellement, la cravache dans la main, la pointe en bas; le bras gauche sera soutenu, plié à angle droit; la main gauche, à deux travers de main environ du pommeau de la selle et du corps, tient les rênes séparées par le petit doigt, et maintenues par le pouce plié sur 1 1 seconde jointure de l'index, les doigts bien fermés, les ongles faisant face au corps. Lorsqu'on monte avec un bridon, la main droite tient les rênes du "bridon.

Ajuster les rênes. — Le cavalier les saisit au-dessus de la main gauche avec le pouce et V index de la main droite, élève cette main jusqu'à la hauteur du menton, le pouce en face du corps, il entr'ouvre les doigts de la main gauche, et égalise les rênes en sentant légèrement l'appui du mors.

On appelle aides le mors et les jambes. On peut y joindre l'appel de langue, la cravache et l'éperon ; cependant, la cravache et l'éperon sont plutôt des instruments de châtiment dont on doit user sobrement, et en cas d'insuffisance des aides proprement dits. Pour user de l'éperon, le cavalier rend un peu la main au cheval, et tournant la pointe des pieds suffisamment en dehors, il appuie les éperons derrière la sangle et les y laisse jusqu'à ce que le cheval ait ohéi. C'est à l'épaule que doit se faire sentir l'action de la cravache. Les éperons doivent être plus rarement encore employés, mais doivent l'être franchement. C'est par l'emploi des aides qu'on met le cheval en action, qu'on le dirige, qu'on active ou modère son allure, enfin qu'on l'arrête. L'aide du mors agit de deux ma- / nières : par le déplacement, ou par la simple contraction des poignets. Ce dern.er système se distingue du premier, en ce que les déplacements des bras sont beaucoup plus limités et se bornent à des mouvements de contraction et de rotation du poignet; mais les directions imprimées au mors sont à peu près les mêmes dans les deux systèmes.

Porter le cheval en avant. — Le cavalier élève un peu ou contracte simplement le poignet gauche en tenant les jambes de près, ce qui s'appelle rassembler le cheval, puis il cesse la tension des jambes en la diminuant graduellement, pour déterminer le cheval à se porter en avant; au besoin, un appel de langue ou l'appui de la cravache sont employés.

Les changements de direction, qu'on nomme en terme de manégo changement de main, se font à l'aide des aides.

Pour tourner à dro'te ou à gauche, le. cavalier rassemble son cheval et porte légèrement la main en avant et à droite, tandis que la jambe droite se ferme progressivement; pour terminer l'à-droite, il soutiendra le cheval de la rêne et de la jambe gauche, puis replacera | ar degrés la main et les jambes pour marcher dans la nouvelle direction. Pour tourner à gauche, on emploie le même moyen, mais à gauche; pour faire faire une demi-conversion (ou demi-tour), le système est le même, seulement on soutient TelFet de la jambe et de la rêne du côté de la demi-conversion jusqu'à ce qu'elle soit opérée. La marche oblique, c'est à-dire en appuyant ou gagnant du terrain à droite ou à gauche, se détermine de même par une tension légère de la rêne et une pression également très-peu sentie de la jambe du côté de la marche oblique,

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