‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 88 sur 103 · CHAPITRE VI. — COMMERCE DES CHEVAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — COMMERCE DES CHEVAUX

Principales foires.

Ce sont les passages successifs du jeune poulain sous diverses mains jusqu'à l'âge adulte qui alimentent surtout les grandes foires à chevaux; plus tard, quand il est livré à sa destination dernière, il revient encore sur le marché, mais plus rarement, et ne donne lieu qu'à des transactions d'une importance secondaire. Le prix courant du cheval est affecté par des causes très-nombreuses : la race, l'âge, la taille, le sexe, les formes, etc., etc. Il suit ordinairement une progression ascendante de la naissance à 5, 6 ou 7 ans, puis descendante de cet âge à la mort. Les plus hauts prix que l'on connaisse ont été obtenus par des chevaux de course; on cite des chiffres de 100,000 fr. Naguère, M. de Prado payait AquÙa près de 50,000 fr. avec les droits de vente. Les chevaux de luxe viennent ensuite : on paie un attelage de 3,000 à 20,000 fr. ; les forts limoniers de gros trait, les beaux étalons des races de trait atteignent au prix de 1,500 à 2,500 fr.; les beaux types de poste et d'omnibus de 800 à 1,000 fr. Les chevaux de remonte pour l'armée achetés à 4 ans* ont beaucoup varié depuis 1789 : les chevaux de cavalerie de réserve, cuirassiers et carabiniers, de 500 à 600 fr. en 1789, valent aujourd'hui 1,000 fr. ; cavalerie de ligne, 400 à 600 fr. à la même époque, aujourd'hui 700 ; la cavalerie légère a monté de 400 à 550, l'artillerie de 500 à 600. Au-dessous de ces différents types, en descendant les degrés de l'échelle chevaline, on trouve tous les prix.

Voici, en suivant l'ordre des régions, les principaux centres où se fait le commerce de l'espèce chevaline :

Nord-Ouest, en Bretagne, foires très-multipliées parmi lesquelles

on peut citer : Finistère, la Martyre, le 2 juillet, où se trouvent plus de 3,000 chevaux, en grande partie poulains et pouliches de trait et de remonte, peu de luxe, quelques étalons; le bidet ou poney est plus nombreux à Quimper, le 15 avril; on y vend aussi des chevaux de 4 ans, achetés poulains par les cultivateurs vers Tréguier, Lamcur, Pontrieux, Laroche. A la Saint-Jacques à Lesneven, le 15 août, à la foire de Morlaix du 15 octobre, à celle de Guesnou près Brest le 26 octobre, arrivent de 2,000 à 2.500 têtes, grand nombre de poulains de huit mois à deux ans, juments mulassières achetées pour le Poitou, poulains de trait pour le Bcrri, le Perche, Ja Normandie, bidets et chevaux de remonte. Le Folgoët, 29 août, est presque aussi considérable. Dans les Côles-du-Nord, foires de carême, de Dinan, dont la première, dite du Liège, compte également 2,000 à 2,500 têtes ; celles de Menez-Bri, Saint-Brieuc, Lamballe, Jugon, Lannion, (Saint-Michel), on compte à celle-ci quelquequefois plus de 3,000 têtes; Pontrieux, 10 septembre, foire où dominent également les poulains et à peu près les mêmes types. Le Morbihan écoule ses produits, moins étoffés, dans les foires de Pontivy, Berric et Auray, qui empruntent du reste un peu aux autres départements bretons; nous citerons, dans la Loire-Inférieure, Chateaubriand, Nozay, Nantes, foire du 25 mars et celle de . la Saint-Marc.

Les foires d'Ille-et-Vilaine et de la Mayenne forment une transition avec les centres commerciaux de la Normandie et du Perche ; les principales sont celles de Ploubalay, Rennes, Fougère, Montfort, et pour la Mayenne, Laval (en mars) et Craon.

Les arrivages des foires des quatre départements de la Normandie, quoique variés dans leurs types, sont cependant caractérisés par l'industrie chevaline locale. La Manche écoule les poulains nés ou élevés dans ses riches herbages aux foires de Lessay, Saint- Floxel, Saint-Côme, Brix, Bouteville et Gavray, qui se tiennent du 12 septembre au 15 octobre, et encore à la foire des Rois de Saint- Lô. Les animaux de choix et d'espérance passent tous dans le Calvados, vers la plaine de Caen surtout. L'arrondissement de Coutances achète quelques pouliches; les animaux d'un prix moins élevé vont dans la Seine-Inférieure, l'Eure, la Somme, etc. Le Calvados élève plus qu'il ne fait naître; à l'exception du Bessin (arrondissement de Bayeux), les plus grandes foires de poulains s'ouvrent à Bayeux, à Trevières, et à la Toussaint, à Caen. L'élevage des beaux chevaux de selle et des carrossiers, presque exclusif dans l'arrondissement d'Àlençon (Orne), tend à se propager vers Nogent, Mortagne, Argentan; il imprime un cachet particulier aux foires de la localité , dont les principales sont celles d'Argentan , Alençon (foire de poulains, 5 novembre), Bernay, Orbec, Guibray (faubourg

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