‹ Le cheval, l'âne et le mulet: extérieur, race, élevage, entretien, utilisation, équitation, etcChapitre 97 sur 103 · SECTION IL — ÉLEVAGE, RÉGIME, UTILISATION · texte numérisé non relu

SECTION IL — ÉLEVAGE, RÉGIME, UTILISATION

Quoique l'àne soit un animal très-robuste, l'élevage n'en réussit cependant pas partout; l'ànesse retient plus difficilement que la jument et est plus sujette à l'avortement, et lorsqu'elle a avorté plusieurs fois, elle reste presque toujours stérile. L'ànesse qu'on destine à la reproduction exige beaucoup de soin, surtout dans le jeune âge; on la nourrit bien, on ne la soumet pas à des travaux pénibles. Ce n'est que vers 3 ans qu'on la livre au mâle ; elle peut continuer à porter chaque année jusqu'à 12 ou 15 ans, mais, pour la ménager, on ne la fait souvent porter que de deux années Tune. Ses chaleurs se développent au mois d'avril et se renouvellent pendant plusieurs mois, si la nature n'a pas été satisfaite. On fait saillir en mai ou juin. L'ànesse porte un plus long temps que la jument, de 305 à 391 jours, moyenne 348. On redouble d'attention pendant la gestation ; on ne la laisse plus approcher du mâle ; elle^loit paître librement dans une pâture bonne, mais saine, ou recevoir à l'écurie une alimentation convenable. H est surtout essentiel de rechercher chez l'ànesse qu'on veut faire produire l'ampleur du bassin et Jes dispositions laitières. On évite qu'elle pâture par la rosée ou la gelée blanche, qu'elle ne boive pas des eaux trop froides; du reste, les précautions pendant la gestation'et pour le part sont absolument les mêmes que celles décrites pour la jument. Le jeune ànon réclame également des soins attentifs.

Si les individus livrés à la production mulassière ou les ânesses

laitières réclament des soins particuliers, l'àne, livré aux travaux ordinaires de la petite culture, est le moins exigeant de tous les animaux ; un peu de foin en hiver, des herbes grossières et inutiles, les chardons, la bardane, l'arrête-bœuf même, sent mangées par fui; le vigneron nourrit son âne avec les plantes arrachées dans le sarclage et le produit de ses ébourgeonnements; l'hiver môme il lui donne, outre de la paille, de jeunes sarments secs. L'àne peut plus longtemps que le cheval supporter la soif; on ne doit pas oublier cependant que sa nourrilure doit être proportionnée au travail qu'on en veut retirer; du reste, il est rare que le travail de l'àne soit très-régulier. Le pansage et les soins de propreté sont fort négligés en France pour l'espèce asine; il est probable cependant qu'ils ne lui seraient pas inutiles.

L'àne, en général, est utilisé comme un animal de travail; le baudet comme reproducteur de la race mulassière; l'ànesse est encore employée comme laitière. Les rapports d'utilisation de l'àne sont à peu près les mêmes que ceux du mulet; ce dernier exige seulement des propriétaires un prix plus élevé d'achat, une nourriture un peu meilleure; mais, proportionnellement, il rend plus de services. Nous renvoyons donc à l'utilisation du mulet.

Comme laitière, l'ànesse est très-employée dans le Midi, et même dans quelques grandes villes plus au nord. Les nourrisseurs de Paris en tirent un excellent parti, le prix de ce lait étant beaucoup plus élevé que celui de vache : il est d'environ 50 centimes le litre. 11 est rare qu'une ànesse donne, pendant huit mois environ que se prolonge la lactation, plus de deux à trois litres par jour. L'ànon est conservé pendant quelque temps près de la mère, afin que celle-ci ne lui refuse pas son lait ; on doit donner nécessairement à celui-ci un supplément en lait de vache jusqu'au sevrage.

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