‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 89 sur 103 · CHAP1TKE VI. — COMMERCE DES CHEVAUX · texte numérisé non relu

CHAP1TKE VI. — COMMERCE DES CHEVAUX

de Falaise), du 10 au 25 août, de Rouen, en juin et le 14 septembre. Les chevaux de quatre à cinq ans sont à ces dernières foires en plus grand nombre que les poulains. 11 en est de même des grands marchés de chevaux de Caen, en février et avril. Les foires où se trouvent les chevaux percherons à leurs divers degrés d'élevage sont celles de Nt>gent-le-Rotrou (30 novembre), Mortagne, Montdoubleau, centre principal de l'élevage percheron, Vibray, Saint-Calais, Le Mans (à la Toussaint); celles où le cheval se présente complètement formé pour le service du roulage ou des diligences sont les foires de Chartres, la Saint-André et les Barricades, le 11 mai, peuplées chacune de 1,500 à 2,000 chevaux. Celles de Dreux, en carême et le 1er septembre, d'Épernon, Auneau, Damville, sont moins importantes.

Dans la région du nord, à partir de la Seine-Inférieure, les foires sont moins nombreuses. De gros marchands, qui résident sur divers points de la région, à Breteuil, Amiens, Solesmes, et à Lille, où se tient un grand marché hebdomadaire, etc., parcourent le pays, transportent les poulains du Boulonnais. dans le Vimeux, du Vimeux dans toute la Picardie, étendent même leurs relations eu Belgique, dans le Hanovre, le Mecklembourg, etc. On peut. cependant indiquer quelques foires assez importantes dans la Seine-Inférieure, celles de Godcrville, Criquetot, Orbec, Fécamp (Trinité); dans la Somme, celles de Beauvais, Corbie; dans cette dernière, le Nord se fournit d'espèces asines et de mulets. Les foires de Crépy, Royc, Saint-Just, etc., dans l'Oise, rentrent dans la même sphère de transactions ; la culture y conduit ses chevaux faits et achèle des poulains de 3 à i ans. Plus loin au nord, Abbeville, Montreuil, Fauquemberg, Saint-Martin au Laêrl, Desvres, et surtout Saint- Omer (en février), ont des foires assez importantes. Les arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck ont quelques foires peu nombreuses, où paraît la grande race belge et flamande, née dans le pays ou importée des foires de Furnes, etc.

En revenant à l'ouest, nous trouvons une grande région foraine, qu'on pourrait nommer poitevine, se rattachant iJ'un côté à la Vendée, de l'autre aux Charentes, convergeant par ses relations avec le centre et l'est. Ses poulains vont d'un côté jusque dans le Calvados, l'Eure, la Seine-Inférieure, le Pas-de-Calais même, s'arrêtant en partie, pendant le trajet, en Touraine, en Anjou; leBerri lui fait de nombreux emprunts, ainsi que l'Auvergne et le Dauphiné luimême. Les deux grands marais de la Vendée versent chaque année dans le commerce leur contingent d'élèves; une première vente de poulains de dix-huit mois se fait à la foire de la Garnachc, dite de Saint-Martin, le 11 novembre. Les acheteurs sont des habitants de la Loire-Inférieure, du Bocage, de la Vendée et des marais de Lu-

çon; mais la principale vente a lieu, entre le 15 mai et le 20 juillet, dans les foires de Bouin, de Sarletaine, le 31 juillet, et surtout à celle de Saint-Gervais, les 11 et 12 juin. Les plus beaux types, parmi les jeunes chevaux, sont achetés par les Normands; les Espagnols achètent quelques juments de choix; le Berri enlève les chevaux les plus communs, et les juments mulassières sont dirigées vers les Deux-Sèvres.

Pour le marais du sud, les foires les plus importantes sont celles de Saint-Gemme de Luçon ; dans la plaine, les foires d'Oulmes et de Fontenay.

Dans le Bocage, il y a peu de foires à chevaux; on peut citer celle de l'Oie comme la plus importante. Dans les Deux-Sèvres, les transactions se partagent entre les espèces mulassière et chevaline; on compte quelquefois 800 à 1 ,200 sujets de toute espèce sur U;s vastes champs de foire de Saint-Maxent , Niort, Champdeniers, Melle, Sainte-Néomaie et Saint-Roman, qui, pour chaque localité, se répètent cinq à six fois par an. Les belles mules se vendent de janvier à mars; c'est à la foire des Rois à Melle, à la mi-carême à Champdeniers, que les plus belles sont enlevées par les Espagnols.

Pour avoir un ensemble complet de l'espèce chevaline dans le Poitou, il faut y ranger les nombreuses foires de la Vienne, parmi lesquelles les cinq foires de Poitiers, celles de Chàtcllerault, de Lusignan, occupent le premier rang; il faut y joinilre encore, pour l'espèce mulassière, celles de Fonlenay, Celles, Civray, Niort, Charroux, etc., où viennent des marchands du sud-est et du sud-ouest.

Le Cher, le Berri, l'Indre-et-Loire, font naître un peu, mais se livrent, surtout dans le pays de plaine, à l'élevage intermédiaire de la Beauce et de la Picardie, dont le Poitou leur fournit les éléments ; de là des arrivages un peu différents dans les diverses foires de ces départements. Aux foires de Bosnay et du Pont-Saint-Marcel (5 novembre), dans l'Indre, se vendent les poulains nés dans les arrondissements de Chàteauroux et d'issoudun; les Auvergnats viennent s'approvisionner jusque sur ces marchés. Les élèves de la Brenne paraissent sur les foires de Mézières, du Blanc, de Buzançais. Les plaines du Cher et de l'Indre, qui ne fournissent pas directement les marchands, fort nombreux dans le pays, vont acheter ou vendre les chevaux de deux à cinq ans sur les foires de Vatan, Levroux, Issoudun, Ecueillé, et dans le Cher-, où les foires sont moins nombreuses; ces dernières ont lieu à Bourges, Sancerre, Vierzon, Aubigny; la portion pastorale du Cher qui fait de beaux élèves a ses marchés principaux à Saint-Amand, Nerondes, Sancoins, Linières. L'Indre-et-Loire est une étape placée entre les deux régions d'é- • lèves du Poitou ou du Perche; les foires y sont importantes et nombreuses; les principales, où se vendent les poulains en partie de

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