‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 86 sur 103 · CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE SELLE. j · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EMPLOI DU CHEVAL DE SELLE. j

la rêne opposée étant d'ailleurs toute prête à agir pour éviter la conversion.

Arrêter le cheval. — On opère par une légère retraite du corps, le poignet fixe, se contractant un peu, ou on élèvera suffisamment le poignet par degrés, le rapprochant du corps pour augmenter au besoin l'effet du mors, les jambes également près, afin d'empêcher le cheval de reculer. Pour déterminer le cheval a v couler, ajustez les rênes, contractez le poignet et faites une légère retraite du haut du corps, les jambes près et surtout égales, faites sentir l'appui du mors; dès que le cheval recule, rendez un peu la main en baissant le poignet, puis rélevez de nouveau, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le cheval ait achevé son reculer.

Si le cheval tente de se cabrer, rendez la main tout à fait, fermez les jambes complètement en arrière des «angles, penchez le haut du corps un peu en avant, gardez-vous surtout de tirer sur les rênes, le cheval pourrait se renverser.

Si le cheval tente la ruade, lâchez un peu les jambes en contractant fermement le poignet pour relever l'encolure, et opérant une retraite du haut du corps en arrière. On évitera les mouvements brusques et saccadés; il faut opposer à l'impatience du cheval du calme et de la fermeté, ne jamais céder à ses caprices. Si le cheval recule quand on veut le porter en avant, on le laisse reculer d'abord en le dirigeant, puis on l'arrête et on essaie de le porter en avant; s'il refuse, on le force à reculer, on l'arrête encore et on tente de le diriger de nouveau en avant; en répétant cette manœuvre on corrige le cheval. Avec un cheval difficile , le cavalier sera toujours sur ses gardes ; prévenu par le mouvement des oreilles, il ne lui laissera pas le temps de s'armer contre les aides.

Les changements d'allure ont lieu de la manière suivante : pour passer du pas au (rot, le cavalier ferma les jambes plus ou moins, suivanj la sensibilité du cheval, et rend la main; quand le cheval obéit, on replace les jambes et les rênes par degrés. Pour passer du trot au galop, rassemblez doucement le cheval, les rênes bien ajustées, en lui faisant goûter le mors sans ralentir le trot, puis fermez vivement les jambes en portant un peu le haut du corps en avant; la main, un peu haute d'abord, pour décider l'enlevé, doit être rendue et le haut du corps replacé dès que le galop s'entame ; on remet le cheval au trot en contractant ou en élevant légèrement le poignet. On lance le cheval au grand galop en baissant la main qui tient les rênes et fermant les jambes progressivement.

Quand le cheval galope en cercle, le corps faisant une courbe, les jambes qui dépassent les autres sont toujours en dedans du cercle. Si, tournant dans un sens, il tient à "tourner dans un autre,

il change instinctivement de jambe; mais dans la marche directe, le cavalier doit employer certains moyens pour lui faire exécuter ce changement. S'il veut, par exemple, faire galoper à droite le cheval lancé à gauche, il rassemble son cheval très-doucement, puis contracte ou élève le poignet en tendant la rêne gauche ; pendant que les jambes se ferment, la jambe droite un peu plus fortement appuyée, ces deux aides, qui agissent en sens opposé, forcent le cheval à prendre son appui sur le derrière, et particulièrement sur la jambe gauche. Pour déterminer le galop à gauche, on agit de la même manière du côté opposé.

Saut du fossé ou de la barrière. — Lorsque le cavalier veut franchir un fossé, à quinze ou vingt pas de cet obstacle il rassemble doucement son cheval, les rên-js soigneusement ajustées, lui faisant goûter le mors, les jambes prêtes et parfaitement égales, le contenant bien droit sans ralentir l'allure; en arrivant sur le bord, il décidera le cheval à franchir le fossé en rendant vivement la main et fermant bien également les jambes en arrière des sangles; ces aides devront être assez promptes et assez énergiques pour décider le cheval. Le cavalier se plie au mouvement par la flexibilité du bas des reins, de manière à ne pas charger ranimai lorsqu'il touche le sol de l'autre côlé de l'obstacle; en ce moment même, la main doit se relever pour soutenir l'animal. Pour le saut de la barrière, la préparation est la même. En arrivant sur l'obstacle, le cavalier enlève son cheval en soulevant la main, faisant une légère retraile de corps, fermant un peu les jambes; puis, dès qu'il s'enlève, il le décide en rendant la main et fermant la jambe bien en arrière des sangles.

Descendre de cheval. — Le cavalier passe la cravache de la main gauche, le petit bout en bas, la main droite s'empnrant des rênes et se plaçant sur le côlé droit de l'avant-selle, tandis que de la main gauche il saisit une poignée de crins et déchausse l'étrier droit. 11 metlra pied à terre en s'eulevant sur l'étrier gauche, passant la jambe droite tendue par dessus la croupe du cheval, sans le loucher, tandis que la main droite, maintenant les rênes, viendra s'appuyer sur l'arrière de la selle ; puis, rapportant la cuisse droite près de la gauche, il arrivera doucement à terre du pied droit et déchaussera l'étrier gauche.

Déharnachement et repos. — Le cheval étant ramené à l'éc\irie, on débride. A cet effet, décrocher la gourmette, déboucler la sous-gorge, avancer les rênes sur le dessus de la tête, les passer par dessus les oreilles et les laisser tomber dans le pli du bras gauche ; puis ôter la bride de la tête du cheval, en commençant par dégager l'oreille droite, remettre le licol et attacher le cheval au râtelier ou à la mangeeire ; relever ensuite les étriers, déboucler

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