BAPTISTE, MADAME DU TILLEUL
MADAME DU TILLEUL, elle entre précipitamment par la porte de droite* Elle tient une lettre à la main.
Baptiste, j’ai à te parler.
BAPTISTE, à part.
Il paraît que c’est aujourd’hui le jour des confidences.
MADAME DU TILLEUL
Oh ! mon pauvre Baptiste, je suis bien malheureuse.
BAPTISTE, à part.
Elle sait que tout est découvert!., voilà ce que c’est aussi de s’en laisser conter!
MADAME DU TILLEUL
Mon mari me trompe, Baptiste; il a une maîtresse, je le sais, j’en suis sûre.
LB CHEVALIEK BAPTISTE
Madame, ce n’est pas possible, j’en réponds comme de moi-même.
MADAME DU TILLEUL
J’en suis sûre, te dis-je... Depuisquelque temps je voyais -qu’il recevait souvent une jeune femme, et qu’il s’enfermait ici avec elle, sous le prétexte de lui donner des consultations!.. Mais je sais maintenant à quoi m’en tenir sur... ces... consultations. Tiens, lis ce billet que j’ai trouvé tout à l’heure dans sa chambre avec d’autres papiers. Lis, te dis-je, ét vois si je me trompe.
BAPTISTE *, à par».
L’un et l’autre! l’homme et la femme, c’est complet! En voilà un ménage !. .(u lit.) « Mon gros chien chéri... » (a part.) Eh bien ! à la bonne heure au moins on sait tout de suite àquoi s’en tenir (Haut.) « Attends-moi de une heure àtrois... comme toujours... Pense à moi qui ne saurais vivre sans ton amour.. » (a part.) Tiens, c’est en vers. « Pense aussi à ce petit collier que nous avons remarqué l’autre soir. » (a part.) Non, c’est en prose. Signé : « Frisette. »
MADAME DU TILLEUL
Eh bien ! Baptiste?
Eh bien ! madame ?
MADAME DU TILLEUL
Qu’en dis-tu ?
Je n'en dis rien, madame, parce que monsieur est mon maître, mais je n'en pense pas moins.
MADAME DU TILLEUL
N’est-ce pas infâme que de me tromper ainsi?
Oh! oui... madame, et jamais je n’aurais cru monsieur capable de... car monsieur avait l’air de bien aimer madame.
MADAME DU TILLEUL
Me préférer une Frisette !
* Madame du Tilleul, Baptiste.